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Mardi 28 mars 2006

Ah, Alger, se promener dans Alger, se perdre dans les halls d’immeubles, l’aventure est au coin de la rue, moi je vous dit… Et c’est rue Charasse, en plein centre ville d’Alger, que j’ai fait cette découverte étonnante. Je me suis préparé psychologiquement à aller aux impôts et après l’habituel parcours du combattant, non, ce n’est pas ici, mais là bas, puis non, ce n’est pas là, mais plus loin, bref, le plan habituel, je finis par trouver le lieu sacré, la fameuse recette des impôts, située dans un immeuble délabré de la dite rue Charasse, ouf ! Je grimpe les deux étages et j’atterris devant un guichet de bric et de broc où la préposée en hidjeb me donne le montant à payer en me recommandant d’aller faire une photocopie du document, au rez de chaussée….

 

Ok Madame, je redescend, me voilà dans la cour du rez de chaussée, en face d’une porte marquée photocopie, j’entre, et là, une jeune dame en blouse blanche me dit, il faut patienter pour la photocopie, car de l’autre côté de la porte, il y a un stage de relaxation. De quoi ?

 

Et c’est là que je vois l’affiche : « arrêtez de fumer, halte au stress, stage de relaxation, inscrivez-vous ». Eh oui, derrière le petit guichet et la photocopieuse, il y a un stage de relaxation à 300 dinars la séance…. Un monsieur sort, l’air pénétré, la moustache épaisse, et me dit, c’est pour un stage ou une photocopie, et là, je lui dit : « c’est pour la photocopie d’abord, et pour le stage plus tard ». Il allume la photocopieuse, me remet mon document, je remonte chez la préposée du deuxième étage, elle me balance les tampons nécessaires et je redescend vers le marchand de photocopie –relaxation de la courette du rez- de-chaussée. Le patron me fait passer dans une petite salle, où des fauteuils de relaxation életriques sont alignées en long, il m’explique que ça masse le dos et tous les « points chinois » en me montrant un poster avec un corps humain genre cours de sciences nat… Il me précise que c’est du matériel chinois très solide. Au pied de chaque fauteuil,un appareil avec deux surface bleues imitant la forme des pieds, il m’explique que c’est pour masser la plante des pieds, d’ailleurs un jeune homme est assis et la jeune dame préposée en photocopie en blouse blanche s’affaire autour de lui…. Au mur, il y a des guirlandes de fleurs en plastique, pour imiter la nature et des tableaux électriques avec des cascades qu’on branche au secteur et qui imitent l’eau qui coule… Le propriétaire me fait la démonstration, il allume la lumière, rouge violacée, on entend le chant des oiseaux enregistré sur cassette, et les tableaux se mettent en mouvement avec les fausses cascades qui commencent à couler, c’est surréaliste…. Le proprio est dressé en face de moi, sa moustache est frémissante de fierté, moi je n’en reviens pas…. Et vous avez du monde ? je lui demande… Ah oui, oui, c’est sur rendez-vous répond la préposée en blouse blanche…. Le proprio me tend ensuite une boite en carton cylindrique, il m’explique qu’après la séance on a droit à un verre de tisane anti-stress…. Sur la boite un cadre dynamique se tient la tête et fait grise mine… Le proprio m’explique que c’est une exclusivité en Algérie et qu’il est le seul à l’avoir…

Eh bien voilà, vous savez ce qu’il vous reste à faire : après avoir écumé la ville à la recherche du bon bureau des impôts – il y en a tous les 100 mètres – après avoir photocopié les documents en x exemplaires, après avoir fait la chaîne pour vous faire tamponner lesdits documents, vous vous rendez morts de stress, dans la courette du 8 rue charasse pour vous jeter sur un fauteuil relaxant chinois, les pieds bien calés dans une machine vibreuse, à écouter le chant synthétique des oiseaux et à regarder béat d’admiration, les cascades artificielles fluo couler dans leur cadre, au milieu des fleurs en plastique, pour finir en vous soûlant de tisane anti-stress… Relax ! To the Max !

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Jeudi 23 mars 2006

Mercredi 8 mars 2006 - Je m’en souviendrai du 8 mars 2006 à Alger. Personnellement d’abord, car une femme algérienne, moderne, se prétendant démocrate, c’est ce qu’elle vous dira le plus normalement du monde si vous lui posez la question, directrice de radio s’est soumise à son chef, un homme, lui, pour censurer une émission sur la base d’un article qu’elle n’a même pas lu. En ces temps troubles où toute personne défendant la démocratie en Algérie est sensée être sur le qui vive, journalistes de la presse écrite arrêtés, journaux croulant sous les procès, arrêt de la star academy, une femme responsable d’un media est capable d’un tel acte de censure, et en ce 8 mars, d’un tel acte de soumission…. Incroyable mais vrai, la lâcheté peut en effet atteindre de tels sommets, oui, c’est possible…..

Mais au delà ce cet incident, et juste avant que je n’apprenne cette jolie nouvelle, j’ai pu faire un tour au centre ville d’Alger pour tâter l’ambiance de la ville en ce jour de 8 mars…..

Un air de fête flottait, comme un jour d’aid… Les fleuristes étaient dévalisés, au point que les seules fleurs disponibles étaient des œillets, fleur idéale pour un enterrement, fleur moins appropriée pour la circonstance… Beaucoup de femmes dans la rue, avec ou sans hidjeb, beaucoup d’entre elles bien mises, bien maquillés, bien coiffées, avec des boîtes de gâteaux et des bouquets de fleurs…. Au détour d’une rue, deux collègues comparent les cadeaux que leur ont fait leurs entreprises respectives : un savon, une eau de toilette et un déodorant pour la première, un foulard – écharpe pour la seconde, cherchez la symbolique …. En ce 8 mars 2006, le soleil, éclatant, était lui aussi de la partie, et faisait ressortir les façades blanche et le bleu « poulice » des fers forgés, Alger sous le soleil, les rues sont grouillantes, des grappes de jeunes filles remontent et redescendent la rue Didouche, et de jeunes papiches en casquettes font leur numéro de drague et tentent leur chance en susurrant « sahha aidek khti », les jeunes filles sourient, éclatent de rire, certaines jettent la petite œillade qui tue, et le jeune qui l’a ramassée bombe le torse en se dandinant de fierté devant ses copains admiratifs…… Les pâtisseries sont assaillies de femmes jeunes et moins jeunes, certaines s’engouffrent dans des immeubles, il flotte comme un air de fête à Alger….

Mais que fête –t-on ? C’est la question que je me suis posé ? Offrir du parfum et du déodorant en ce jour de 8 mars, qu’est-ce que cela veut dire ? Quelle femme fête-on ? Quel droit des femmes, quelle victoire fête-on, quand on pense que le code de la famille continue à sévir ?

Et je pense à ces femmes qui la nuit, sur des cartons de fortune dorment avec leurs enfants à même le sol, femmes répudiées, femmes sans droit, je pense à celles qui ont perdu la vie car elles voulaient simplement exister, celles qui subissent la pression de leur famille pour tout simplement respirer… Que fête-t-on ?

Chez nous, le 8 mars n’est pas encore une fête, chez nous, le 8 mars est plus que jamais un combat…….

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Mercredi 15 mars 2006

Radio nationale
« Sam Blog » suscite la polémique

La nouvelle a fait le tour d’Alger et de la blogosphère : l’émission « Sam Blog » de Samir Toumi, chaque vendredi de 23 h à minuit, a été arrêtée depuis le 10 mars. L’animateur-producteur, dont l’émission est sur les ondes depuis septembre 2005, parle de « censure » et de « sanction arbitraire ». 

 La direction de la radio, pour sa part, estime que « l’émission n’a pas répondu aux attentes de la radio ». « La directrice de la Chaîne III m’a appelé le 8 mars pour me dire que, suite à un article paru sur Echourouk El Yaoumi accusant l’émission de prôner l’homosexualité, le directeur général de la radio a décidé d’arrêter l’émission pour deux ou trois épisodes. Pour ma part, j’ai dit : si c’est ça, j’arrête tout ! », explique Samir Toumi. Le 8 mars, Saâd Bouaâkba signe une chronique, sur Echourouk El Yaoumi, intitulée « Bouche ton nez et écoute », vilipendant une émission radiophonique de la Chaîne III , sans préciser l’heure ou l’intitulé, lui reprochant de faire la publicité au « sexe entre les hommes ». Vendredi 10 mars, l’animateur trouve effectivement une note en se rendant au 21, boulevard des Martyrs signifiant l’arrêt de l’émission du jour même. « L’article ne me cite pas pourtant », précise Samir Toumi. La radio a fait paraître un droit de réponse dans le journal arabophone, qui enfonce encore le clou dans son édition du 14 mars en regrettant l’absence d’Echourouk dans la revue de presse de la radio. De leur côté, le directeur général de la radio, Zouaoui Benamadi, et la directrice de la Chaîne III , Lila Boukli, s’accordent à affirmer qu’« il n’y a aucun rapport entre la chronique d’Echourouk et l’arrêt de l’émission ». « C’est un réaménagement de la grille des programmes et nous en avons discuté avec Samir », a indiqué Lila Boukli. Samir Toumi, également chroniqueur dans l’émission de Luc Chaulet, Culture Club, a mis en ligne sur son blog sa lettre de démission de la radio, datée du 11 mars. « Le droit du travail prévoit des dispositions précises en matière de sanction des employés, quel que soit leur statut, car même si je n’ai pas signé de contrat, ce qui en soi constitue une première entorse au droit du travail, j’ai quand même des fiches de paie qui prouvent mon rattachement à votre structure », a-t-il écrit. Samir Toumi, dont la défunte émission s’articulait autour de son blog personnel et de la blogosphère algérienne, a indiqué que son blog continuera d’être animé et s’est dit touché par la solidarité des bloggers et des auditeurs. Affaire à suivre.

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Mardi 14 mars 2006

Voici l'article paru sur www.rezki.net et j'en remercie l'auteur.

Alger censure aussi les blogs

Sam BloG avait la particularité d’être la seule émission à parler des blogs en Algérie, sur la Chaîne 3 (radio publique). L’animateur lui même blogueur, avait créé un lieu de discussion libre. Et puis un jour, l’émission est supprimée. Il a suffi qu’un journal arabophone accuse Sam Blog d’inciter à la dépravation à l’homosexualité. Dans un État de droit cela ferait sourire, mais à Alger le soupçon entraîne la suspension d’antenne.

 

Après la durcissement de l’arabisation avec la fermeture d’écoles privées, après les pressions sur les journalistes, les blogs sont la nouvelles cible des autorités algériennes.
La seule émission radio consacrée au phénomène des blogs a été présentée par le quotidien El Chourouk comme " une émission passant la nuit et qui prône la dépravation, le sexe et l’homosexualtié " La teneur de l’article parvient ensuite aux oreilles des responsables d’antenne et les choses s’emballent. Dans un billet du 9 mars, l’animateur-blogueur annonce que l’émission du lendemain n’aura pas lieu et que le programme va marquer une pause de deux ou trois semaines. Le présentateur s’interroge alors sur les raisons de ces décisions, d’autant que le journal ne cite pas le nom du programme en question. Il est évident que dans le climat actuel où l’État cherche sa légitimité du côté des conservateurs. Le simple soupçon de dépravation d’homosexualité et c’en est fini d’une émission, d’une chronique ou d’une ribrique.

Les censeurs ont encore frappé

Le 11 mars, l’animateur publie sur son blog la lettre de démission qu’il vient d’envoyer à la directrice de la Chaïne 3. Il écrit notamment :
" Quand bien même ce journaliste aurait cité mon nom ou fait référence à mon émission, où est la solidarité minimale que vous accordez à un employé de votre institution ? Que faites vous de son droit de réponse, de son droit à l’expression ? Et si le respect de vos employés est le cadet de vos soucis, qu’en est-il de la défense de votre grille de programmes ? Tenez-vous compte du précédent qu’une telle décision peut entraîner ? Là encore, je ne parle même pas du droit à la liberté d’expression, car il est clair que c’est loin d’être une préoccupation dans votre institution. ".
Les temps sont durs pour la liberté d’expression, comme le rappelle Hchicha, un des premiers blogs a avoir évoqué l’affaire : " Moi je pense que l’Algérie de la censure a encore frappée et les conservateurs qui continuent à penser pour nous et à très mal gerer notre pays continuent de nous priver de nos droits les plus fondamentaux. ".
La chaîne 3 vient de frapper deux fois : en supprimant une émission, mais aussi le thème de cette émission, celui des blogs qui rencoient eux-mêmes à la liberté d’écrire et de commenter.

MERCI AUX AUTRES BLOGGERS QUI ONT FAIT REFERENCE A CETTE CENSURE.

MERCI POUR TOUS VOS COMMENTAIRES, JE N'EN REVIENS TOUJOURS PAS. CHAPEAU BAS POUR VOTRE SOLIDARITE !

Amitiés,

Sam

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Lundi 13 mars 2006

Alger, le 11 mars 2006

 

                                                                       ENRS

 

                                                                       21 Boulevard des Martyrs

 

                                                                       Alger – Algérie

 

 

 

A l’attention de Madame L. B., Directrice d’Alger Chaîne 3.

 

 

OBJET : démission

 

 

Madame la Directrice ,

 

J’ai reçu, le mercredi 8 mars après-midi, un appel de votre part m’informant qu’un article signé du journaliste BOUOKBA paru dans le quotidien El Chourouk mentionne que mon émission fait l’apologie de l’homosexualité, et que sur ordre du Directeur Général de l’ENRS mon émission serait suspendue pour quelques semaines. J’ai obtenu confirmation du caractère officiel de cette sanction en me rendant des les locaux de l’ENRS vendredi 10 mars, jour de diffusion de mon émission  où j’ai pu constater qu’une note référencée ………., a été signée par vos soins et informant officiellement de « l’arrêt de mon émission du 10 mars 2006 ».

 

A la lecture de « l’article » en question, j’ai constaté à ma grande surprise que le journaliste ne mentionnait ni mon nom, ni le titre de mon émission, ni un quelconque  jour de diffusion et encore moins une quelconque heure de diffusion.

 

Je m’interroge donc sur la raison de cette sanction. Sur quoi est-elle fondée ? Si vous aviez effectué une écoute de toutes mes émissions, vous vous seriez rendu compte que je n’ai jamais fait la moindre allusion à l’homosexualité. Si vous aviez pris la peine de lire mon site internet, « alger-intime.over-blog.com », vous auriez pu constater la même chose, car toutes mes chroniques sont disponibles en ligne.

 

A partir de là, je pose les questions suivantes :

 

Avez-vous le droit de sanctionner un animateur, sans faits, sans preuves, de manière aussi arbitraire ? Je ne parle pas du point de vue éthique ou déontologique car nous en sommes loin, mais d’un point de vue purement professionnel, donc légal. Le droit du travail prévoit des dispositions précises en matière de sanction des employés, quel que soit leur statut, car même si je n’ai pas signé de contrat, ce qui en soi constitue une première entorse au droit du travail, j’ai quand même des fiches de paie qui prouvent mon rattachement à votre structure.


Quand bien même ce journaliste aurait cité mon nom ou fait référence à mon émission, où est la solidarité minimale que vous accordez à un employé de votre institution ? Que faites vous de son droit de réponse, de son droit à l’expression ? Et si le respect de vos employés est le cadet de vos soucis, qu’en est-il de la défense de votre grille de programmes ? Tenez-vous compte du précédent qu’une telle décision peut entraîner ? Là encore, je ne parle même pas du droit à la liberté d’expression, car il est clair que c’est loin d’être une préoccupation dans votre institution.

                                                                                                                   

En conclusion, vous avez décidé de me sanctionner de manière arbitraire, sans aucun fondement, sur la base de simples supputations, ou pour des raisons qui vous concernent.

 

Devant un tel manque de respect du contrat moral et professionnel qui nous liait jusqu’à présent, vous comprendrez, Madame, que vous ne me laissez d’autre choix que de déposer ma démission, cette dernière n’excluant pas les recours mis à ma disposition par le code du travail, pour préjudice causé à ma personne et pour sanction arbitraire.

 

Merci de procéder dans les plus brefs délais à mon solde de tout compte.

 

Veuillez recevoir, Madame la Directrice , l’expression de mes salutations les meilleures.

 

 

Lettre envoyée en recommandé avec AR à

Mesdames L.B Directrice d'Alger chaine 3

                    Y.S Responsable des programmes

Monsieur B.Z Directeur Général de l'ENRS

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Jeudi 9 mars 2006

Cher vous tous,

Désolé, mais il est fort probable que mon émission s'arrête définitivement. Suite à un article paru dans la presse arabophone faisant allusion "à une émission passant la nuit et qui prône la dépravation, le sexe et l'homosexualtié", la Direction Générale de la radio en a conclu que la seule émission qui pouvait faire l'objet de tels propos ne pouvait être que la mienne. Notons que le journaliste ne cite pas mon émission, encore mojns mon nom, il s'agit donc d'une simple déduction.

On m'a alors demandé de stopper l'émission pendantt 2 ou 3 semaines. J'ai bien entendu refusé en leur annonçant que je démissionnais purement et simplement, car j'étais profondément choqué par de tels agissements, tant d'un point de vue éthique, déontologique que professionnel.

Je continuerai à vous donner tous les détails sur cette affaire. Bien entendu, le blog continue.

Vive la liberté d'expression. Vive la démocratie. Vive le courage. Demeurons des êtres libres....

 

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 4 mars 2006

Mercredi 1er mars, malgré l’invasion des cafés papiches, des salons de thés, des baraques de sandwich, des fast-food et des pizzerias, les lieux mythiques du centre ville continuent de survivre, indifférents au bouillonnement qui les entourent et aux profondes mutations des lieux que connaît Alger… Mythique parmi les mythiques, la brasserie des facultés, située en plein centre ville d’Alger, et comme son nom l’indique, juste en face de la fac centrale…. Ce lieu n’a pas changé, j’ai l’impression de l’avoir toujours connu, et c’est toujours avec plaisir que j’y retourne dès que j’en ai l’occasion…. Une petite halte à la brasserie des facultés, ça vous dit ? Pas de problème je vous embarque…..

La brasserie des facultés, c’est trois lieux en un, la brasserie le matin, la brasserie le midi et la brasserie le soir, un même lieu pour trois ambiances radicalement différentes. Il est 9 h 00, Alger centre grouille, je me dirige avec mes journaux vers la brasserie des facultés, j’aperçois ses boiseries beige clair, avec les petits rideaux qui protègent de la rue, j’ouvre la porte, le serveur me salue, direction la salle du fond, je m’installe à ma table habituelle, celle qui est contre la fenêtre et d’où l’on peut apercevoir la rue Charas et au fond, le port avec ses grues et ses bateaux… en contrebas, juste devant les escaliers, le kiosque à journaux tenu par un jeune en casquettes, et le va et viens incessant des passants…. Un café express arrive, une petite bouteille d’eau, la salle est pratiquement vide, un petit vieux descend sa bière, deux cadres en costume discutent de manière animée en sirotant leur café, je prends mon journal et je le feuillette en contemplant la salle et en face de moi, le comptoir, où les serveurs en chemise blanche et nœud papillon s’affairent activement, j’appelle le serveur, je paie mon café et je sors, prêt à continuer ma journée, ça, c’est la brasserie des facultés, le matin….. Il est midi trente, j’ai rendez-vous pour déjeuner, même rituel, le maître d’hôtel me salue, nous entrons dans la salle et on s’installe côté rue, les tables sont dressées sur des nappes blanches, elles sont pratiquement toutes occupées, des hommes pour la plupart, mais pas seulement, du genre cadres supérieurs ou fonctionnaires, je commande une entrecôte servie avec des pommes frites, des haricots verts et des carottes, la viande est délicieuse, il est midi, je me contente d’eau minérale, autour de moi, la salle est divisée en deux, celle du matin fait office de bar, celle de l’entrée est un restaurant à l’ambiance studieuse et feutrée, autour de moi, des discussions professionnelles filtrent, un monsieur est sagement assis seul à une table, il déjeune en lisant son journal, et par les rideaux, j’aperçois la foule qui passe, indifférente, affairée. Un petit café, l’addition, la porte s’ouvre et je m’insère dans le flot des passants en direction du bureau, ça c’est la brasserie le midi……Il est 19 h 00, je pousse la porte de la brasserie des facultés, un nuage de fumée m’accueille, un brouhaha, les deux salles sont archicombles, le royaume des hommes, toutes les tables sont occupées, on se trouve une place difficilement… Les serveurs courent dans tous les sens, ils crient les commandes, un vendeur de cacahuètes et de pistaches ambulant s’approche de moi, la plupart boivent des bières, d’autres des pastis, ils parlent bruyamment, un homme éméché regarde dans le vide en sifflant sa bouteille d’un geste lent, un autre se lève en titubant et se dirige vers les toilettes, à une table, six mecs agglutinés éclatent de rire bruyamment, deux jeunes hommes, originaires de Kabylie probablement parlent à voix basse, leur table est encombrée de bouteilles, ils continuent à chuchoter indifférents au vacarme ambiant…. Par la fenêtre, un souffle d’air et les lumières du port, au loin, j’écoute les bribes de conversation, j’ai du mal à savoir de quoi on parle, juste des mots, des cris, un tourbillon de vie, je suis au bord de l’étourdissement, je sors, je suis dans les vaps, un homme me bouscule et s’excuse, l’homme seul assis à sa table regarde toujours aussi fixement le mur, je sors, je respire, ça, c’est la brasserie le soir, pouls de la ville, battement d’âmes, la ville change, se transforme, mais ce lieu, témoin  de notre histoire tourmentée, refuge des âmes blessées, demeure, indifférent aux coups de boutoirs de l’histoire…..

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 4 mars 2006

Jeudi 2 mars, horrifiés par cette ballade à la Madrague , la seule solution pour Leila D et moi, était de vite trouver un endroit pour boire un coup et nous remettre de nos émotions parkinguestes. Et là, nous nous sommes vite jeté sur le Dar El Salem, cabaret mythique, vide à cette heure –ci, et c’est fort agréablement accueillis par la gentille armoire à glace qui fait office de videur, que nous sommes entrés dans le petit bar du Dar Essalem… allez, ne soyez pas timides, suivez-moi, c’est moi qui paie la tourna…..

Petit hall, d’entrée, puis en face, la porte d’entrée du cabaret fermé à cette heure-ci, un petit vieux est assis sur une chaise, et hop, l’armoire à glace nous fait bifurquer sur la droite dans une petite salle, éclairée au néon violet, vous voyez, cette lumière qui rend le blanc fluorescent comme dans une boite de nuit…. Le bar est minuscule, avec un comptoir au fond, décoré de loupiottes lumineuses, de guirlandes et de photos de chanteuses kabyles, des tabourets le long du bar et contre les murs, d’autres tabourets avec des petites tablettes accrochées aux murs tapissés de faïence, c’est surréaliste…. On s’installe Leila et moi, contre la fenêtre barreaudée, on a vue plongeante sur l’immense parking, histoire d’augmenter notre douleur, une jeune femme, bien en chair, blonde comme les blés tient le bar, on commande une boisson à base de menthe avec glaçons, Ait Menguellet chante dans la petite chaîne stéréo, le bar est pratiquement vide, une jeune fille brune avec des talons aiguille joue avec son portable accoudée au bar, un jeune homme, faisant probablement partie de la maison, discute avec la tenancière du bar, et répond aux appels répétés sur son portable… C’est la jeune fille brune qui finit par nous servir sur la petite tablette, Leila a les dents fluorescentes à cause de la lumière violette, elle me renvoie le compliment, et le bar plongé dans la pénombre, nous permet de profiter du spectacle extérieur, complètement surréaliste avec ce parking vide, ces lampadaires design totalement anachroniques et le ballet incessant des voitures d’autoécole… La dame blonde, change la musique et c’est Céline Dion qui succède à Ait Menguellet, la jeune fille brune se dispute avec le jeune homme, la dame blonde chante avec Céline Dion, LeilaD et moi, nous sommes sagement assis sur nos tabourets à siroter nos verres en méditant sur la pauvre terrasse vide du restaurant les Palmiers, qu’on aperçoit par la fenêtre… Plus bas, des bandes de jeunes passent et repassent dans la rue, l’armoire à glace fait des intrusions, une femme blonde descend d’une voiture, entre précipitamment et monte les escaliers qui mènent au premier étage, le vieux monsieur joue lui aussi avec son portable, la jeune fille brune demande au jeune homme d’arrêter de l’embêter, la dame blonde, plus blonde que jamais sous les loupiottes de son bar nous demande si on ne veut pas autre chose, non merci, il est l’heure pour nous de se lever, Leila me gratifie d’un éclat de rire fluorescent, je lui rend le même, on paie au comptoir, l’armoire à glace nous souhaite une bonne soirée, il est 20 heures, les voitures se font plus nombreuses à l’extérieur, des hommes, des familles partent rejoindre les restaurants du port, des blondes très maquillées rejoignent les bars, la Madrague se prépare à accueillir les nocturnes, il est temps pour nous de nous éclipser, de quitter la Madrague , son petit bar et son immense parking d’aéroport, on rejoint Alger par le littoral, Bainem, bains romains, la pointe, défigurés par les nouvelles constructions, la corniche de Saint Eugène, tristement somptueuse, Bab El Oued, magnifique, La place des martyrs, pour nous perdre dans les embouteillages du centre ville, Alger, Alger ville méditerranéenne, ville qui tourne violemment le dos à la mer, en dépit du bon sens, inexorablement, comme si on t’arrachait à la vie……

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 4 mars 2006

Jeudi 2 mars, 18 h 00, histoire de marquer nos retrouvailles et de profiter du beau du beau temps, on décide LeilaD et moi, d’aller faire un tour à la Madrague , haut lieu de villégiature et haut lieu des nuits algéroises, histoire de voir la mer, les petits bateaux sur le port et boire un coup en regardant le coucher du soleil… Qu’à cela ne tienne, tous fiers de notre bonne idée, on prend la direction de l’ouest direction le petit port de pêche d’El Djamila, tout récemment rénové… Vous me suivez, on y va…..

Ah la Madrague , ce petit port incroyable, envahi par le béton, ses constructions déglinguées, ses bars et ses restaurants qui accueillent quotidiennement toute la faune nocturne de la capitale, faune qui cohabite avec les nombreux algérois venus manger du poisson dans les restaurants du coin, un petit port qui malgré son côté déglingué, ses habitations bétonnées et hideuses garde, envers et contre tout, son charme inimitable…. Mais le port de la Madrague a été soi disant réaménagé, embelli, et c’est plein d’espoir que je me dirige vers ce lieu mythique en espérant profiter de ces nouveaux aménagements…. Aménagé vous dites, ben ça alors, figurez-vous qu’en guise d’aménagement, l’ensemble du port a été bétonné et que désormais, le port de la Madrague est devenu un immense parking, genre stade du 5 juillet, ou d’ailleurs des automobilistes viennent apprendre à conduire tellement ce parking est vaste, et là bas, au fond, tout au fond, à perte de vue, la mer, qu’on a essayé d’éloigner comme le diable d’un couvent de religieuses, c’est à peine croyable !!!!... Encore sous le choc, on décide d’aller à la terrasse des Palmiers pour boire un coup, histoire de se remettre, mais là, la terrasse où j’ai passé tant de temps est devenu une surface vide qui donne directement sur le dit parking, avec calandres des voitures juste en face de soi, le barman nous explique que la mairie interdit désormais de se faire servir sur les terrasses, oui, vous avez bien entendu… Des fois peut être qu’on se fasse dévorer tout cru par un requin qui surgirait hors de l’eau, étant entendu que le dit requin ait rampé sur les 300 mètres de bitume que constitue le parking et qui désormais nous sépare de la mer….. Mais pour l’aménagement du parking bravo, il y a des lampadaires, chaque place de parking est séparée par une bande blanche, bref, c’est un parking à faire pâlir de jalousie un propriétaire de supermarché, ou mieux encore, la Direction de l’aéroport Houari Boumediene, le tout à la Madrague , dans un port, il parait même, au vu de l’immonde stèle en béton et marbre qui ressemble à un monument à la gloire d’un chahid, que des officiels sont venus inaugurer en grande pompe ce génie de l’urbanisme algérien et cette gloire à notre art de vivre national, bref, c’est à vous donner envie de plonger au fond de l’eau pour ne plus jamais remonter….. Même les palmiers qui viennent d’être plantés au bout du parking se meurent de désespoir et crèvent gentiment au milieu du béton, pendant que les profs d’auto école qui ont flairé le filon donnent leur cours de conduite au milieu du parking… Heureusement, là bas, tout au fond, au niveau du restaurant Le Sauveur, nom désormais plein d’ironie, on retrouve le malheureux bout de port qui reste, avec les quelques bateaux amarrés, merci la Mairie d’avoir laissé ce petit morceau de vie, et évidemment, alors que l’immense parking d’aéroport est vide, toutes les voitures continuent de s’agglutiner autour de la petite surface au pied des bateaux, allez comprendre……Bref, c’est au bord de la dépression, en frissonnant de froid, qu’on continue notre ballade, incrédules, comme dans un mauvais rêve, au loin, on voit la terrasse des Palmiers et de la Marine désespérément vides, la glauque lumière des lampadaires, et cette désespérante esplanade de bitume, témoin de l’ignorance et de la bêtise humaine qui fait tant de mal à notre pays… Je vous en supplie, faites quelque chose, arrêtez le massacre !!!!!!.......

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 4 mars 2006

Février s’en va, mars attacks !!!! L’hiver se termine, et le printemps arrive à grands pas en espérant qu’il ne sera que plus beau, le temps file à la vitesse de l’éclair, comme cette semaine, maussade, pluvieuse, et comme toujours, alors qu’on ne s’y attendait pas, le soleil, radieux, éclatant, a étalé sa lumière sur la ville jeudi, et vendredi… Les semaines se suivent et se ressemblent, ainsi va la vie, ainsi va le temps…..

Samedi 25 février : Oups, il y a un problème, je m’apprête à sortir de chez moi, le sol tangue sous mes pieds, j’ai la nausée, ma tête tourne, fausse alerte, je décide quand même de sortir…. Je récupère la petite pour l’emmener à l’école, mais là, les nausées se font plus intenses, le verdict tombe : grippe intestinale… L’après-midi, je déclare forfait, je rentre chez moi, je me dope de médicaments, sous une grosse couverture, je suis à la diète, j’attends que ça passe…. Ma pensée du jour : désolé, je ne pense pas quand j’ai la nausée, j’attends simplement que ça passe…..

Dimanche 26 février : réveil aux aurores, j’ai l’impression que ça va mieux, exit les nausées, ah, je vais mieux, et c’est d’un bon pied que j’attaque ma journée, enfermé au bureau, à écluser les dossiers…. Séance chorale, puis dîner sur le pouce avec Feriel, Djamel et Rabah, à refaire le monde… Ma pensée du jour : désolé, mais je viens à peine de me remettre de ma grippe intestinale, alors, pas encore assez solide pour tenter une pensée du jour…..

Lundi 27 février : bonne question, qu’en est-il de ma journée du lundi ? Aucun souvenir, à part le fait de l’avoir majoritairement passée au boulot, délicieuse soirée en compagnie de Philippe, dodo en face de la télé, complément d’enquête s’intéresse à l’immigration en France, les clichés pleuvent sur le petit écran, no comment, l’émission a au moins le mérite d’agir sur moi comme un soporifique… Ma pensée du jour : désolé, mais comme je me suis couché tôt, crevé comme j’étais, je n’ai pas réfléchi à une pensée du jour…..

Mardi 28 février : je suis crevé, sur les rotules, le moral vaguement en berne, probablement le contrecoup des derniers jours…. Je cours à la radio faire ma chronique sur culture club, puis je rejoins Zeineb, fraîchement débarquée à Alger… Je dîne avec ses amis, agréable moment passé à parler de tout et de rien, Zeineb respire la joie de vivre, c’est communicatif…. Ma pensée du jour : moral en berne, puis euphorie en compagnie de Zeineb, tout ça, ça m’a empêché d’avoir une pensée du jour, désolé les gars….

Mercredi 1er mars : tout ça va trop vite, rendez-vous compte on est déjà au mois de mars, et dans 21 jours, nous serons déjà le printemps, ah non, là je proteste, trop rapide tout ça, trop rapide, du coup, mon mercredi est lui aussi passé très vite, gros conflit au bureau, encore un coup au moral, déjeuner sur le pouce avec une connaissance de Zeineb, mais sans Zeineb, j’avais l’air fin, résultat des courses, je cours chez moi m’enfermer, une bonne tisane et dodo… Ma pensée du jour : pas eu le temps, rendez-vous compte quand même, hier on était en février et voilà qu’on est déjà en mars, entre temps, pas eu le temps de pondre une pensée du jour, désolé….

Jeudi 2 mars : rendez-vous professionnel à Hydra, je déjeune chez le libanais avec LeilaD, grandes retrouvailles, je retourne au bureau, puis re rendez-vous à l’Hôtel Mercure, puis retrouvailles bis avec Leila D… On décide d’aller voir le soleil se coucher à la Madrague , et là c’est le choc, le port s’est transformé en un immense parking vide, où comme au stade du 5 juillet, on vient apprendre à conduire… ma pensée du jour : désolé, trop énervé pour penser, l’épisode Madrague m’a achevé et tous les noms d’oiseaux passent par ma tête, je suis anéanti, dodo !!!

Vendredi 3 mars : j’ouvre les yeux à 7 heures, je referme les yeux pour les rouvrir à 9 heures, il fait beau, le soleil inonde l’appartement, je traîne gentiment entre bouquins, télé et ordinateur pour préparer l’émission, bref, un vendredi comme je les aime, histoire de me préparer à vous rejoindre…. Ma pensée du jour : Eh oh, dites, j’peux pas tout faire, traîner, écrire, préparer l’émission et trouver une pensée du jour, désolé, mais j’ai d’autres priorités en ce moment

Ma pensée de la semaine : cette semaine, j’ai raté : une pièce de théâtre, un concert de musique classique, une performance vidéo, une expos de photos de Bourdieu et une rencontre poétique en hommage à Djamel Amrani, ben oui, y a des semaines avec et y a des semaines sans, et puis moi, vous avez vu, quand je rate, je rate, ah ça oui, je rate, mais bon, y a un truc qu’on ne va pas rater dans cette émission, c’est la musique, à toi de jouer Karim……

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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