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Samedi 21 janvier 2006

Après la Chine , je vous emmène au Pakistan, oui, oui, au Pakistan, ou peut être en Inde, finalement, car figurez-vous qu’après mon périple extrême oriental à la vogue chinoise, à côté de Djamaa El ketchaoua, je me suis télé porté vers Ben Aknoun, dans un quartier improbable, ou entrer deux barraquates de marchands de légumes, vous vous engouffrez dans une ruelle pour aboutir au temple de la gastronomie indo pakistanaise, le Taj mahal, qui lui, est indien, y a pas de doute … Enfin, vous m’avez compris, quoi… bref, la virée exotique algéroise continue, alors, mettez votre sari et suivez-moi…..

Quartier improbable, je vous disais, oui, on peut dire ça, car le cœur de l’Inde et du Pakistan est planqué au fin fond d’une ruelle de Ben Aknoun, dans un quartier de maisons, mi squatt, mi résidentiel…. Une enseigne, Le Taj Mahal, je l’aurais parié pour un restau paki ou indien, on entre par une baie vitrée, rien de dépaysant, et c’est un maître d’hôtel élégant en costume gris, blond comme les blés et à l’accent bien kabyle qui vous accueille, pour le dépaysement, faudra repasser…. Heureusement, en attendant que la table se libère, vous vous asseyez sur une banquette, en face de l’écran plat qui passe des clips de chansons indiennes, avec des femmes en sari qui courent dans la campagne poursuivis par des bellâtres, tout ça en chantant et en dansant, ambiance Janitou garanti…. Un coup d’œil à la caisse, et là, deux monsieur Pakistanais ou Indiens en costume cravate, musulmans dans tous les cas, car le jus de raisin amer est proscrit, trônent dignement devant la caisse, j’en profite pour parfaire mon anglais avec eux…. Mais voilà, on peut passer dans la salle, tout en long, avec des banquettes très hautes de part et d’autre qui nous isolent des voisins, bizarre et pas pratique pour voir et être vu, on se croirait dans un train de western avec ses bancs en bois, comme dans un compartiment, avec l’odeur de curry et la moquette en plus….. Le serveur se présente, blanc comme un cachet d’aspirine, un kabyle bien de chez nous et distribue la carte, les tikka, les curry, les tandoori, les nan, tout y est, avec tous les noms chantant et évocateurs de la cuisine indienne et c’est au son des tablas qu’on demande des explications au jeune serveur kabyle qui n’a pas l’air de s’y connaître plus que nous…. Il nous propose un assortiment, va pour l’assortiment, accompagné de nan au fromage et d’eau minérale, snif, snif… a côté une famille dévore du riz, et de la viande marinée dans son curry, concentrée sur ses assiettes, pendant que nous , dans notre compartiment, on commente la déco, à la recherche du moindre signe de culture indienne, difficile de trouver, mais bon, pourquoi pas….. En passant au toilettes, au bout de la salle en forme de train, j’entrevois la cuisine ou des indiens sont affairés et parlent très vite et très fort en préparant des plats, c’est bon, ce n’est pas une nana en fouta kabyle qui fait la cuisine, je suis rassuré….. L’assortiment arrive, un grand plat avec des morceaux de poulets rouges, blanc et vert vif, probablement marinés, pour certains dans du curry et d’autres dans une sauce à la menthe. On nous présente aussi une sauce vert clair, la fameuse sauce à la menthe et une autre, très pimentée, qui vous arrache le gosier… Les nan sont présentés dans une corbeille, bien mous, bien chaud, et c’est parti pour la grande bouffe, très bonne au demeurant… A côté, la famille attaque des glaces, pas très indiennes, du créponnet, tandis que le maître d’hôtel blond comme les blés et à la coiffure de GI vient régulièrement nous demander si tout va bien….. Au fond, en me penchant, je peux contempler les jeunes filles sur l’écran toujours entrain de sautiller et de danser en faisant des oeillades aux jeunes premiers, et avec les odeurs, le goût des nan, la sauce pimentée, la magie finit miraculeusement par opérer malgré les compartiments de train de western, le stuc décoratif  importé de la planète Dely Ibrahim. Les papilles sont réellement transportées au fin fond de l’Inde…. On demande l’addition, bien repus, ce n’est pas donné, on retrouve le assas tounoubilet, super poli, on descend la ruelle pour se retrouver brutalement au milieu des barrakettes de légumes, illuminées, l’embouteillage créé par le stationnement sauvage de ceux qui s’arrêtent faire leurs courses, bref de Calcutta à Alger, d’Alger à Islamabad, y qu’un pas mes amis, y a qu’un pas ….Au fait comment on dit musique en Indien ? Ben facile, Moussika !

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 21 janvier 2006

Lundi 16 janvier, comme New York, Paris, Londres ou Montréal, Alger aura bientôt son Chinatown et ça, pour moi, c’est une merveilleuse nouvelle. Je me mets donc, comme beaucoup d’algérois à la sauce chinoise, j’ai par exemple appris deux mots, nécessaires, « Nihaou » pour bonjour et « sissi » pour merci, nihaou, sissi, vous avez bien ces deux mots en tête, alors c’est bon, vous pouvez me suivre dans l’univers de Chinatown à Alger…..

Direction, la place des martyrs pour faire un tour à la vogue chinoise, un grand magasin de fringues chinoises comme il en existe beaucoup à Alger et dans d’autres villes du pays. En entrant, c’est une odeur très forte de plastique qui vous envahit, odeur qui de dégage des blighettes en plastoc vendues sur l’étalage… La boutique est pleine de fringues, des peignoirs chinois en soie multicolore avec des fleurs et des dragons brodés, des tuniques, elles aussi en soie, des robes à manches courtes ou à manches longues, bien ajustées, elles aussi avec ce tissu moiré et brodé de fleurs…. Dans un bac, des petits sacs dans le même tissu, et sur le côté, des espèces de parchemins en  paille représentant un personnage chinois à longue cape, à côté, des blighates en tissu, et des multitudes de nappes et de napperons blancs sur lesquelles les clientes se jettent comme des mouches attirées par le miel…. A la caisse, une jeune chinoise, élancée, les cheveux en queue de cheval, jean et bottes en fourrure est sagement assise et dodeline de la tête en écoutant une chanteuse chinoise qui s’époumone gentiment dans les hauts parleurs…. Un jeune homme, chinois, cheveux teints à la mode, négocie avec deux clientes… Je me rapproche et j’entends les femmes lui dire « chel hada », le chinois réponds en français « 1500 », les femmes disent a »ouah ghali », lui sourit et dit, toujours en français, « non, pas cher »,bref, tout ce beau monde, miraculeusement a l’air de se comprendre… Je me rapproche vers un autre monsieur, debout à côté des pendants de manteaux, et lui demande s’il a des Shanghai, je lui répète Shanghai, et là, , il me tend la main en direction de l’autre salle du magasin, ah oui, j’y suis, il y a des Shanghai, blancs, noirs, bleus, certains unis et d’autres avec une écriture chinoise rouge. Une jeune fille, algérienne, elle, portant le hidjeb, me demande ce que je veux, puis elle m’explique qu’il n’y a pas ma taille… Je lui demande par curiosité si elle parle chinois, elle sourit, elle me dit que non, mais que deux vendeurs chinois parlent elarabyia lfoussha, et les autres ? Elle me dit, on se comprend, soit par des mots, en français, soit par des gestes….. Je ressors donc bredouille du magasin, la vogue chinoise, non sans avoir dit, sissi, ce qui a fait sourire la jolie vendeuse chinoise….. Je décide d’aller faire un tour au marché de la rue Bab Azzoun en espérant trouver d’autres Shanghai et je tombe en plein marché, sur un étal tenu également par deux chinois, mais fausse alerte, il n’y a que des nappes et des napperons, pas de Shanghai… Je leur demande, « nheb nechri Shanghai », ils me m’indiquent une boutique dans la rue en souriant et en hochant la tête, je suis la direction indiquée et effectivement au milieu d’un vendeur d’épice, juste en face d’une mercerie et d’un grossiste de produits ménagers, je tombe sur une autre boutique, plus petite et encombrée de peignoirs et de kimonos en soie, je m’engouffre, là encore, même système, une vendeuse chinoise, deux autres vendeurs dans le magasin, mais je retrouve exactement les mêmes produits… je dis « Andek Shangai », et la jeune fille algérienne me dit « keyen ghir les p’tites tailles », bon allez, sissi, sissi, pas grave… Bref, tout ceci m’a donné faim et heureusement que le matin, lorsque j’étais sur la planète delyibrahim je suis allé dans une supérette où j’ai acheté, des nouilles chinoises, des champignons noirs, quelques galettes de riz et de la sauce au soja, et au marché Messonnier, Li, la chinoise, associée à un jeune algérien en casquette et en survêtement, m’a vendu quelques oranges. Rien à dire, Alger à l’heure chinoise, c’est bien sympathique, alors sissi, les mecs, sissi… Au fait comment on dit en chinois, « pitié, ouvrez des restaurants j’adore la cuisine chinoise ? », vous ne savez pas ? Ben moi non plus ? …. Et en chinois, comment on dit « musique « ? Eh ben, musique !

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 21 janvier 2006

Dimanche 15 janvier. S’’il y a des lieux que j’adore, dans lesquels je me sens bien, où je peux passer plusieurs heures sans m’ennuyer, ce sont bien les librairies. Eh oui, je pense que j’ai raté ma vocation car j’aurais été ravi d’être libraire. Vivre au milieu des livres, rencontrer les lecteurs, choisir les titres appropriés, oui, oui, oui, je prends tout de suite. Bien évidemment, je ne rate aucune occasion de traîner dans les librairies d’Alger, et comme tout le monde, j’ai mes préférées. Ça vous dit, une petite tournée dans les librairies, alors, ok, suivez-moi…..

Mais au fait, c’est quoi une bonne librairie ? Eh bien une bonne librairie, c’est une librairie où l’on sent tout de suite que le maître des lieux est un passionné de livres… Certaines librairies d’Alger sont lugubres, avec une personne à la caisse, indifférente, parfois désagréable, des étalages qu’on n’a pas envie de consulter, un bric à brac de livres qui cohabitent avec des objets en tout genre, bref, typiquement le genre d’endroit qu’il faut absolument éviter…. Par contre, je commencerai par celle qui vient de renaître, tout récemment, à Alger, la mythique librairie des beaux-arts…. Cette librairie, petite, dispose d’une mezzanine, et d’une cave, qui sera bientôt aménagée… Les livres sont nombreux, il courent sur tous les murs de la petite surface, le maître des lieux est souriant, toujours disponible, ainsi que ses collaboratrices, toujours là pour vous orienter ou vous conseiller…. Bien souvent, les clients entrent, et après avoir fait le tour des étagères, tapent la causette avec le patron, refont le monde ou parlent de tel ou tel ouvrage qui vient de sortir….. Il y aussi la  petite dernière, que ses propriétaires, un charmant couple de quadra viennent d’ouvrir dans le quartier de Debussy, et qu’ils ont baptisé espace Noun… La petite dernière est charmante avec ses étalages de bois clair, ses livres de poésie qu’on ne trouve nulle par ailleurs, et à l’étage, la petite salle avec le parquet en bois brun bien patiné et ciré qui craque agréablement sous le poids des ans, la porte fenêtre d’où on peut contempler la rue, assis sur une chaise en bois, bien confortablement, pour bouquiner ou feuilleter un beau livre… là encore, on assiste au va et vient des clients, souvent des amis ou des connaissances du couple, des habitants du quartier venus féliciter les nouveaux libraires, le tout dans une ambiance détendue et bon enfant….Puis il y a la librairie chic, celle de la planète Val d’Hydra, tenue par un vénérable libraire, grande, claire, avec son parquet neuf, ses étalages de nouveautés, son rayon beau livres particulièrement bien achalandés…. Amateurs de nouveautés, de livres d’art, si votre portefeuille est bien chargé, c’est la librairie où il faut aller pour dénicher le dernier roman à la mode…. Il y a aussi les deux doyennes de la rue Didouche Mourad, la librairie El Ghazali et la librairie Ibn Khaldoun, qui se maintiennent, tant bien que mal mais qui n’ont malheureusement pas le charme et l’ambiance inimitable des deux autres petites librairies… Il y celle qui vient de fermer temporairement ses portes, la librairie du tiers monde, mythique, sur la place de l’Emir Abdelkader et dont on attend non sans angoisse ce qu’en feront les futurs gérants….A côté de cela, les hangars de livres foisonnent dans Alger, pas vraiment des librairies, mais plutôt des commerces de livres à prix coûtant, de romans d’occasion, ou de livres de vie pratique à des prix défiant toute concurrence, pas mal d’ouvrages universitaires aussi… Si une crise mystique vous prend tout à coup, c’est dans les nombreuses librairies religieuses qu’il faudra vous rendre pour acheter le dernier taffsir du Coran, une cassette religieuse, un ouvrage scientifique en langue arabe ou des livres de cuisine dans la langue de Molière, vous pouvez vous payer au passage un flacon de musc et un peu de khôl pour boucler votre shopping… Mais les librairies glauques et sans âmes, il y en a aussi beaucoup, je pense à celle de l’ENAG au centre ville, pourtant vaste et bien conçue, mais d’une tristesse à vous coller une dépression pendant un mois, celles où le vendeur serait plus à l’aise au marché à fourguer des pommes de terre, et là, autant sortir du lieu aussi vite qu’on y est entré….Bref, choisissez la petite, avec une jolie vitrine, noire de monde, avec une jolie musique de fond, et là, les amis, vous ne serez pas déçus dans l’univers des amis du livre…. Musique !

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 21 janvier 2006

Semaine en demi-teinte… Mi studieuse, mi glandeuse. Alger est sous le soleil, mais le moral est en demi-teinte, comme ça, sans raison, juste un peu de grisaille dans le cœur et le cerveau. Semaine sage, sans beaucoup d’intérêt, sans beaucoup d’émotions, grise comme le temps de ce vendredi où je vous écris…..

Samedi 14 janvier : journée entièrement dédiée au boulot, mis à part l’intermède d’une heure que je consacre désormais à mon cours de chant…. Le prof me fait hurler, mon corps vibre de toute part, ma voix emplit la salle, cela s’appelle, techniquement, travailler les résonateurs… J’enchaîne avec une réunion et je ne quitte le bureau que vers 22 heures, direction le Normand, pour finir le boulot devant les bons petits plats mijotés par Farid, le maître des lieux…. Ma pensée du jour : miam miam, ou si vous préférez, coté résonateurs,« mia mia miaaaaaa mima mia miam mia mia mia… »

Dimanche 15 janvier : Matinée studieuse après réveil aux aurores, je n’ai pas le temps de déjeuner car j’enchaîne avec deux amis de passage en Algérie. Petite tournée des librairies algéroises avec eux, ils achètent quelques livres, je les quitte pour rejoindre la chorale et m’époumoner de bonheur pendant deux heures, comme tous les dimanches…. Ma pensée du jour : lire, lire, lire lire, lire lire lire lire lire lire lire … excusez moi, mais j’en profite pour travailler mes résonateurs…..

Lundi 16 janvier : J’ai rendez-vous sur la planète Dely Ibrahim, je prends l’Enterprise, et comme le capitaine Kirk, je slalome dans l’embouteillage d’astéroïdes pour arriver, à l’heure, à bon port… Je gare l’Enterprise et je grimpe sur le vaisseau spatial aux vitres fumées de mon client. Deux heures après, je reprends l’Enterprise et j’enchaine par un déjeuner de boulot, puis retour au bureau, je reviens sur terre…. Ma pensée du jour : faut que je demande au prof de chant de nous faire chanter le générique de Star Treck à la chorale, bonne idée, non ?

Mardi 17 janvier : Réveil aux aurores avec une mauvaise nouvelle pour démarrer la journée… Une amie vient de perdre son père, dans la nuit.. Après une matinée passer à bosser à la maison, je récupère Fériel et on rejoint la famille du défunt . On remonte le moral des amis comme on peut, puis pour moi, direction le cimetière de Garidi pour l’enterrement, moment très émouvant….Ma pensée du jour : ellah irrehmek y a lhedj repose en paix et sois heureux, tout là haut, dans le ciel…..

Mercredi 18 janvier : Retour sur la planète Dély Brahim, toujours avec l’Enterprise, toujours à slalomer dans les embouteillages d’astéroïdes, puis encore une fois, j’enchaine avec un déjeuner client, puis retour sur terre, j’enchaîne les rendez-vous au bureau… Le soir, je suis à l’abonné absent, exténué, je ronfle consciencieusement devant des racines et des ailes… Ma pensée du jour : « If you wanna be free, Hello spaceboy », ça c’est du Bowie, version lyrique….

Jeudi 19 janvier : je fais bureau à la maison, puis je fais courses à la supérette, puis déjeuner avec Zineb, miss psy déjantée, puis courses encore, je dîne, une fois n’est pas coutume chez la maman et je m’endors bercé par la prose de Nina Bouraoui, et de ses mauvaises pensées …. Ma pensée du jour : je suis vert de jalousie, Nina Bouraoui écrit merveilleusement bien…. Ça, Samir, c’est une mauvaise pensée……

Vendredi 20 janvier : gris, gris, gris, le ciel, gris, gris, gris, le moral, grise, grise, grise, l’inspiration, je tourne comme un lion en cage, entre Dallas, la croisière s’amuse et mon ordinateur, à chercher les mots que je partagerai avec vous ce soir, pas évident, après une telle semaine, particulièrement sans intérêt…. Ma pensée du jour : gris, gris, gris, gris, gris, gris, gris, gris, gris, gris…. Encore les résonateurs à travailler, excusez moi….

Ma pensée de la semaine : fo’t bouger, mec, fo’t bouger… Des semaines comme ça, fadasses au possible, fo éviter mec, fo éviter…..Déjà que ton quotidien n’est pas bien intéressant, si en plus tu nous fait des semaines comme ça, tu vas pas aller bien loin, mec, non, y a rien à dire, mec, t’es borderline, oui, borderline, c’est ça borderline, ok, alors écoutez…..

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 14 janvier 2006

L’aid el kebir, fête familiale par excellence… manque de pot pour moi, cette année, j’ai passé l’aid au lit, souffrant, bref, ce n’était pas le top du tout. Du coup, je me suis mis à rêvasser et à faire un flash-back sur l’aid el Kebir de mon enfance… alors, remontons le temps, j’ai 8-10 ans, je suis écolier, et nous sommes la veille de l’aid el Kebir. Comme tous les ans, le rituel de cette fête c’est d’aller en famille passer l’aid elkebir dans la ferme de mes grands parents paternels, au pied des montagnes de kabylie, à 70 km d’Alger….. Grimpez dans la machine à remonter le temps, nous sommes dans les années 70, serrez-vous dans la voiture, on y va…..

Veille de l’aid el Kebir, c’est l’excitation… Première étape embarquer dans la grande voiture familiale, le papa au volant, la maman à côté, les enfants serrés derrière, la nounou qu’on emmène elle aussi chez ses parents en kabylie, la malle est chargée de valises et des cadeaux de la nounou pour sa famille… Direction la route de Tizi, Thenia, les Issers puis on grimpe dans la montagne pour déposer la nounou dans son village… ça y est on y est, la maison de pierre traditionnelle, le village pentu, le papa et le frère de baya la nounou sont là pour nous accueillir, on s’embrasse, on laisse Baya et on redescend pour rejoindre la ferme familiale…. On y est, la petite bourgade, aujourd’hui devenue ville, direction la rue du stade, on y est, devant la grande maison… Le papa klaxonne devant le portail, on attend quelques minutes, ça y est on nous ouvre et on pénètre dans la grande cour où sont garées les voitures de mes autres oncles arrivés avant nous, d’autres ne sont pas encore là, et le ballet de l’ouverture du portail continuera toute la soirée…. On descend de la voiture, on décharge, mon grand-père est là, avec sa djellaba blanche, impeccable et son tarbouche de hadji, il me prend dans ses bras il m’embrasse et me sert en me disant ellah ibarek, il me file une pièce avec laquelle je pourrai m’acheter des bonbons, mon père l’embrasse sur le front, ainsi que ma mère, et on entre dans le houch, mon terrain de jeu préféré….. C’est une immense cour abritée par la vigne, tellement ancienne que les racines nous servent d’arbre où on grimpe et on saute sous le regard inquiet des mamans…. Mitoyen au houche, le grand préau où toute la famille s’installe pour déjeuner, diner et papoter les après-midi… Je retrouve mes cousins et cousines, ce soir il y aura une répartition des lits en fonction du sexe et de l’âge selon un rituel bien huilé…. Je m dirige vers magrand mère, confortablement installée en tailleur sur un matelas dans le préau, elle m’embrasse, et elle aussi me file une petite pièce et quelques bonbons… les tantes sont toutes assises autour de la grand-mère ainsi que les grandes cousines et un vieux tourne disque passe des 45 tours… Quand aux tontons et aux grands cousins, ils sont dans un salon, de l’autre côté de la maison, assis à discuter et à regarder la télé…. Moi, enfant, je rejoins mes cousins et cousines et nous jouons à cache cache en attendant que l’un denos grands cousins nous emmène à pied au centre ville, qu’on appelle elbilège –le village – pour acheter des nebboulètes, du coucoumèni, et des petits jouets avec notre cagnotte de l’aid….La nuit, dans nos lits, on chahute, on se dispute et on tombe tous de sommeil, jusqu’au lendemain… Petit déjeuner dans le houch, on va ensuite au jardin, si grand, si mystérieux pour un enfant de 8 ans regarder les kbechs égorgés se faire nettoyer et dépecer par les hommes spécialemen,t venus pour l’occasion…. Les femmes brulent le bouzzellouf dans les Kanouns pendant que d’autres fabriquent des osbanes en préparant la farce et en les cousantavec un gros fil et une aiguille sous le regard fasciné des enfants…. Pendant ce temps, nous, les enfants, on joue dans le houche, on explore le jardin, on entre dans le poulailler chercher des œufs qu’on ramène fièrement dans la cuisine… Les cousines adolescentes s’enferment dans une chambre pour écouter Myke Brant ou Michel fugain, tandis que la grand-mère trône dignement sur son matelas en donnant des ordres à une nuée de jeunes filles attentionnées… De temps en temps, elle m’appelle, me fait un bisou et me demande aussi vite d’aller jouer…. Deux jours de jeux, de tendresse, jusqu’au jour, où en pleine crise d’adolescence, on dit que ça ne nous intéresse plus, qu’aller passer deux jours chez les grands parents c’est la corvée, et le jour où les parents acceptent notre requête, on comprend, que l’enfance, c’est désormais terminé…. Reposez en paix, tous, où que vous soyez, je vous embrasse tendrement en cette semaine de aid el Kebir, et je pense à vous, à tous ces moments de bonheur à jamais enfouis dans mon cœur….. je vous aime…….

 

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 14 janvier 2006

Dimanche 8 janvier…. Je crois que j’ai raté ma vocation, les amis, j’aurais dû être guide gastronomique, mais il faut reconnaître que je ne suis pas très objectif car j’ai un petit faible pour ces petits restaus mythiques de centre ville, comme en comptent toutes les villes en Algérie… Charme désuet, cuisine simple, décoration hors du temps, ambiance inimitable, ces lieux sont autant de repères où j’ai mes habitudes, et où je passe régulièrement de merveilleux moments… L’une de mes cantines préférées s’appelle le Caracoya, l’un des rares restaurants du centre ville d’Alger où l’on peut manger à n’importe quelle heure, mais surtout, où l’on peut s’installer à l’extérieur…. Ça vous dit d’aller caracoyer un coup avec moi, eh bien, suivez-moi……

Le Caracoya, situé en plein centre ville, est indiqué par une toute petite enseigne. La grande porte du restaurant est close, il faut sonner, et c’est le maître d’hôtel, qui vous ouvre, avec un grand sourire… Une petite antichambre, avec un comptoir sur la droite pour déposer ses affaires, et sur la gauche un mur de bois avec de vieilles photos en noir et blanc de certains de nos artistes Seloua jeune, Hilmi, etc…Les murs sont en bois foncé, la carrelage gris noir, et les tentures sont rouges, la salle est d’ailleurs séparée par une tenture rouge, on ouvre la tenture, et là, on accède à une grande salle confortable, avec une cheminée au fond, toujours allumée en hivers où un bon feu de bois crépite… les tables sont grandes, et les fauteuils en skay rouge sont confortables, merveilleusement assortis au murs de bois foncé…. Sur la gauche de la salle, une immense baie vitrée, avec de lourds rideaux, donne sur la cour extérieure, vide en hiver, pleine en été, où les jours de soleil…. On y accède par le fond de la salle, et dès l’extérieur, en haut de l’escalier, un gros berger allemand vous accueille en aboyant, génial, non….. Le restaurant est en fait situé dans une ancienne école primaire, d’où la cour et le préau…. La cour est protégée des immeuble alentours par des canisses qqui forment un toit de fortune et sous les canisses, au dessus de chaque table, des ventilateurs, qui peuvent être actionnés en été, à la demande du client…. Etant donné qu’il fait un froid de canard, on décide de s’installer confortablement à l’intérieur, bien engoncé dans nos fauteuils et pas trop loin de la cheminée… la tablée est complète, nous sommes 5, le restau n’est pas trop bondé mais la plupart des tables sont occupées, par des habitués du lieu, généralement, et dont je fais partie, d’ailleurs…. On commande, le serveur nous présente de la lotte bien fraiche sur un plateau, on n’est pas intéressés, on décide de faire dans le trip carnivore, rognons grillés pour moi, filet et entrecôte pour les autres, accompagnés de légumes et de pommes frites, et jus de raisin de rigueur….Le serveur papote quelques minutes avac nous, il nous montre des photos de lui dans son village de kabylie, avec ses amis, fusil en main, car c’est un amateur de chasse, il n’en finit pas de nous parler des montagnes, j’en profite pour lui parler de notre périple à Yakouren ou la montagne est pleine de détritus, lui nous assure, que dans son coin, vers Maatkas, la montagne est propre et au vu des paysages qu’il nous montre, je n’ai qu’une seule envie c’est de me faire inviter... Bien évidemment, il me le propose, alors rendez-vous est pris avec lui et ses amis….Derrière nous, à une table, on reconnaît l’écrivain Rachid Boudjedra, une copine joue aux groupies, et elle y joue tellement bien, que lui et son copain décident de se joindre à nous et c’est reparti pour un papotage général, on cause, on discute, on se dispute, tout y passe, le conflit israélo-palestinien, les relations entre les pays du Maghreb, la mort de Sharon, les restaurants d’Alger, le Caracoya se vide de ses clients, et nous, on continue, on continue, on continue, à causer, causer, causer… On termine par des flans au caramel et des tartes au fraise maison, délicieuse, les serveurs commencent à éteindre les lumières, on vient juste de se rendre compte qu’il est une heure du matin et que le restaurant est désert… On paie l’addition, on se dirige vers le comptoir pour récupérer nos manteaux, mon serveur copain chasseur futur hôte nous salue, ainsi que la maître d’hotel qui nous ouvre la lourde porte, et nous voilà à l’extérieur…. La rue Didouche Mourad est déserte, une femme et son enfant ont disposé des cartons pour dormir, vision d’apocalyspse, encore un autre clochard, roulé en boule, un autre groupe de SDF ont fabriqué comme une maison avec des cartons, à même la rue, et ils s’entassent avec des couvertures, sentiment de révolte, d’impuissance, on distribue quelques pièces, l’air est doux, Alger est là, offerte à nous, avec la chaleur de son petit restaurant hors du temps, avec la dureté  de ses SDF abandonnés dans la rue dans l’indifférence générale, une Alger aimable, une Alger haissable, ce soir, moi, repus, je dormirai bien au chaud, dans mon lit, avec ma culpabilité à mes côtés, hanté par ces maisons de cartons à même le sol, à quelques mètres de chez moi…..

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 14 janvier 2006

Samedi 7 janvier, Alger est sous la grisaille, maussade, boudeuse, elle fait sa mauvaise tête. La rue est grouillante, comme à l’accoutumée, et les algérois vaquent à leurs occupations. Sosso, Lotifi et moi, bien chaussés, bien couvert, avons décidé d’aller faire un tour du côté de la kasbah d’Alger, histoire de voir où en sont les rénovations , histoire également de nous perdre dans les ruelles de la vieille ville, au charme inimitable… Alors, si vous n’avez rien d’autre à faire, suivez-nous dans notre périple, direction la Kasbah …..

Alger la grouillante est au rendez-vous, concert de klaxons, la foule est dense, direction la grande poste, don’t le blanc laiteux se dégage plus encore dans le ciel gris, la rue larbi ben m’hidi, petit arrêt devant les marchands de cartes postales anciennes, Sosso en achète quelques unes, la place de l’émir abdelkader, les anciennes galeries algériennes, dont on attend toujours ce qu’elle deviendront, des boutiques pour les jeunes de l3ANSEJ ou un musée d’art contemporain, les spéculations vont bon train, on descend vers le suare port said, petit arrêt chez tantonville pour un petit café, le TNA est là, et pincement au cœur, des tracks dégagent les gravats du petit hotel de la place récement effondré, je vous en ai déjà parlé…. On prend par l’arrière de la rue bab Azzoun, la rue est étroite, la foule est dense aux abords du marché couvert, vendeurs à l’étalage, petites échoppes, on slalome entre les étals de marhandises,  en mangeant des caprices, les bonbons de notre enfance….. On bifurque par l’une des ruelles, plus bondée que jamais, entre les marchands d’emballages cadeaux,et de produits divers pour les hress, genre rubans de tulle, tbek pour trousseaux, dragées et petits sacs de tulle…. On est en pleine place des martyrs, on remonte la rue, Djemaa el ketchaoua se dégage, majestueux, presque anachronique avec sa pierre brute, à la couleur jaune, au milieu du blanc des maisons arabes, récemment repeintes à la chaux et qui éclate dans la lumière grise…. En face de jemaa, Ketchaoua, Dar Aziza propose son blanc, le vert de ses ferts forgés et sa lourde porte scluptée. On demande au gardien si on peut entrer, l accepte volontiers, petite skifa, puis un eptit escalier et le grand patio est là, avec ses collones, ses magnifiques faiences, sa galerie en étage, le tout est magnifiquement conservé. Pour ne pas gêner les personnes qui travaillent, car Dar Aziza abrite des annexes du minstère de la culture, on ne traine pas trop et on se dirige juste en face, vers Dar hassan pacha, mitoyenne à la mosquée El Ketchaoua… la demeure est en cours de restauration et les jeunes ouvriers acceptent de nous laisser entrer . C’est une bienne étrange maison, on entre dans une skifa rectangulaire, décorée d’Azuleros, ces faiences bleues typiques du Portugal, un immense escalier sur la droite, qui mène à une antichambre décorée d’un stuc extrêment fin, et toujours d’Azuleros représentant des goellettes, ces grands bateaux à voile, encore un escalier et ce n’est que là qu’on accède au patio, immense, à ciel ouvert, qui ouvre sur des galerie qui mène à l’arrière de la maison… Cette architecture est inhabituelle, et ce n’est qu’en accédant au patio que l’on devine l’immensité du palais, construit sur plusieurs étages…. On remercie les jeunes gens devant la porte et on continue notre ballade pour rejoindre cette fois ci, Dar Mustapha Pacha, récemment rénovée… Là encore, le gardien a la gentillesse de nous laisser entrer, une immense skifa avec un banc en U, puis un escalier et on accède au patio, tout est nickel, parfaitement restauré, avec la galerie à l’étage, les colonnes qui soutiennent la galerie… la faience est neuve et restaurée à l’identique. Le gardien nous fait accéder à l’étage, il nous montre la cuisine à laquelle on accède par un dédale de couloir, puis le hammam, décoré agelemnt d’azuleros portugais, il nous fait également visiter quelques pièces, en T, comme il se doit, avec les deux maksouras de part et d’autre. La restauration est parfaitement réussie…. Là encore, on se confond en remerciement et on remonte l’une des ruelles, avec ses maisons entièrement repeintes, pour aller faire un tour à Dar Khedaoudj el amia, actuellement reconvertie en musée, la restauration est beaucoup moins bien réussie, avec notamment un revêtement de sol totalement anachronique, dommage…. Mais on arrête là notre visite, et c’est l’estomac sur les talons qu’on décide de redescendre vers la place des martyrs. On s’arrête à un chouay situé sur la place et au milei des mamans accompagnées de leurs enfants, de kheddemins pressés, on dévore des brochettes de lehemm et de kebda copieusement arrosées de hamoud blanche et de sélecto… Un petit café chez Tantonville et c’est par le boulevard front de mer, d’où l’on voit la baie qui continue de bouder dans la grisaille, qu’on termine notre petite ballade, le temps passe vite, il est déjà 17 h 00…. Musique !

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 14 janvier 2006

On est bien en 2006, et je vais vous faire une confidence, eh bien, au quotidien il n’y a aucune différence entre 2005 et 2006. Bref, on est bien avancé, mes amis, bien avancé…. Semaine âranthèse pour moi, car entre mes invités, les fameux Sosso et Lotfi, que j’ai continué à ballader et le pont de l’Aid, on ne peut pas dire que la semaine a été très productive... Et pour courronner le tout, je me suis tapé la gastro entérite du siècle…. Bref, pas reluisant, le début 2006…. Laakouba lel 2007….

Samedi 7 janvier : le trio se réveille tant bien que mal… je file au bureau alors que Sosso et Lotfi dorment encore…. Rendez-vous éclair avec un client, le matin, puis je rejoins Sosso et Lotfi pour une visite guidée à la Kasbah … La basse Kasbah est en cours de rénovation et ça, c’est la bonne nouvelle du jour, on déjeune chez un chouay de la place des martyr, on longe le front de mer et on reprend la voiture, direction la galerie arts en liberté pour boire un thé chez ma copine galeriste… Ma pensée du jour : voir la kasbah et mourir, joli programme pour 2006…..

Dimanche 8 janvier : je considère que je suis encore en vacances, donc je prends le temps de me réveiller, résultat des courses, je traîne la matinée à la maison, puis je cours rejoindre ma copine galeriste pour un déjeuner qui me permettra de récupérer le cartable oublié la veille à la galerie, où ai-je la tête…. L’après-midi, rendez-vous professionnel sur la planète ouled –Fayet qui ressemble étrangement à la planète Dely-brahim, puis je cours à la chorale pour chanter à tue tête, Dio de cielo signore delle ciiiiime... Diner improbable, incroyable, irréel au Caracoya, Boudjedra himself se joint à nous pour refaire le monde… ma pensée du jour : Diner au Caracoya, et mourir, joli programme pour 2006…..

Lundi 9 janvier : dernier jour pour Sosso et Lotfi, ils se lancent dans une fièvre consumériste, déjeuner avec deux copains, puis on file à l’aéroport, la semaine de vacances s’achève… Après une semaine de triolisme amical, je n’ai qu’une seule envie, rentrer chez moi, me retrouver seul, dans mon île, dans mon cocon, loin de tous, loin de tout, je ronfle devant la télé, bercé par le débat sur les années Miterrand, et le bip bip des SMS de saha aidek qui pleuvent sur mon téléphone…. Ma pensée du jour : Passer une semaine avec ses amis et mourir, joli programme pour 2006……

Mardi 10 janvier : réveil difficile, j’ai la bouche pâteuse, j’ai mal au ventre, j’ai de la fièvre, sahha aidkoum… C’est au radar que je réveille, au son des bip bip, j’appelle la maman, saha aidek, oui, je serai là pour le déjeuner et c’est malade que je débarque, l’odeur de la viande de mouton n’arrange pas les choses, je grignote du bout de ma fourchette, je n’ai qu’une envie, rentrer et m’allonger…. Oups, je ne me sens pas bien du tout, je passe mon aid au lit…. Ma pensée du jour : se taper une gastro le jour de l’aid et mourir, joli programme pour 2006…..

Mercredi 11 janvier : le constat est clair ; je suis toujours malade, donc, hors de question de mettre le nez dehors…. Je lis, je zappe à la télé, je dors, bref, je fais le tas consciencieusement, entre fièvre et douleurs abdominales…. Je me force à aller déjeuner chez ma mère, sans grande conviction, mais le couscous est délicieux… L’après midi, même programme, dodo et lecture, je ne répond pas au téléphone qui n’en finit pas de sonner, je me tape la biographie de Barbara, quelle vie, mes amis, quelle vie…. Ma pensée du jour : lire la bio de Barbara avec le mal de vivre, pardon le mal de ventre et mourir, joli programme pour 2006….

Jeudi 12 janvier : bonne nouvelle au réveil, c’est pas le pérou, mais je vais mieux…. Je me risque même à aller faire un tour dehors, je rejoins Zineb, ma pote psy déjantée, perdue au Brussels, dans un brouillard de fumée de cigarettes, de décibels de mauvaise musique, au mileu d’un océan de papiches…. Je suis un peu hébété, on parle d’Edward Said et de Enriquez, de nos petits soucis respectifs, je fais quelques courses pour ravitailler mon bunker, et je cours m’enfermer chez moipour feuilleter l’Algérie vu du Ciel, de Yann Arthus Bertrand, en pestant contre mon immobilisme…. Ma pensée du jour : Voir l’Algérie du Ciel et mourir, joli programme pour 2006…..

Vendredi 13 janvier : Vendredi 13… Selon les uns, tout peut s’écrouler, selon les autres, le nirvana est là… Pour moi, c’est bien entendu le nirvana qui m’attend car je suis avec vous à l’antenne, oui, juste vous et moi, en tête à tête, vous dans votre lit, bien au chaud, ou au volant, à observer les lumières de la nuit, et moi, qui vous sussure des choses insensées à l’oreille, gentiment, tendrement, laissez-vous bercer, laisser vous aller, voilà, c’est ça… Ma pensée du jour : passer une heure avec vous au micro et mourir…. Joli programme pour 2006.

Ma pensée de la semaine : Penser c’est mourir un peu… Mourir à trop penser…. Mourir sans penser, penser sans mourir, penser et mourir, penser et courir, pour ne pas croupir…. Oui, penser et courir, sans regarder derrière, ni regarder devant, juste courir et vivre le présent, joli programme pour 2006, non ? Allez, Karim, fais chauffer les platines, musiiiiiique !......

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 7 janvier 2006

Jeudi 5 janvier 2006. C’est finalement très bien de recevoir des amis, car cela vous oblige à retourner dans des lieux où vous vous promettez toujours d’aller, mais où vous n’allez jamais car vous n’avez jamais le temps d‘y aller. C’est ainsi que j’ai proposé à Sosso et Lotfi d’embarquer avec ma Leila D préférée  pour un grand tour en kabylie… Après moult hésitations, j’ai proposé d’aller faire un tour à Yakouren puis de redescendre la montagne pour rejoindre Bejaia, que je n’ai pas vu depuis longtemps... On quitte donc Alger vers 8 h 00 du matin pour gravir ce bon vieux Djurdjura… Vous êtes bien couverts ? Bien installés ? alors, accrochez-vous, on y va……

Destination Tizi, chouette une autoroute contourne désormais la ville, on évite ainsi les embouteillages du centre ville, puis direction Azazga, honnêtement rien d’intéressant, de la route, des pompes à essence, encore de la route et là, ça commence à grimper, direction Yakouren, la montagne est magnifique mais à ma grande horreur, je constate que tous les flancs, le bord des routes, est jonché de détritus en tout genre, il y en a partout et ça n’en finit pas, jusqu’à yakouren…. On arrive au village, la circulation est dense, on décide de ne pas s’arrêter, dégoûtés par le spectacle de la montagne couverte d’ordures et on quitte Yakouren… ça continue à monter, et le spectacle magnifique des cimes enneigées contraste avec les ordures du bord de route, la montagne blessée par les tailleurs de pierre qui la pillent sans vergogne, avec tous les risques d’avalanche que ce pillage provoque, un vrai massacre, une vision d’apocalypse, je suis révolté…..10 kilomètres plus loin, les choses se calment, les ordures ont disparu, et c’est dans un environnement préservé qu’on profite du magnifique paysage de montagnes qui s’étendent à perte de vue, arrivée à Adekkar, puis la longue ligne droite qui mène à Bejaia, ça y est nous y sommes… On longe les nouveaux quartiers qui ont enflé autour de Bejaia direction le centre ville, ça y est ça grimpe, les petites ruelles, on trouve une place de stationnement, ouf, on peut descendre pour se dégourdir les jambes…. La magie opère tout de suite, on descend les petites ruelles à pic et au détour de l’une d’elle, la majestueuse place du 1er Novembre, que les habitants appellent la place Guédon, et son panorama à couper le souffle, wouaaaaa…. Le golfe de bejaia, en face de nous, les cimes enneigées des montages, la mer aux camaïeux de bleus, les bateaux assoupis dans le golfe, la ville qui dégringole vers le port, le port de pêche, c’est époustouflant, presque irréel…. Je me retourne, et je contemple les jolies façades d’immeubles peintes en bleu ciel et blan, l’hotel de l’étoile sur la place, puis on décide de se rendre au café richelieu, mitoyen à l’hotel, avec sa terrasse couverte d’où on peut continuer à contempler l’incroyable vue du Golfe de Bejaia, mes amis, c’est extraordinaire…. Mais il ; faut bien se nourrir, on reprend les ruelles qui descendent à pic pour rejoindre les Palmiers, un restaurant situé au niveau du port de pêche, avec une jolie vue sur la mer, au menu, rougets grillés, espadon et crevettes, un vrai délice, et c’est repus que l’on se perd dans l’entrelacs de ruelles du centre ville, un vent de quiétude siffle sur la ville, cette ville est si belle…. Les remparts témoins du passé hammadite de la ville, la mosquée avec sa jolie place abritée par les arbres, le fort converti en musée et yemma Gouraya, tout en haut, qui veille sur la ville….. d’escaliers en escaliers, on passe de découverte en découvertes, bercés par la magie qui se dégage de la ville et de ses habitants, si calmes, si souriants, et c’est avec beaucoup de regret que nous reprenons la voiture après un dernier regard sur le golfe et les montagnes enneigées… Direction Alger, en longeant la côte, Boulimat, Saket, Thais, Azeffoun, la côte est merveilleuse, le soleil rouge meurt sur la mer, et les falaises se dessinent dans les dernières lueurs du jour…..Bejaia, Bougie, Bijou, ville magique, je te le promets, ce n’est qu’un au revoir…….

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 7 janvier 2006

Mercredi 4 janvier, Sosso et Lotfi sont là, avec moi, pour passer quelques jours en Algérie et c’est tout naturellement que je leur propose d’aller à la découverte de l’ouest d’Alger, Direction Tipaza et Cherchell… A nous les ruines romaines, la quiétude de ces petites villes, la route serpentante qui longe le mont Chenoua….. Le soleil n’était pas au rendez-vous ce matin là et sous une pluie battante que nous quittons Alger et ses embouteillages pour une virée que les algériens connaissent bien….. ça vous dit une petite ballade, comme ça, histoire de bien commencer l’année, alors n’oubliez pas vos parapluies et suivez-moi…..

La circulation reste assez dense sur l’autoroute de l’ouest, il pleut des cordes, ce qui n’empêche pas certains automobolistes à rouler à des vitesses totalement impressionnantes , mais nous, indifférents à tout cela, on tient notre petit 80km/h en guettant la moindre petite éclaircie dans le ciel… Daououda Marine, défigurée par les nouvelles constructions, Fouka Marine, pas mieux, Bous Ismail, bien atteinte elle aussi, Bou Haroun, ou plutôt ce qu’il en reste, le baton envahit inlassablement le paysage, en dépit du bon sens et en dehors de tout critère esthétique, c’est révoltant…. Malgré tout, la magie opère, au détour d’une crique, d’un champ miraculeusement épargné, et ce n’est qu’aux alentours de Tipaza que le paysage se dégage enfin de ces immondes verrues en béton… Tipaza nous apparaît, la nouvelle ville en haut pas très intéressante, la route du port, en bas qu’on prend, et là, toute la magie de Tipaza opéère, la statue féminine qui veille sur le port, le phare, les bateaux de pêche qu’on a sorti de l’eau, aujourd’hui grise et démontée… Le petit café du port, avec sa jolie vue, et les ruelles du centre ville au charme inimitable avec ses petites maisons ocre jaune… On rejoint les rues piétonnes qui mènent au musée, les petites terrasses vides en hiver, l’ombre des arbres, et les ruines q’on voit se dessiner ici est là… Tipaza est calme, sereine, et elle nous enveloppe de son amtosphère unique….Le musée est fermé entre midi et quatorze heures, on décide d’aller déjeuner puis de revenir après notre virée à Cherchell pour le visiter, direction donc, le village du Chenoua, à 5 kilomètres, lui aussi, bien défiguré par les nouvelles constructions, aussi laides que le site est beau… Nous allons déjeuner à l’Ali Bab, ce mythique petit restaurant de bord de mer que les algérois connaissent bien. A ma surpise, il été restauré, mais magnigfiquement restauré, le nouveau gérant é gardé l’ambiance du lieu, les canapés, au pied deux deux cheminées, les poutres au plafond, les vieilles chaises, tout en modernisant l’ensemble et c’est bien au chaud, devant la cheminée, la mer sous nous yeux, que l’on s’installe pour déguster de délicieux merlans beldersa, à refaire le monde en sirotant une bouteille de jus de raisin amer… Mais quand fo y aller fo y aller et l’on décide de rejoindre Cherchell en longeant la corniche du mont chenoua, le paysage est époustouflant, les petites plages de galets, de sable noir, les petits cabanons, entrecoupées de séquences béton qui défigurent consciencieusement, là encore, le paysage, en dépit du bon sens le plus élémentaire…. On passe de l’extase à l’horreur d’un kilomètre à l’autre mais on se retrouve vite à Cherchell pour se réfugier sur l’ancienne place, avec ses arbres centenaires et son superbe petit musée, une petite ballade dans les ruelles de la ksiba, qui tente de survivre vaille que vaille aux coups fatals portés par certains habitants….Passage par la mosquée aux formes de temple romain, la jolie place, l’ancien hotel où à résidé Camus, aujourd’hui un commissariat de police, eh oui, et il est temps de revenir à Tipaza car le musée va ferméer…. On arrive à 17 h 00 pile, trop tard, le musée a fermé, on se console par une ballade sur le port où, comme les habitants, on regarde le soleil se coucher dans le ciel légèrement éclairci…. Il est temps de rejoindre Alger, ce fut trop bref, trop expédié, mais la magie de ces lieux demeure malgré tout, intacte…la vraie question est de savoir : jusqu’à quand ? Car quand on voit comment la beauté du paysage est envahie par ces constructions laides, voire immondes, sans âme, la côte affreusement bétonnée, en dépit de règles élémentaires d’urbanisme, on a envie de hurler, de hurler à n’en plus finir : attention patrimoine en danger, au secours, faites quelque chose !!!!!

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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