Mardi 7 février, ah le développement personnel, l’art thérapie, toutes ces techniques pour se sentir mieux, explorer son corps, révéler sa créativité, toutes ces techniques qui forment ce qu’on appelle le business du bien être, débarque, tenez-vous bien, en Algérie.. Après Servan Schreiber qui est venu nous vendre sa soupe au grand bonheur des bourgeoises désoeuvrées de la place d’Alger, figurez vous que j’ai participé, rassurez-vous je n’y suis pas resté bien longtemps, j’ai donc participé à un workshop, un atelier, si vous préférez, de développement personnel ouvert aux artistes pour travailler sur la spontanéité, la vérité et le mensonge à travers la découverte du corps… Vous n’avez rien compris, normal, c’est incompréhensible, ça s’appelle du charabia développement personnel… ça vous dit un petit délire façon art thérapie ? Alors suivez-moi….
Direction l’adresse du workshop, je suis en retard, cause déjeuner professionnel, et c’est haletant, suant, que je débarque au lieu dit. La tenante du lieu me dit, je vais voir ce qui se passe et je vous tiens au courant, et elle revient de la salle où se tient le workshop, en me disant « ils sont tous allongés par terre, ils font la sieste », ok, ok, j’attends…. Quelques minutes plus tard, l’animateur gourou artiste débarque, c’est un beau jeune homme au regard inspiré qui arrive, on se sert la main, il m’explique de son air pénétré et de sa voix douce que les participants sont en séance de relaxation, que nous allons travailler sur la vérité et le mensonge car lui va nous demander d’imaginer des situations fausses – le mensonge – alors que la réalité – qui est autre , donc contextuellement, la vérité – est ce qu’elle est ce qui crée une dichotomie que nous exprimerons par notre corps, ouf !!!... Vous n’avez rien compris, eh bien moi non plus…. Bref, je termine ma cigarette, et j’entre discrètement dans la salle où les participants sont allongés. Ok, je m’allonge, je ferme les yeux et l’animateur parle « vous vous mettez en boule, et vous sentez une cascade sur votre dos, qui coule, vous sentez l’eau dégouliner de du haut du dos vers l’orteil, vous êtes bien… »…Ok, Ok, j’ouvre discrètement les yeux et je vois les pauvres participants essayer de se rouler en boule, l’animateur continue « vous vous mettez assis et vous ouvrez les yeux une seconde pour les refermer, et vous fixez un point en face de vous, vous pouvez sourire, ne pas sourire… » Ok, ok, puis il dit « frottez vous les mains bien fort et mettez les sur les paupières, vous sentez la chaleur sur vos yeux, c’est bon, puis dès que ça refroidit, vous frottez encore les paumes de vos mains et ainsi de suite… » Les participants, s’exécutent, et là il nous demande d’ouvrir les yeux, calmement. Il nous remet un morceau de papier et il nous demande de faire une longue vue et de regarder autour de soi à travers le papier en changeant d’œil, alors, nous, comme des pirates sur un navire, on est tous avec la longue vue improvisée à se regarder les uns les autres…. Je constate que pendant ce temps une fille prend des photos, là je prends la parole, et je demande à l’animateur gourou pourquoi cette personne prend des photos, il m’explique que chacun fait ce qu’il veut, je lui répond que je ne suis pas une plante verte mais une personne et que j’aurais aimé être averti, et que dans tous les cas je ne souhaitais pas être photographié car je n’ai pas été prévenu….Ok, l’animateur gourou nous demande de faire du papier qu’il nous a remis une boule et de jouer au foot avec, le temps de me lever et je le vois prendre discrètement une caméra et filmer . Là agacé par toutes ces âneries, je me lève et je lui dit que je comprends pas pourquoi il ne prévient pas les gens lorsqu’il utilise sa caméra, et là, le gourou d’un air pénétré me dit qu’il n’est pas formaliste. Je lui explique que c’est juste une question de respect, que je me fiche d’être filmé mais que la moindre des choses est de prévenir les personnes que cette séance sera filmée… Il me répond qu’il fait ce qu’il veut, je lui dit que moi aussi, je prends mes affaires et je quitte la salle pendant que le gourou demande à chacun de s’asseoir avec un autre participant en tailleur pour discuter avec lui en le touchant, afin de découvrir son corps et sa pensée. Quand à la vérité et le mensonge, je pense que vous avez compris car en fait de mensonge, l’animateur gourou s’est transformé en Pinocchio avec sa petite caméra et son appareil photo… respirez à fond, détendez–vous, vous voyez une platine CD, un beau gosse qui s’appelle Karim, c’est le réalisateur, qui appuie un bouton sur la console, ouvrez grand vous oreilles, vous êtes en direct sur Alger Chaîne 3, et ça ce n’est pas un mensonge, voilà c’est bien, vos paupière sont lourdes, et vous écoutez…. De la musique !!!!!
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