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Samedi 11 février 2006

Mardi 7 février, ah le développement personnel, l’art thérapie, toutes ces techniques pour se sentir mieux, explorer son corps, révéler sa créativité, toutes ces techniques qui forment ce qu’on appelle le business du bien être, débarque, tenez-vous bien, en Algérie.. Après Servan Schreiber qui est venu nous vendre sa soupe au grand bonheur des bourgeoises désoeuvrées de la place d’Alger, figurez vous que j’ai participé, rassurez-vous je n’y suis pas resté bien longtemps, j’ai donc participé à un workshop, un atelier, si vous préférez, de développement personnel ouvert aux artistes pour travailler sur la spontanéité, la vérité et le mensonge à travers la découverte du corps… Vous n’avez rien compris, normal, c’est incompréhensible, ça s’appelle du charabia développement personnel… ça vous dit un petit délire façon art thérapie ? Alors suivez-moi….

Direction l’adresse du workshop, je suis en retard, cause déjeuner professionnel, et c’est haletant, suant, que je débarque au lieu dit. La tenante du lieu me dit, je vais voir ce qui se passe et je vous tiens au courant, et elle revient de la salle où se tient le workshop, en me disant « ils sont tous allongés par terre, ils font la sieste », ok, ok, j’attends…. Quelques minutes plus tard, l’animateur gourou artiste débarque, c’est un beau jeune homme au regard inspiré qui arrive, on se sert la main, il m’explique de son air pénétré et de sa voix douce que les participants sont en séance de relaxation, que nous allons travailler sur la vérité et le mensonge car lui va nous demander d’imaginer des situations fausses – le mensonge – alors que la réalité – qui est autre , donc contextuellement, la vérité – est ce qu’elle est ce qui crée une dichotomie que nous exprimerons par notre corps, ouf !!!... Vous n’avez rien compris, eh bien moi non plus…. Bref, je termine ma cigarette, et j’entre discrètement dans la salle où les participants sont allongés. Ok, je m’allonge, je ferme les yeux et l’animateur parle « vous vous mettez en boule, et vous sentez une cascade sur votre dos, qui coule, vous sentez l’eau dégouliner de du haut du dos vers l’orteil, vous êtes bien… »…Ok, Ok, j’ouvre discrètement les yeux et je vois les pauvres participants essayer de se rouler en boule, l’animateur continue « vous vous mettez assis et vous ouvrez les yeux une seconde pour les refermer, et vous fixez un point en face de vous, vous pouvez sourire, ne pas sourire… » Ok, ok, puis il dit «  frottez vous les mains bien fort et mettez les sur les paupières, vous sentez la chaleur sur vos yeux, c’est bon, puis dès que ça refroidit, vous frottez encore les paumes de vos mains et ainsi de suite… » Les participants, s’exécutent, et là il nous demande d’ouvrir les yeux, calmement. Il nous remet un morceau de papier et il nous demande de faire une longue vue et de regarder autour de soi à travers le papier en changeant d’œil, alors, nous, comme des pirates sur un navire, on est tous avec la longue vue improvisée à se regarder les uns les autres…. Je constate que pendant ce temps une fille prend des photos, là je prends la parole, et je demande à l’animateur gourou pourquoi cette personne prend des photos, il m’explique que chacun fait ce qu’il veut, je lui répond que je ne suis pas une plante verte mais une personne et que j’aurais aimé être averti, et que dans tous les cas je ne souhaitais pas être photographié car je n’ai pas été prévenu….Ok, l’animateur gourou nous demande de faire du papier qu’il nous a remis une boule et de jouer au foot avec, le temps de me lever et je le vois prendre discrètement une caméra et filmer . Là agacé par toutes ces âneries, je me lève et je lui dit que je comprends pas pourquoi il ne prévient pas les gens lorsqu’il utilise sa caméra, et là, le gourou d’un air pénétré me dit qu’il n’est pas formaliste. Je lui explique que c’est juste une question de respect, que je me fiche d’être filmé mais que la moindre des choses est de prévenir les personnes que cette séance sera filmée… Il me répond qu’il fait ce qu’il veut, je lui dit que moi aussi, je prends mes affaires et je quitte la salle pendant que le gourou demande à chacun de s’asseoir avec un autre participant en tailleur pour discuter avec lui en le touchant, afin de découvrir son corps et sa pensée. Quand à la vérité et le mensonge, je pense que vous avez compris car en fait de mensonge, l’animateur gourou s’est transformé en Pinocchio avec sa petite caméra et son appareil photo… respirez à fond, détendez–vous, vous voyez une platine CD, un beau gosse qui s’appelle Karim, c’est le réalisateur, qui appuie un bouton sur la console, ouvrez grand vous oreilles, vous êtes en direct sur Alger Chaîne 3, et ça ce n’est pas un mensonge, voilà c’est bien, vos paupière sont lourdes, et vous écoutez…. De la musique !!!!!

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 11 février 2006

Ma semaine est passée à la vitesse de l’éclair. Pas eu le temps de m’ennuyer entre boulot, télé, radio et mes à côtés. Finalement mon seul problème aujourd’hui est le sommeil, certaines personnes dorment quatre heures par nuit, alors que moi il me faut au minimum mes sept heures de dodo réparateur par jour, et ça, ce n’est pas très compatible avec le rythme effréné que je mène. Mais bon, qui ça intéresse, au fond, oui, personne , je sais, je sais…..

Samedi 4 février : la vie n’attend pas, encore moins le bureau, j’ai la tête dans le sac mais je dois foncer pour honorer mon premier rendez-vous de la journée… Je reçois les bios de l’émission de télé que je dois animer et je me lance à corps perdu dans les questions aux invités, entre deux coups de fils de clients. Intermède habituel, le cours de chant du samedi où j’ai appris les gammes majeures et les tritons, ma gamme majeure à moi c’est le fa sur clé de fa… Ma pensée du jour : majeure ou mineure, ça intéresse qui, au fond, ma gamme, oui, personne, je sais, je sais…..

Dimanche 5 février : c’est la course, mes amis, la grande course car le compte à rebours a commencé… speedy va au bureau, speedy finalise les bios, speedy court au Sheraton sur le plateau de l’émission de télé, speedy a le ventre vide, speedy attend, l’enregistrement commence avec une heure trente de retard, speedy n’a pas d’oreillette, les problèmes de son s’accumulent, speedy, comme tout le monde, s’accroche, l’enregistrement se termine à 18 h 00 speedy file à la chorale, speedy est en retard, speedy chante puis speedy dîne à la va vite avec Feriel…. Ma pensée du jour : ça intéresse qui, au fond, la vie de speedy l’hystérique, personne, oui, personne, je sais…..

Lundi 6 février : on prend les mêmes et on recommence, speedy reprend du service, c’est le deuxième enregistrement de l’émission télé, mais là, je prend le temps de déjeuner et j’arrive tranquilou un peu avant 14 h 00, l’enregistrement débute à 15 h 30 et se prolongera jusqu’à 18 h 00, les problèmes de son semblent résolus, je file récupérer Soumeya, on va chercher les autres convives et je finis la soirée avec ces drôles de dames au bon gibier….. Ma pensée du jour : ouf, la télé pour ce mois ci, c’est terminé, mais, au fond, ça intéresse, qui, personne, oui, personne, ça je sais…..

Mardi 7 février : Qui sème le vent, récolte les retards…. Je passe à la caisse mardi matin car au bureau le boulot s’accumule et je commence le grand travail d’éclusage, faut dire que je suis assez content de moi… Mais c’est pas tout, je file à la radio parler des brésiliennes à la radio, oui, les passat brésiliennes, sur Culture Club, non pas Boy George, Omar Zelig, je sors du studio pour courir, eh oui, encore, à Ben Aknoun récupérer Feriel pour aller écouter l’orchestre symphonique d’Alger au Palais de la culture, très belle soirée… ma pensée du jour : les passat brésiliennes et l’orchestre symphonique, au fond, ça intéresse qui, personne, oui, personne, je sais…..

Mercredi 8 février : Au travail, Samir, au travail, la journée s’écoule comme sur un nuage, au bureau, jusqu’à 20 h 00. Diner au Normand cause ex client et Madame de passage à Alger, Farid, le maître des lieux, nous reçoit royalement comme à l’accoutumée, la viande est tendre et le croustillant de camembert chaud sur coulis de fraise délicieux…. Ma pensée du jour : le camenbert chaud sur coulis de fraise ça intéresse qui, au fond, personne, oui, personne, ça je sais…..

Jeudi 9 février : C’est Achoura, et pour moi c’est off, je suis sur mon île, et je fais le tas, entre deux dodos, je suis épuisé, physiquement, mentalement, spirituellement, techniquement, radicalement, pas envie de parler, pas envie de sortir, j’en profite pour bosser un peu, au calme, loin du tumulte des rues, et je me couche aux aurores … Ma pensée du jour : pas de pensée du jour, cause fatigue, mais au fond, mes pensées du jour, ça intéresse qui, personne, mais ça, je le sais, oui, je le sais…..

Vendredi 10 février : j’ai dormi 12 heures, oui, 12 heures, je me lève et je prépare mon p’tit dèje au radar en regardant une jeune dame présenter un village qui compte autant de musées et d’activités culturelles que toute l’Algérie réunie…. Je sors faire quelques courses, quelques tchinas, quelques mandarines du khobz et de l’eau minérale, direction l’ordinateur cause samblog 22 ième édition…. Ma pensée du jour : c’est la 22 ième émission de Samblog, mais ça, au fond, ça intéresse qui, personne, je sais, oui, personne……..

Ma pensée de la semaine : finalement, quand on réfléchit bien, et il serait temps pour moi de le faire, cette émission, ce quotidien, ça intéresse qui, ben au fond, ça n’intéresse personne, et ça, finalement, je le sais, oui, je le sais, mais la musique par contre, ça intéresse tout le monde, à commencer par moi, alors, détendez-vous, respirez un bon coup, et écoutez moi ça ! Attention chef d’œuvre !

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 4 février 2006

Comme une bonne moitié d’algérois, j’ai décidé de passer mon jeudi après-midi en ville…. Mais le vrai plan en ville, à savoir oublier que j’habite et que je travaille en ville, et faire comme si j’allais en ville…. Car le centre ville, le jeudi à partir de 13 heures, c’est la marée humaine, embouteillages, rues encombrées, ça grouille de tout de part et les algérois, en grappe, déambulent dans les rues du centre ville… Je vous invite à faire l’agérocentrevillus lambda avec moi. Ca vous dit ? Oui ? alors, suivez moi…..

Monter ou descendre, descendre ou monter, that is the question, car leAlgerocentrevillus peut soit monter soit descendre selon qu’il est en bas ou en haut logique, non ? Moi, je suis descendu, arrivée du haut de Didouche, la foule se densifie exactement au moment ou la ru e didouche fait un coude, là, on commence à se marcher sur les pieds entre ceux qui montent, ceux qui descendent, ceux qui tiennent les murs, les jeunes aux grandes lunettes de soleil, des écouteurs aux oreilles, une mengoucha et quinze tonnes de gel, statiques et à l’affut de la moindre grappe de papichettes qui remonte ou qui descend  bras dessus bras dessus, manque plus que la canne à pêche…. Et bien sûr, l’algerocentrevillus lambda doit s’arrêter à chaque boutique, il regarde la vitrine, puis il entre, là encore, généralement, il y a foule…. Mes préférées à moi, de boutiques, ce sont les parfumeries, on peut y passer des heures… des eaux de toilettes, des rouges à lèvres de toutes les couleurs possibles et imaginables, des bibelots kitchissimes, des shampoings, des nécessaires complets, des valises, des bougies taa zouedj, de la mousse à raser, des rasoirs, des sacs multicolores avec du adess, les jeunes filles parlementent, négocient les prix aprement, demandant des crédits et les mecs font l’article «  aoueh khti, machi taa la turquie, taa l’europe, djebneh bel cabas », echri rouge à lèvres rah promotion, oui, je pourrais y passer des heures, à écouter les commentaires des jeunes filles sur les bibelots au kitch indescriptible… Mais bon, l’algérocentrevillus a des trucs à faire, moi je suis un algerocentrevillus intellectualus, donc c’est à chaque librairie que je m’arrête, butin du jour, trois folio dont un roman de Gainsbourg, eh oui, Gainsbourg a écrit un roman et le petit bouquin de Georges Morin sur les idées reçues à propos de l'Algérie…. Mais il y a aussi l’agérocentrevillus salon de théus ou pizzériatus, qui va de salon de thé en salon de thé, de pizzéria en pizzéria, à avaler le thé avec le gateau obligatoire spécial couple, le sandwich complet ou la pizza mayo car la marche finalement, ça creuse…. Il y a l’algerocentevillus superettus qui lui passe son après midi dans les supérettes, les magasins fourre tout, l’algerocentrevillus fringus, qui passe d’une boutique de fringues à l’autre, et dieu sait s’il y en a et enfin, l’algérocentrevillus marchétus, qui de Messonnier à Closel, se tape l’ensemble des étals de marchés et se fait copieusement marcher sur les pieds pendant des heures…. Tout au long de la ballade, à slalomer entre ceux qui montent et ceux qui descendent, on entend de temps en temps un cri, une bagarre, c’est l’agérocentrevillus sarrakus qui vient de taper un portable, un sac à main ou arracher un collier, bref l’algerocentrevillus sarrrakus passe son temps à gacher le plaisr des autres algérocentrevillus… l’algérocentrevillus adulte amène avec lui ses enfants qui eux même, lorsqu’ils devriendont grand, prendront la relève et deviendront de parfaits algérocentrevillus… Résultat des courses, et c’est le cas de le dire, l’algérocentrevillus, en remontant puis descendant, ou, au choix, en descendant puis remontant, aura vidé son porte-monnaie… Pour moi, ma fièvre consumériste s’est résumée à trois livres de poche, un disctionnaire trinlingue pour ma nièce qu’elle a déjà, 6 croissants, 6 pains au chocolat, une baguette de pain et une riha teh l’Europe mel cabas….Comme j’habite au centre ville, je n’ai pas fait comme l’algérocentrevillus véhiculus, qui a repris sa voiture pour rentrer chez lui, ou l’algérocentrevillus transpostus qui lui a rejoint son domicile en bus ou en taxi collectif… Moi c’est à pied, que fort de mon butin, de mon arrêt en librairie, et de ma descente au paradis de l’agérocentrevillus que je suis gentiment rentré me reposer chez moi… Musicus !

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 4 février 2006

Mercredi 1er février, vous savez ce qu’on dit, y a des jours avec et y a des jours sans, eh bien pour moi, mercredi c’était un jour sans, un jour sans timbres notamment, mais non, je ne suis pas timbré, quoique, c’est juste que je me suis tapé la tournée des postes à la recherche d’un timbre fiscal pour payer mon procès… de quoi effectivement devenir timbré, alors un petit tour dans l’univers kafkayen de la posta, ça vous dit, avalez vos neuroleptiques et suivez moi…..

Tout avait pourtant si bien commence ce matin là…. Gentil réveil, gentil p’tit dej, gentil biro et bilo, et c’est là que j’ai l’idée géniale d’aller moi-même déposer un pli important chez un client… arrivé au niveau de la planète val d’hydra, mon téléphone sonne, juste le temps de décrocher que je constate qu’en face de moi, une fliquette, au cheveux blonds et à la peau brune, me fait un signe et me demande de me garer, oups…. Je lance mon petit regard humble et sage de oulid familia, les épaules légèrement voutées en signe de soumission, comme il se doit, elle me demande « kouaghet essyara », je réponds poliment « oui, madame », elle les prend et me dit « tahraf elech hebbestek », je n’ai pas le temps de répondre, elle tourne les talons, regarde mes papiers, rédige son procès, pendant que moi, sagement, j’attends dans la voiture… Elle revient, me tend le procès, elle garde le permis et me dit « va le payer à la poste et reviens pour que je te rende ton permis », sahha madame, elle m’indique une poste au loin, là bas…. Pas de prob, je redemarre, je me perds dans les ruelles de la planète Val d’Hydra et non sans mal, je me retrouve devant une poste…..Un quart d’heure à attendre, la foule est agglutinée devant la porte d’entrée, j’en profite pour passer quelques coups de fil, et là, la porte s’ouvre, je m’engouffre, je fais la course avec une vieille plus habituée que moi à l’exercice et qui me bat à plates coutures, un comptoir, deux agents, et là, comme par miracle, je n’ai pas encore atteint le comptoir que les autres avaient déjà tous dégainé une carte d’identité et un chèque, ils ont constitué une chaîne, alors que moi, au milieu de la salle, je me retrouve perdu…. Je me dirige alors vers une jeune fille en hidjeb, isolée derrière le comptoir, elle jette un œil, de loin, à mon procès et me dit « les timbres c’est là bas, à droite »… Alors là bas à droite, c’est la partie vide du comptoir avec personne en face…. La longue attente commence, un monsieur arrive, il salue tout le monde, il sert quelques mains parmi les clients, il discute avec la jeune fille en hidjeb et vient enfin s’installer, il me dit « oué », je lui montre le procès, il me dit « makache les timbres khlassou », je lui demande où je peux en trouver, il me dit « à la poste, mais pas celle là , une autre », il m’en indique une autre pas loin d’ici….Maaliche, je reprend la voiture, je trouve l’autre poste, même combat, cette fois, les comptoirs sont indiqués, je me dirige vers la plaque timbre, c’est vide, c’est mauvais signe, la jeune fille du comptoir me dit « khlassoulna les timbres , rouh lizimpots  ouella une autre poste « … Ok, pas de prob, je reprends la voiture, je change de quartier, direction Le Golf, pas de stationnement, je supplie un flic de me laisser garer quelques minutes, cette poste au contraire des deux autres a été relookée, genre, violet, jaune et bleu pour faire moderne, cette fois c’est à travers un hygiaphone que je m’adresse, oui, il y a des timbres mais ghir taa mille dinars mekech 500, teh 500 keyen pénurie…. Je suis au bord de  la crise de nerfs, et là la lumière vient à moi, je lui demande si je peux payer 2000 au lieu de 1 500, elle me regarde comme si je sortais d’un asile psychiatrique en me disant oui, je lui dis alors atini deux taa mille…. Elle hésite, mon dieu, elle va encore me prétexter un truc, elle discute avec son chef, son chef hoche la tête en me regardant lui aussi comme si j’étais un débile, elle me colle les deux timbres en disant « khsara quand même », je lui dit « allah ghaleb » et me voilà parti, tout fier sur la planète val d’hydra rejoindre ma blonde…. Je lui tends le procès en lui expliquant que j’avais payé 2000 au lieu de 1500 et elle et sa collègue commencent un «  yakheh, alech, khsara, ken rouht la grande poste, aoueh ça va pas », je me suis retrouvé entrain de les consoler toutes les deux en leur disant « maaliche, maaliche, la faute tehi », elle va jusqu’à s’excuser en me rendant mon permis, elle me dit « alach metechrich une oreillette, ykheh khsara quand même », l’air totalement désolé pour moi…. Allez après me dire comment faire pour ne pas de venir timbré… J’ai redémarré, les deux fliquettes me faisaient de grands signes de la main en ma jetant de grands yeux vaguement coupables et désolés. Rien que pour ça, ça valait le coup de payer 500 dinars de plus !……

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 4 février 2006

Vendredi 3 février. ça y est les amis . ils sont là. Ils ont officiellement débarqué. Alors qu’est-ce qui fait tant causer les algérois et les algéroises de moins de 50 ans ? A votre avis ? Vous ne trouvez pas ? Eh bien c’est tout simple. La célébrissime enseigne de supermarché, qui commence par car et qui finit par four est bel est bien installée en Algérie. Cette enseigne, qui a créé de véritables émeutes chez nos voisins tunisiens, a connu chez nous une ouverture plus discrète, car l’Algérien, blasé par la déferlante de produits en tous genre drainés par l’import export et le trabendo, en a vu d’autres. Mais bon, en bloggueur averti, et surtout prêt à tous les sacrifices pour coller à l’actualité, j’ai pris mon panier, ma vieille maman que j’embrasse, direction la planète Ruisseau pour une virée dans le nouveau temple de la consommation mondialisée. Gaaaafoour !!!!

Quartier du ruisseau, de démolition en démolition, ce quartier, avec ses tours en construction, ses abbatoirs, ses chouweys, ce quartier est en totale transformation, au bout de l’avenue, sur la droite, un batiment cubique, avec des vitres fumées, et au rez de chaussée du cube, le saint des saints, l’entrée du gaafour… Longue chaîne de voitures pour accéder au parking, chaîne que je rate, heureusement, car sur la droite, un jeune assas me fait signe, génial, je me gare juste en face du supermarket. Le jeune nous dit,  « rayhiin lgaafour, djiboulna heddja », le plus gros des trois dit à ma mère d’un air gourmand « djibilna lhelloua, lheddja », ça nous fait rire… On traverse l’avenue, un escalier, le parking et l’entrée à laquelle on peut accéder par une rampe, des caddies en plastique jaunes pétard et rouges, les éternels agents de sécurité, devenus des monuments nationaux, welcome on board, la foule est hyper dense…. Eh eh eh, sur la droite, le rayon sandwichs et chawarma, les gens font la queue alors que des jeunes hommes, blouse et toque blanche préparent les sandwichs, c’est la bousculade dans les rayons, rayon pains et gateaux, avec la multitude de variétés de baguettes comme elhih, les gâteaux emballés sous vide s’il vous plaît, les familles se précipitent comme des abeilles sur les pistils encombrés des fleurs du paradis, le rayon lhem avec vue sur le laboratoire pour faire bien propre,avec là encore, le lhem emballé sous vide, le rayon charcuterie halal et fromage à la coupe, le long enfilement de yaourts puis le rayon fruits et légumes où un jeune homme habillé en vert salade pèse les petits sacs des ménagères… les clients se marchent dessus et en slalomant on arrive à se poster devant l’ascenseur pour grimper au premier étage… C’est la cohue, ceux qui veulent monter bloquent ceux qui veulent sortir, heureusement, à Gaafour on a pensé à tout, et un garçon d’ascenseur fait la circulation, cette tourna n’est pas pour nous, et on attend patiemment, 10 minutes, pour retrouver l’ascenseur, ou il faut bien positionner les caddies pour gagner le maximum de place… Une vieille dame dit à sa fille « elhemmdoulleh ala Dzeieyer andna supermarché blascenceur », le garçon d’ascenseur est tout fier et il nous gratifie d’un large sourire édenté « chefti lheddja, chefti »… Petite sonnerie, le jeune homme crie « premier », on sort, c’est la même cohue avec ceux qui veulent entrer, et là, c’est rayon kahoua, biscuits, et détergents, j’en profite pour acheter un paquet de cookies aux gardiens de bagnoles, le caddie se remplit, mes courses d’un côté dans la kouffa, celles de la maman d’un autre côté, on grimperait bien au deuxième étage vers le rayon hifi et l’électroménager mais la cohue de l’ascenseur fait qu’on déclare forfait…. On se presse aux caisses du premier étage, le gardien de sécurité me dit que je ressemble à Maradona, qui je vous le rappelle fait 1 m 50 alors que je fais 1 m 85, je le remercie quand même car je suppose que c’est un compliment, un jeune homme remplit les sachets, on remet tout ça dans le caddie jaune et rouge aérodynamique, et pendant que la maman attend sagement devant la porte avec le caddie je retourne au parking, je remets le paquets de cookies au asses gourmand qui me fait promettre de revenir bientôt et je contourne pour récupérer la maman et les courses…. Eh bien voilà, c’est fait, nous avons notre gaafour, nous sommes dans la mondialisation, et j’ai fait mes premiers pas de consommateur mondialisé car comme disait cette vielle dame « elhemdoullah ala dzeyer, andna les supermarchés maa les ascenceurs »… Et je rajouterai à cette phrase historique, si cette dame me le permet bien sûr « laaakouba lles immeubles, nchallah »… Oui, les ascenseurs, quoi… Je ne sais pas pourquoi, j’ai un p’tit coup de déprime tout à coup, pas vous ? allez musique !!!!

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 4 février 2006

Moi cette semaine j’ai bossé. Et vous, qu’avez-vous fait ? Alors, bosser veut dire passer sa vie au bureau, en face de son ordinateur, répondre à ses mails, à ses coups de fil, rédiger des notes et des rapports, se perdre en bla bla dans des entretiens et des réunions. Voilà, ça, ça s’appelle bosser. J’ai même bossé le jour de Mouharram, c’est vous dire… Bref, une semaine qui n’a rien de passionnant, mais des semaines studieuses comme ça, il en faut, non ? Faut bien gagner sa khobza, mes amis. Mais comme dit la chanson « travailler c’est trop dur, bosser c’est pas beau… » ou alors, y a « je ne veux pas travailler, je ne veux pas travailler, je veux seulement oublier, et puis je fyoume ! »…..

Samedi 28 janvier : ce satané mois de janvier est passé à la vitesse de l’éclair, vous ne trouvez pas ? Ne parlons pas de cette journée, ou croulant sous le travail, j’ai quand même pu m’échapper pour mon cours de chant de 14 h 30. Vous savez ce que c’est qu’une seconde mineure, une seconde majeure, une tierce mineure, ou une tierce majeure ? Non, eh bien moi, maintenant je sais…. Je finis tard au bureau, quelques courses chez Meli Melo et je ronfle devant tout le monde en parle…. Ma pensée du jour : noire, croche, croche, blannnche, rooooonde, ça c’est du solfège aussi……Oups, pas facile…..

Dimanche 29 janvier : biro, biro, biro, boulot, boulot, boulot, l’après-midi, longue réunion avec Riad, on décide de se lancer dans un joli projet, et c’est une excellente idée… Il est déjà 17 h 30, le temps d’aller à la chorale hurler à quatre voix, à la sortie Feriel me propose d’aller boire une infusion, oui vous avez bien entendu, une infusion, une tisane, si vous préférez, je reste sans voix… Ma pensée du jour : Feriel veut prendre une tisane, mon dieu, c’est grave, docteur, Feriel est gravement malade, une infusion !!!!! Je suis très inquiet……

Lundi 30 janvier : Dieu que ma vie est passionnante, allez, je vous le donne dans le mille, oui, vous avez gagné, c’est encore birou et boulou. L’après–midi je sors l’Enterprise pour un voyage sur la planète Ouled Fayet, entre rues sans trottoirs, architecture improbable, je suis dans le temple du rurbain, je me téléporte ensuite sur la planète Chéraga, versus nouveaux quartiers, une bien étrange planète ou le béton est roi… Ma pensée du jour : je me suis perdu sur ces deux planètes, va falloir que je recrute Monsieur Spock pour mieux me guider dans mes voyages intersidéraux, alors si tu as de grandes oreilles et que tu es brun, et que tu écoutes cette émission, tu sais ce qui te reste à faire……

Mardi 31 janvier : Boune anni hégirienne, on est en 1427, autant dire le Moyen Age diront les mauvaises langues…. Je débute l’année hégirienne par une grasse matinée puis je me scotche en face de mon ordi une bonne partie de la journée…. Je mets le nez dehors pour filer à la radio, chronique hebdo dans l’émission Culture Club avec l’excellent Omar Zelig pour réhabiliter l’image des oiseaux en ces temps maudits de psychose grippaviairesque… Ma pensée du jour : quand je pense qu’on est en plein Moyen Age, que le temps passe vite, mes amis, que le temps passe vite !!!!

Mercredi 1er février : Birou, bilou, inutile d’en dire plus, je fais la tournée des postes pour trouver des timbres fiscaux cause procès, cela me prend bien trois heures de temps, dépité, déprimé, je rentre au biro bilou, pour faire bilou jusque tard dans la soirée…. Ma pensée du jour : j’ai obtenu confirmation, après trois heures passées à traîner de poste en poste, je peux vous dire qu’on est bien au Moyen Age…..

Jeudi 2 février : Eh oui, là encore, je me suis fait un coup de birou bilou, un coup de déjeuner Marinesque avec Psy déjantée, puis rencontre à l’espace Noun, et ballade algéroise classique du jeudi après-midi au centre ville, où les gens se marchent dessus, où les magasins sont bondés, où les grappes de jeunes et de familles se baladent en sautant de magasins en magasins… Ma pensée du jour : Ah que c’est bon de faire l’Algéro balladus centrovillus lambda, didouche, audin, grande poste, ben m’hidi, aller et retour, n’est-ce pas Karim , Karim c’est mon réalisateur adoré, que j’ai croisé cet après-midi là….

Vendredi 3 février : Réveil aux aurores, préparation de l’émission, puis petite virée, une fois n’est pas coutume le vendredi, je me suis fait le nouveau temple de la consommation algéroise, un nouveau magasin qui commence par car et qui finit par four, alors là, mes amis, quelle expérience, mais alors, quelle expérience !!!! … Ma pensée du jour : Au secooooooouuuuuuurs, ils arrivent !!!!!!

Ma pensée de la semaine : entre birou et bilou, en plein Moyen Age, je vous rappelle qu’on est en 1427, sur la planète Ouled Fayet, Alger truffée d’envahisseurs qui vivent dans des boites aux vitres fumées pleines de produits de grande consommation, et sans Monsieur Spock pour me remonter le moral, moi perdu au milieu des Algérocentrevillus, Feriel qui prend des infusions, je nage en pleine science fiction… Viva L’Aldjérie !!!!!…. Gracias a la vida !

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 28 janvier 2006

Ah les expos, les expos, les vernissages, ces lieux où l’élite culturelle vient saluer le talent d’un artiste, moi, personnellement, j’adore… Alors, quand j’apprends qu’il y a un versnissage, je me débrouille pour ne pas le rater et cette semaine, j’ai été particulièrement gaté car lundi 25, j’ai pu assister au vernissage de Zineb Sedira à la galerie Esma, à Riad el Feth, eh oui, j’ai l’impression d’y avoir passé ma vie cette semaine dans ce lieu glauque, et l’autre, mercredi 28, à la BN , autre temple bien bétonné, dans le quartier du Hamma pour l’expo de Boutadjine, blacks et partisans….une petite virée culturelle avec moi, ça vous dit, alors, suivez moi…..

Bibliothèque Nationale à Belcourt dans le quartier du hamma, le premier exploit, c’est d’y arriver, car entre les embouteillages et les multiples transformations que connaît ce quartier en perpétuel devenir, faut vraiment s’accrocher…. Et c’est ce que je fais, moi, je prends la descente de l’institut Pasteur, je passe par le musée des beaux –arts, je me tape le bouchon causé par les travaux du futur métro d’Alger, et là, manque de bol, j’atterris trop en avant de l’entrée de la BN , il faut que je refasse tout le tour, je me perds dans les rues perpendiculaires, et j’entre par l’hotel SOFITEL…. Fouille du véhicule de rigueur, puis je m’engage dans le parking souterrain, décidemment c’est ma semaine, je passe du boyau de riadh el Feth au boyau du sofitel, génial. Je suis en retard, je m’enfonce dans le parking vers la sortie, c’est bon, j’y suis, je gare la voiture, et j’aboutis sur l’espalande la BN , un grand batiment cubique en béton, ma foi assez élégant, il faut le dire….. Première double porte, fermée, deuxième double porte fermée, je vois à travers les baies vitrées, d’immenses espaces vides, en me demandant à quoi ils peuvent bien servir, troisième double porte c’est ouvert et j’abouti sdans ce fameux espace vide où je me guide à l’oreille car je perçois un brouhaha la bas, au fond, sur la gauche… Je traverse le vide intersidéral et tout au fond là bas, j’apreçois une foule compacte, ça doit être l’expo et le vernissage, ça y est j’y suis…. Le groupe de personnes parait perdu dans l’immensité de la salle vide, on a l’impression qu’ils sont collés les uns aux autres, comme des rescapés au milieu du néant…. Je fais les salutations de rigueur bonjour par ci, bonjour par là, bise par ci, bise par là, la galeriste me remet un catalogue de l’expo et je peux regarder les œuvre de Boutadjine accrochées aux pendants grillagés qui ont été mis bout à bout le long de l’océan de salles vides…. L’artiste a représenté les visages des grandes figures de la révolution algérienne ainsi que celles du mouvement de protestation black, Malcom X, Angela Davis, Mandela et consorts, le tout à base de collages de touts petits papiers de récupération et c’est ça qui fait tout l’intérêt de son travail, les tableaux sont immenses genre 1 m 50 sur deux mètres, bref, c’est assez impressionnant, bravo, à découvrir absolument…. J’en profite pour saluer au passage quelques connaissances, taper la causette avec une copine, tout en grelottant de froid dans cet espace bétonné, perdu dans cet alignement de salles vides… rien à boire, rien à manger, tant pis, l’heure tourne, il faut que je m’en aille car j’ai décidé d’aller voir un autre film au festival du cinéma européen…. J’embarque au passage Soumeya que je kidnappe sans ménagement, on retraverse l’océan de salles vides, la sortie, le boyau du parking, remontée vers Riad El Feth pour m’engager dans un autre boyau, vitesse grand V pour ne pas arriver en retard, un flic m’arrête, vos papiers, il me laisse passer, il est 19 heures, je grimpe dans le boyau, ouf, une place, niveau1, glauque, niveau 2, glauque, niveau 3, glauque, essoufflés on se jette dans la salle de cinéma, vite une place, devant, au milieu, les lumières s’éteignent, nous sommes au Portugal, dans une lagune, un bel homme en Jaguar, son épouse aussi belle et élégante que lui, c’est l’histoire de l’infant et de la belle désoeuvrée, qui se terminera en drame, sous la belle lumière de la lagune portugaise….. Ah l’amour, la gloire, la solitude, les sentiments se catapultent, la sensualité est au sommet, je suis au nirvana, musique !!!!!

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 28 janvier 2006

Quand on se promène dans Alger, on a l’impression que la ville est au service d’un tube digestif géant qui absorbe une quantité astronomique de nourriture. Non, non, je n’ai pas absorbé de champignons hallucinogènes, ni définitivement déblogué. C’est juste que tous les 5 mètres, il y a un fast-food ou un pizzéria et dès qu’une boutique est en travaux, vous avez 80% de chance pour que ce soit une nouvelle pizzéria ou un fast-food... A croire que nous autres, algériens, passons notre vie à nous nourrir de sandwichs complets ou de pizzas harissa mayonnaise… Une petite visite au royaume de la junk food algéroise, ça vous dit ? âmes sensibles et estomac délicats s’abstenir….

Complet viande, complet escalope, pizza mayonnaise harissa, tunisien, chawarma frites, cheese ou mega cheese, sandwich kebda ou garanteta, tout algérien qui se respecte connaît ces termes par cœur… Alors petit rappel, le complet c’est le sandwich ou comme son nom l’indique on met des frites, de la viande hachée, du poulet ou de la dinde, du fromage, avec du ketchup de la mayhonnaise ou de la harissa, le cheese c’est le hamburger pain rond fromage avec une feuille de salade et une tomate, et les big, mega, ou top méga indiquent les étages souhaités dans votre sandwich….. Qui dit pizza, dit automatiquement harissa ou mayonnaise, car les algérois adorent, et c’est une nouvelle mode, rajouter copieusement de la mayo ou de la harissa sur leur pizza…. Vous n’êtes pas encore, écoeurés, eh bien on continue, le sandwich chouwa, c’est le traditionnel, on vide les brochettes dans un grand pain avec de la harissa, on y ajoute des frites bien grasses et 15 tonnes de sel, le tunisien, c’est le pain rond maison, dans lequel on met de la salde et du thon, et le sandwich garanteta, celui qu’on trouve aujourd’hui plus rarement, c’est le sandwich baguette avec la garantéta à l’intérieur et 15 tonnes de harissa, voilà, la mise à niveau est faite……Derniers sandwich à la mode, le panini, forza italia, et le chawarma, avec le pain galette et la sauce blanche, made in Turquie, Liban ou Syrie….. Alors, où que vous soyez, tous les 5 mètres environs, vous trouverez un 4 saisons, un mac mahrez, un soustara food, une pizzeria la mamma, et certains fast-food se contentent de 2 mètres carrés pour ouvrir….. Une caisse, un comptoir frigorifique, un grand tableau avec tous les sandwichs

 imaginables et  inimaginables, au dessus du comptoir, une foule dense, un pizzaiolo qui fait danser la pate de pizza au dessus de vous, une odeur de frite grasse et une enseigne multicolore, vous êtes dans l’un des nombreux temples de la junk – food……La quantité de sandwichs et de pizzas débitées est impressionnante, il y a toujours le patron pour hurler «  deux complets viande , une marguerita, un mega to triple cheese frites", des jeunes filles ou des jeunes mecs qui vous disent «  wech ddir fih, mayo, ketchup ouella harissa »… Aux heures de pointe, toujours deux trois bagarres, "ayya estenna khouya marakch ouehdek", la foule de travailleurs, d’étudiants, de parents avec enfants, se presse autour du comptoir un ticket tendu à la main… ça y est c’est votre tour,on vous prend le ticket,  la personne hurle «  coooomplet viannnnde supplément fromage », vous prenez votre cannette de coca, et la longue attente, ponctuée de bousculades commence… Quelques minutes après, vous entendez un «  ammmouuuuuu complet viande ouech etdir fih " , vous voilà avec votre complet, votre canette, et un morceau de papier pour vous essuyer délicatement la bouche et la chemise quand la sauce dégouline… Vous arrivez à trouver une petite place entre deux malabars et une fille en hidjeb qui vous jette un regard noir quand vous la bousculez et c’est bon, vous pouvez avaler votre mauvais cholesterol et votre lot de mauvaises bactéries, miaaaaaammmmm……Et c’est repu, vaguement coupable, en finissant de macher bien bruyamment votre sandwich que vous faufilez vers la sortie à la recherche d’une kahoua pour meurtrir encore plus votre corps à coup de caféine et de nicotine, avec la bonne vieille odeur de graillon qui vous poursuivra tout l’après-midi… Bon appétit !!!!!!

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 28 janvier 2006

Lundi 23 janvier, vous aimez aller au cinéma ? Moi, j’adore et il faut reconnaître que cette semaine, je ne m’en suis pas privé, puisque lundi, mardi, mercredi, jeudi et même vendredi, j’ai pu voir pas moins de 7 films, à ce stade, cela devient de la boulimie cinématographique, mais au vu du programme du festival européen, difficile de ne pas faire autrement…. Prêt à me suivre dans la pénombre des salles de cinéma, alors, suivez le guide, c’est parti……

Direction Riad El Feth, Salle Ibn Zeydoun. Ah, Riad El Feth, son béton, ses esplanades glauques et sans âmes, ses commerces désertés, son ambiance fin du monde, dépressifs s’abstenir…..L’amour du cinéma étant plus fort que tout, je m’engage donc dans le boyau qui permet d’accéder au parking, la longue montée des niveaux, ça y est, je trouve une place niveau 2… L’esaclier étroit et mal entretenu qui mène à l’esplanade, un agent de sécurité en haut des escaliers, le premier niveau avec son agora déserte, un froid glacial, béton oblige, vite la salle de cinéma, on monte les escaliers, niveau 2, toujours aussi glauque, quelques couples perdus et errants, deux trois bandes de jeunes, des boutiques vides, des salons de thé déserts, le bourdon grimpe, comme nous en attaquant l’escalier qui mène au troisième niveau... Ah, un peu de vie, la foule des cinéphiles est là, aux portes du cinéma, quelques connaissances, ce qui frappe, c’est éclectisme du public, jeunes, moins jeunes, intellos à lunettes, femmes élégantes, beaucoup d’étrangers, bref, la faune habituelle est au rendez-vous….. En entrant, direction la caisse, on nous explique que le soir, c’est gratuit, ah cool, bonne nouvelle, ce soir, c’est « sur les chemins de la vie », un film grec de Voulgaris qui est à l’affiche… On entre dans la salle, spacieuse, loin d’afficher complet…. On descend, et c’est à la troisième rangée qu’on s’installe confortablement, LeilaD et moi… Il est 18 h 50, la salle se remplit peu à peu, les gens s’interpellent, se font la bise, cherchent la place idéale, comme nous auparavant, nos voisins commentent les films récemment projetés, Lend of Plenty de Vim Wenders, très bien, la femme de Gilles, certains ont aimé d’autres pas, les courts-métrages, très très bien, il faut voir Joyeux Noel, c’est très bien, bref, les commentaires fusent, des portables sonnent ça et là, et nous, bien engoncés sur notre siège, on feuillette le catalogue des films à l’affiche en mangeant des bonbons, assommés par la musique de Cheb Mami en fond sonore qui tourne en boucle…. Une rumeur, la lumière s’éteint, ça y est ça va commencer, je cherche la position idéale, les chuchotements dans la salle, les chttttt, chtttt, habituels commencent, quelques portables sonnent encore, mais l’image est là, et la magie peut commencer… Le réalisateur annonce la couleur dès le premier plan, un paysage incroyable, un angle de caméra judicieux, un équilibre dans l’image, l’image 35 millimètres au grain inimitable, c’est parti pour 2 heures de bonheur intégral, qui se termine en apothéose, à la manière d’ue tragédie grecque, générique de fin, la lumière s’allume, le public se lève, nous aussi, moi, un peu groggy, sous le charme, un grand moment de cinéma…. A l’extérieur, le public est là, en petit groupe, les gens commentent, d’autres attendent leurs amis encore dans la salle, je félicite l’organisateur du festival, on se retrouve dans le centre, le froid est glacial, merci le béton, le parking, gros embouteillage tout le monde part en même temps, expulsion du boyau, wauw, quel film, quelle soirée, demain, on recommance, même heure, même lieu !

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 28 janvier 2006

Quelle semaine mes amis, quelle semaine… Semaine placée sous le signe du 7ième art, eh oui, je me suis tapé le festival du film européen, et hormis, Exils de tony Gatlif, que je qualifierai de nullité totale, je suis passé de découverte en découverte, de joyaux en joyaux… Belle programmation, belle organisation, bravo, et lahkouba lel hameldjey !

Samedi 21 janvier : bon ben voilà, inutile de vous dire que le réveil fut difficile, que la course au bureau l’a été tout autant, que j’ai bossé comme un malade, hormis lors de l’intermède cours de chant, mes résonateurs vont très bien, merci de vous en inquiéter…. Le soir, Feriel vient boire un coup à la maison, on se tord de rire devant les clips de BEUR TV, on papote et on refait le monde et je couche la carcasse une fois celle-ci – pas la carcasse, mais Feriel – évaporée dans la nuit algéroise. Ma pensée du jour : qu’est-ce que je suis parti faire dans cette galère, vous voyez de quelle galère je parle, non, pas grave, moi je me comprends…..

Dimanche 22 janvier : Nuit de sommeil réparatrice, petit déjeuner réparateur, je répare quelques problèmes professionnels, déjeuner rapide et réparateur, cours de chant réparateur, diner réparateur avec Feriel et Karim, ils veulent prolonger la soirée, je déclare forfait et je cours m’enfermer chez moi pour un isolement réparateur et un dodo réparateur, bravo… Ma pensée du jour : réparer pour mieux se préparer, se préparer pour mieux se réparer, c’est du pareil au même, ou si vous préférez, du même au pareil, vous voyez ce que je veux dire, non, ben moi non plus….

Lundi 23 janvier : direction Riad El feth, où j’étais la veille, pour assister au lancement de la plateforme algérienne de blog, dzblog.com, puis retour au bureau, pour revenir ensuite et encore, à Riad El Feth vers 18 h 30 pour assister au vernissage d’une expo de Zineb Sedira à la galerie Isma…. On enchaîne, Leila D et moi, avec un film grec, une pure merveille, et deux heures  de poésie incroyable, petit diner et hop, retour au lit pour un dodo bien mérité… Ma pensée du jour : blog, expo, cinéma, LeilaD,  rien à dire je suis un être comblé, pour le boulot, par contre, on verra plus tard, enfin, j’me comprends…..

Mardi 24 janvier : « j’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien », eh oui, j’me souviens plus trop de ma journée du mardi, c’est l’âge, vous croyez ? Ce dont je me souviens, c’est de Yasmin, ce film anglais qui annonce les prémisses des attentats de Londres de juillet 2005 …. On termine par un repas libanais dans un restau aux vitres fumées qui cache la magnifique vue sur la baie d’Alger….. Ma pensée du jour : Un festival du film chaque semaine, c’est y pas une bonne idée ? Non, vous ne trouvez pas ? Enfin, moi j’me comprends…..

Mercredi 25 janvier : Au travail, Samir, au travail, je turbine donc toute la journée pour me rendre en fin de journée à la BN au vernissage de l’expo Black et partisans, Après l’embouteillage, les dédales du parking de la BN , je me retrouve dans une salle immense, froid glacial, belle expo, je cours ensuite vers Riadh El Feth, eh oui, encore, pour me faire un film portugais, là encore, magnifique….. Ma pensée du jour : bel édifice que la BN , va falloir que j’y retourne pour l’explorer et vous raconter tout ça, vous comprenez pourquoi ? Non, ok, pas grave, moi j’me comprends……

Jeudi 26 janvier : Petite réunion au bureau, je consulte mes mails, règle quelques petits problèmes, puis je cours récupérer Leila D pour une après-midi et soirée films, cause festival du film Européen, Caché d’Haeneke, pas mal, la femme de Gilles, film belge, génial, Exil de Tony Gatlif, exit, nul de chez nul…. Petit diner au Bearnais, je dépose Leila et rentre gentiment me coucher, les oreilles bourdonnantes à cause du film de Gatlif qui m’a explosé les tympans par sa sa scène, nullissime, de karkabous…. Ma pensée du jour : exit, exil de Tony Gatlif, pas compris, pas de problème, moi j’me comprends….

Vendredi 27 janvier : grasse matinée, petit déjeuner, écriture, l’équation reste la même… Petite innovation, je me ferai, donc, à l’heure où je vous parle,  je me suis fait la clôture du festival avec Joyeux Noel, le dernier film présenté, pas terrible, je file ensuite à la radio, pour vous rejoindre, vous, oui, vous tous qui êtes à l’antenne à écouter mes âneries…. Ma pensée du jour : que serais-je sans vous, que cette arrêtée, au cadran de la montee, que serais-je sans vous, que ce balbutiement, c’est d’Aragon, enfin, j’me comprends…..

Ma pensée de la semaine : la semaine dernière, j’avais décidé de me bouger, c’est aujourd’hui choses faite. : 7 films et deux expos au compteur, qui dit mieux, qui dit mieux, hein ? Je pense que vous m’avez compris, là, non ? Enfin, moi, en tous cas, je vous ai compris…. Musique !

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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