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Samedi 17 décembre 2005

Cette semaine, j’ai voyagé… Ouais, ouais, ouais, direction la Côte d’ Azur, Franssa, la Fronsse … Pas pour me dorer au soleil, je vous rassure, ni pour rencontrer Brigitte Bardot, la bien nommée, ni pour brûler ou casser une quelconque banlieue, non, non, mais pour travailler, eh oui, travailler… Mais bon, travailler dans ces conditions, moi je veux bien réitérer l’expérience, c’est quand tu veux, Michel…. C’est donc dans la ville de Nice que j’ai traîné mes guêtres et accessoirement mes précieux neurones, cette semaine, moutou bel ghira, ha, ha, ha, ha , ha……

Samedi 10 décembre : vous connaissez la chanson, donc inutile de vous la refaire… Oui, je me suis réveillé la tête dans le sac, oui, je me suis traîné difficilement au bureau, oui, je ne me rappelle plus de ce que j’ai fait… ah si, je me rappelle, j’ai été récupérer mon billet d’avion, j’ai attendu deux heures, merci Air la Fronsse , puis j’ai été au Musée de arts et traditions populaires, boulevard du Telemly, pour assister à la présentation du musée virtuel des arts islamiques, en présence, s’il vous plait de Madame la Ministre de la culture herself…. Ma pensée du jour : vous connaissez les musées d’Alger, vous ? si la réponse est non, alors vous êtes comme moi, vous n’êtes qu’un pauvre plouc….

Dimanche 11 décembre : un bon dodo et me voilà requinqué, prêt à affronter une dure journée de boulot…. Rendez-vous professionnel à Le Biar, le billard, le biar, le quartier chic d’alger où toutes les maisons ont des barbelés comme dans les casernes, c’est ça oui, retour au centre ville, je chante à la chorale, Hei lich hei lich hei lich, puis je rejoins un client à l’Aurassi, que je traîne à ma nouvelle cantine, le Tonneau, pour avaler une bonne chtitha douara et un flan caramel maison amoureusement servi par Kaci… Ma pensée du jour : Si la terre n’atait peuplée que de Kaci, que de restaurants Le tonneau, que de joueurs de Yam et de tarot, que la vie serait belle, merci d’exister Kaci, merci, merci, merci……

Lundi 12 décembre : réveil aux aurores, préparer sa valise, aidée de ma fidèle Fatiha, la belle aux cheveux rouges, Nadia vient me récupérer pour me jeter à l’aéroport, je me tape la parano Air France, arrivée à Marseille, je fonce chez le loueur de voiture, je fais Marseille – Nice en ma tapant les relais d’autoroute, arrivée à Nice, la sublime colline de Saint – Isidore, je suis accueilli par Dominique, Yamina, les deux chiens et la chatte Kaypi, dans une jolie, de très jolie de super jolie maison, je passe une délicieuse soirée… Ma pensée du jour : vous connaissez une plus belle chose dans la vie que l’amitié ? …. Moi, je ne vois pas…..

Mardi 13 décembre : je me réveille dans la jolie chambre, avec le joli lit et la jolie moustiquaire….La chatte Kaypi a dormi à mes pieds, le soleil se lève sur la baie de Nice, moment de magie…. Direction Sophia-Antipolis, le pôle technologique où les bâtiments sont perdus dans la forêt, totalement intégrés dans la nature, pour une journée de travail… Le soir, je dîne dans la super jolie jolie maison, une sublime chtitha au fenouil préparée par Yamina nous attend, je m’écroule dans le lit de la jolie chambre, avec ma copine, la chatte Kaypi, venue me rejoindre pour une séance de grattage…. Ma pensée du jour : les paysages de Nice, la baie de Nice, le soleil de Nice, les toits en tuile, tiens ça me rappelle quelque chose… Alger, Tunis, Marseille, Nice, même combat…..

Mercredi 14 décembre : ma copine Kaypi est fidèle au poste…. Elle me tient compagnie quand je me rase, elle boit l’eau au robinet, elle m’attend gentiment devant la baignoire, une dernière séance de grattage, vite fait, et hop, elle saute par la fenêtre et disparaît… ça tombe bien, moi aussi, je disparaît, retour au bureau, re-journée de travail… Le soir, je vais au théâtre pour voir « musée haut, musée bas », je meurs de rire, du début à la fin, la pièce est géniale la soirée se termine au restau, cuisine provençale et pâtes au truffes, mmmmmmmmm……Ballade dans Nice, la promenade des anglais, le port, le vieux Nice, on rentre tard, et comme tous les soirs, je retrouve Kaypi qui me rejoint dans la chambre, séance ronron…… Ma pensée du jour : rien à dire, le théâtre j’adore, et Nice est une bien jolie ville, Oran, Alger, Tunis, se catapultent dans ma tête, je retrouve des bribes de ces villes ça et là…..

Jeudi 15 décembre : 5h 30 du matin, je dis au revoir à Kaypi, je quitte la jolie jolie maison, je descends la jolie colline de saint-isidore, je fais la monnaie dans un bistrot, de vieux monsieur commence leur journée en sifflant une bouteille de bière, waouw, et je prend l’autoroute, direction Marseille, aéroport de Marignane….. Arrivée à 8 h 30, je rends la voiture au loueur, je suis dans les temps, je dors dans l’avion, ayez on atterrit à Alger…. Nadia vient me chercher, home sweet home, je m’écroule dans mon lit… Dodo sans Kaypi…. Ma pensée du jour : désolé, pas de pensée du jour, la boutique est fermée, je suis trop crevé, on verra demain…..

Vendredi 16 décembre : Evidemment, quand on passe la moitié du jeudi à somnoler, c’est à 7 h 00 du matin, frais comme un gardon qu’on se réveille…. Et c’est frais et motivé qu’on se place en face de son ordinateur pour préparer son émission, oui, une vague émission qui passe dans une vague radio, ou un cinglé à l’égo démesuré raconte sa vie en direct…. Ce soir, juste avant de passer à l’antenne, je ferai mondanité chez ma copine galeriste….Ma pensée du jour : rien à dire, c’est toujours un plaisir de vous retrouver, chkoune vous, ben vous, oui, vous, oui les auditeurs, oui, c’est ça, oui, vous…..

Ma pensée de la semaine : pensée délicieuse… Moi Nice, j’y retourne quand vous voulez pas de problème…. Le théâtre, ah oui, le théâtre, c’est aussi quand vous voulez…. La musique, ah oui, la musique, ben la musique, la bonne musique, ben c’est tout de suite, oui, là, tout de suite, maintenant……Ben, ecoutez….

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 10 décembre 2005

Ah l’art contemporain, qui nous permet, à nous, pauvre êtres basiques et sans ambitions de nous élever dans la pensée abscons, pardon, absconne…. L’art contemporain, ce sont les installations, comme on l’a vu, mais c’est aussi le spectacle vivant, qu’on appelle performance ou happening en art contemporain, car la vie finalement, n’est qu’un immense théâtre. ça y est vous allez croire que j’ai débloqué, déblogué, pardon, mais pas du tout, car le plus bel évènement d’art contemporain, je l’ai vécu mardi après-midi à la baladyia d’Alger pour faire mes kouaret….Face à cette performance artistique et théâtrale, je suis sorti vidé, fatigué, mais vainqueur, car j’ai réussi à avoir mes fameux kouaret…..

Mardi 6 Décembre, 14 h 00, je ne peux plus reculer, je n’ai aujourd’hui plus le choix, j’ai retardé l’échéance au maximum, mais là, il me faut impérativement ce certificat de résidence… Comme un mouton allant au sacrifice un jour d’aid, j’ai pris la direction de la mairie du centre ville, place de l’émir Abdlekader. Je vérifie que je n’ai rien oublié, pièce d’identité, acte de propriété, au cas où, facture Sonelgaz, au cas où, facture de téléphone au cas où, oups, j’ai pas le livret de famille,  mince, j’ai oublié le livret de famille, je suis sûr qu’il vont me demander le livret de famille, avec la chance que j’ai….. ça y est j’y suis, je respire un bon coup, je passe le portique de sécurité sans agent de sécurité, je suis au milieu du patio de la mairie, plein de monde…. Je m’adresse au comptoir, timidement et je demande « c’est pour un certificat de résidence », le monsieur, sans me regarder, tend le bras pour m’indiquer la salle derrière lui….. J’antre dans la salle, tout en long, avec quatre bureaux alignés les uns à côté des autres, les uns à côté des autres… L’un des bureaux est assailli par les mouwatinines, les trois autres sont vides… Je m’adresse au monsieur assis à son bureau, lui demande si c’est là, le certificat de résidence, il me montre le bureau assaillli de personnes… J’ose lui dire, et vous, vous faites quoi, et là, il m’explique que le premier bureau à droite, celui qui est assailli, c’est pour contrôler les documents et rédiger le certificat de résidence, que le deuxième bureau mitoyen, c’est pour enregistrer le certificat de résidence, que son bureau à lui, c’est pour signer le certificat de résidence et mettre le cachet, que le bureau après lui, c’est pour les réclamations concernant le certificat de résidence et que la porte après les bureaux c’est le chef de service…. C’est aussi bien fait qu’une installation d’art contemporain dont l’objectif serait de montrer l’incroyable lourdeur des systèmes administratifs et leur capacité à faire compliqué quand on peut faire simple, ouaouh, c’est génial !.... a part que là, c’est de l’art réel, réel de chez réel…. Je vais donc assaillir le bureau comme le font les autres mais là, les deux jeunes filles qui tiennent les deux bureaux mitoyens commencent à se bagarrer et à s’insulter car l’une refuse de faire le certificat de résidence, et l’autre dit qu’elle doit le faire, l’une d’elle se lève, elle menace l’autre et court chez le chef de service, sous notre regard ébahi, on l’entend hurler, l’autre aussi se met à hurler, mais de son bureau, puis, tout à coup, un cri strident, c’est une vieille dame assise sur une chaise, qui se met à hurler, comme ça sans raison…. Quelles actrices, c’est digne de figurer aux oscars…..Un monsieur arrive, se rapproche de la vieille dame et lui, dit « ça va, el heddja ? « … la heddja se tait, puis elle se met tout de suite après à hurler, puis se taire, puis hurler, alternativement….. Pendant ce temps, les deux collègues se font la bise, elles sont enfin réconciliées, indifférentes aux hurlements alternés de la vieille…. Autre bonne nouvelle, c’est mon tour, je respire un bon coup, je sors mon attirail, la jeune fille me regarde fixement, je baisse les yeux, puis elle me dit, ayya c’est bon, ouf., j’ai presque envie de pleurer de joie…. Je passe au bureau mitoyen, l’autre jeune fille prend les certificats, elle griffonne sur un cahier en discutant avec sa copine du bureau mitoyen, elle me tend les pars sans un regard, étape deux, réussie, je passe au troisième bureau, chez le monsieur, il signe les deux certificats, il met son cachet, la vieille dame pousse un autre hurlement, je fais tomber mes papiers de surprise, je ramasse tout précipitamment et je cours vers la sortie, sous les hurlements de la vieille dame, je passe le portique de sécurité sans agent de sécurité, et me voilà dehors, heureux, étourdi par la force d’une telle expérience…. Je ne connais pas le nom de l’artiste qui a monté cette performance, je crois bien qu’il s’appelle … LE SYSTEME….

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 10 décembre 2005

Vous pensiez peut être qu’on en avait fini avec l’art contemporain. Eh bien non, pas du tout, car moi cette semaine, je suis passé d’une installation à l’autre. Alors, après extra-muros au bastion 23, je me suis fait tlata, une expo de Karim Serghoua, chemin Laperler dans une maison en chantier, eh oui, ça ne s’invente pas… Vous avez enfilé votre tenue spécial salut, j’vais à un vernissage, préparé vos phrases toutes faites, alors suivez-moi, on y va….

Jeudi 8 Décembre, 15 h 00, après Amar Bouras, c’est Leila D qui s’y colle. Je me tape les embouteillages du jeudi après-midi, je récupère LeilaD et hop on redescend vers la ville direction Laperlier, N° 116. Au vu de la file de voitures stationnées, j’en déduis que nous ne sommes pas loin, petite question au couple de jeunes qui tracent d’un pas décidé, oui, oui, c’est par là, suivez-nous…. On entre dans la maison, petite porte, la maison est bien en chantier, voire complètement en chantier, on descend un escalier en béton, en contrebas la cour, bondée de monde… Sur l’amas de carrelages, faiences et matériaux de constructions, on a disposé des grands plats avec de la kesra, des mandarines, des mhadjeb, de la tamina ronde, bref c’est buffet roots et la faune habituelle des vernissages est là, fidèle au poste….. L’artiste a disposé ses œuvres dans la maison en construction, chaque pièce est aménagé d’une certaine manière, avec des toiles, une installation avec des miroirs et des bougies dans une petite pièce qui devriendront probablement l’une des toilettes de la maison, les invités se promènent au milieu des gravats, et passent de pièce en pièce…. Je prends l’escalier du premier étage qui débouche sur un hall avec une grande fenêtre, à même le sol, un groupe de jeunes mecs et de jeunes filles, au look étudiant des beaux arts, sont assis en rond, l’un deux joue de la guitare, ils chantent en chœur une chanson en anglais, ou en français, ou en kabyle, ou en arabe, je ne me souviens plus, de la grande future fenêtre, je vous rappelle que la maison est en chantier, on aperçoit la mer et le haut de l’aérohabitat,  la vue est superbe…. Je me balade dans le dédale de pièces, avec toujours, un aménagement particulier des toiles de l’artiste… Je m’arrête devant des petites toiles montées sur de vieux persiennes,le montage est intitulé , 800 dinars la couleur, une jeune fille explique à un monsieur que chaque petit tableau coûte le nombre de couleurs utilisées. 800 dinars pour les monochromes, 1600 dinars pour les bicolores et ainsi de suite…..Encore une pièce, encore des toiles, un joli paravent au milieu d’une grande pièce, je continue ma visite, croisant ça et là, une connaissance…. Après l’effort, le réconfort, la foule est dense, j’arrive quand même à me frayer un chemin pour redescendre vers la cours du bas et l’escalier de sortie, j’avale une mandarine, deux ou trois mhadjeb, un coup d’eau minérale, et je récupère le journal de l’expo, particulièrement bien conçu…. Je comprends alors que l’expo s’appelle tlata, car l’évènement dure trois jours, ça ne s’invente pas, que le premier jour c’est une gassra jazz, le deuxième jour une gassra poétique et le troisième une gassra binetna, ou plutôt binethoum…  La brochure explique le rapport entre le chantier de la maison et l’œuvre en chantier de l’artiste, la convergence du lieu et de l’expression et je retrouve toute la dialectique « art conceptuel » que j’adore et qui me fait tant marrer… du coup ça me donne des idées et en sortant j’admire l’amoncellement d’ordures dans la rue en me disant que pour cette installation, les services d’hygiène de la ville d’Alger auraient pu m’inviter à leur vernissage, ça vraiment c’est pas sympa de leur part, en plus, j’adore l’idée qu’ils ont eu de mixer les méfaits du consumérisme, les ordures, donc, avec la problématique écologique mondiale et le site de la ville, sensé être le berceau du bien être du citoyen…. Ça y est, les amis, j’ai l’arcontemporainite aigue, j’arrête pas de parler comme ça…. Mon Dieu, quelle horreur, au secours, musique…. Conceptuelle, bien sûr….

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 10 décembre 2005

Ah l’art contemporain… New York, Berlin, francfort, Venise, Paris, la biennale, la FIAC … Mais non, mais non, vous n’y êtes pas du tout, mais alors pas du tout. L’art contemporain, ça se passe à Alger, oui, oui, Alger…. Figurez vous qu’en une semaine, j’ai eu droit à deux installations d’artistes algérien, en compagnie de la fine fleur artistique algéroise… J’ai pas tout compris, mais j’ai fait semblant de comprendre, et ça, en art contemporain, c’est tout simplement l’essentiel…. Ayya tebhouni dans la sphère du conceptuel et de l’installation…..

Mercredi 7 décembre 15 h 30, je sors de la radio, et j’embarque au passage Ammar Bouras, un peintre plasticien à découvrir absolument pour ceux qui ne connaissent, ce qu’il fait est tout simplement génial, mais là n’est pas le propos… Il me propose, Ammar Bouras d’aller au bastion 23 au vernissage d’une artiste algérienne, Amina Menia, qui présente une installation baptisée extra-muros, qu’à cela ne tienne car comme dit Chouchou le bien nommé, « j’aaaaadore l’art contempouraine »… pour les profane, une installation est un mode d’expression qui consiste à sortir de la traditionnelle toile de peintre pour occuper un espace en trois dimension et exprimer son art, l’installation peut mêler la sculpture, la vodéo, la peinture, bref ce que vous voulez, pourvu que vous puissiez exprimer quelque chose, de préf érence d’une manière symbolique ou détournée…. Nous nous dirigeons donc au bastion 23 par le haut, la haute casbah, et la longue descente vers Bab El Oued, Rampe vallée, jusqu’au bastion 23….. On a de la chance, je trouve une place juste devant les grille, on descend, il y a une autre expo dans l’une des demeures du bastion, mais ça c’est pour plus tard… On arrive donc sur l’une des placettes à ciel ouvert du bastion, une grande table, des petits fours, de la gazouz, des hommes, des femmes, un pompier, la jolie Amina Menia en pleine conversation, tout sourire, je croise ma copine galeriste du Calvaire, mais où est donc l’installation ? … Là, me dit la galeriste, là, Samir, juste en face de toi, sur le mur…. Ok, je me retourne et je vois un échafaudage en métal posé sur le mur, oui, un échafaudage comme ceux que posent vos peintres chez vous pour refaire la façade de votre maison, oui, OK, et le reste ? La Galeriste me dit, ben c’est ça, l’installation…. Oui, Ok, OK, un échafaudage, ah mais oui, je viens de comprendre, extra muros, oui, c’est extra, super extra….. Je prends la brochure distribuée lors du vernissage, l’artiste explique qu’elle souhaite « cristalliser un moment, déranger l’historique de ce lieu chargé » - glups – pour ajouter plus loin « voici que l’échafaudage, devenu longtemps un élément du décor de nos villes est tout à coup un lieu d’évocation, de dialogue avec l’œuvre d’art architecturale »-  double glups -…..Tout ça me donne un peu mal à la tête, et c’est un sifflant un petit thé, deux ou trois petits fours, et un verre de fanta que je me remets lentement de cette prose conceptuelle…. Mais du coup, moi aussi, j’ai une fébrile envie d’installation, j’imagine par exemple, comme Cristo, d’emballer le bastion 23 avec une fouta kabyle géante, pour montrer l’enchevêtrement ethnique et culturel de l’Algérie, terre de confluence et voie de passage des civilisations, source de tensions et de recherches identitaires, oui, c’est bon, je le tiens, là, le concept…. Je pourrais aussi peindre les canons du bastion 23 en rose, pour détourner les instruments de guerre en œuvre de paix et d’innocence pour exprimer une pause dans les tumultes géopolitiques de la planète…. Ouais, c’est cool, ça y est, je pense que je vais me reconvertir en artiste plasticien conceptuel… Mais c’est pas tout, ma copine galeriste me réveille de ma rêverie conceptuelle et me propose d’aller voir l’autre expo…Une installation au rez-de-chaussée, composée d’un épouvantail blanc ou un truc de ce genre, avec au ciel des oiseaux ressemblant à des colombes fabriquées avec du grillage et de la ferraille rouillée, ouais, pourquoi pas, et dans les étages de la superbe maison mauresque, des toiles, là c’est déjà plus classique, dont certaines plutôt sympa, mais bon, au niveau du concept, ça ne vaut pas l’échafaudage de notre copine Amina… En sortant du bastion 23, que j’imagine bien sûr couvert de la fameuse fouta kabyle avec sa rangée de canons roses bombon, j’ai encore eu une autre idée, oui, une idée géniale ….faire une heure d’émission la semaine prochaine, sans parole, sans musique, juste une heure de silence pour exprimer le côté vain de l’existence, l’inutilité des mots, la vacuité des media qui dans le flot de paroles insensées oublient l’essentiel, le silence… zavez- vous, je speake bien l’art contemporain, essayez vous aussi , c’est très drôle….

 

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 10 décembre 2005

Que dire de cette semaine, si ce n’est une banalité du genre : comme le temps passe viiiiite , y a khouya…. A peine réveillé le samedi, que me voici à peine réveillé le vendredi suivant, nous sommes déjà au mileu du mois de décembre, à l’orée de l’année 2006, et je me vois déjà le 31 décembre, me dire que je n’ai pas vu passer l’année 2005, ô temps, suspend ton vol, dirait le poète…..

Samedi 3 décembre : alzeimer me guette, mes amis, c’est le trou noir absolu, mais qu’ai-je donc fait de ma journée ? ça y est ça me revient, les sorcières de charmed sur M6, méga ronflette en face de la télé, et découverte de vieux films égyptiens des années 40 en DVD chez un improbable disquaire du centre ville…. Ma pensée du jour : j’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien……

Dimanche 4 décembre : fo bien bosser, non ? Eh bien, donc j’ai bossé, comme tout l’monde… J’ai tellement bossé que je n’ai même pas eu le temps de déjeuner…En levant mon nez de l’ordinateur je me suis rendu compte qu’il était déjà 17 h 15, vite direction la chorale, je chante et je me marre jusqu’à 19 h 30, dîner sur le pouce dans mon nouveau restau coup de cœur, le tonneau, avec une Miss Feriel survoltée, un chouyia de Fogiel, et ronflette devant la télé… Ma pensée du jour : chante, la vie, chante, et bosse comme si c’était toujours demain…..

Lundi 5 décembre : matinée khedma à la maison, en surveillant le nième réparateur de parabole qui vient exorciser le djinn enfoui dans mon installation…. Celui-ci à l’air sérieux, il est méga électroniquement équipé, méthodique, pédagogique, mon dieu, ça existe, oui, oui, ça existe des mecs comme ça, merci Karim pour le tuyau… L’après midi voyage sur la planète baladiya d’Allger, pour une après-midi kouaret… Ma pensée du jour : Mon dieu quel bonheure, mon dieu quel bonheur d’avoir un ami qui bricole, mon dieu quel bonheur, mon dieu quel bonheur, d’avoir un ami bricoleur, boite à outils, tsoum tsoum, boite à outils…..

Mardi 6 décembre : je bosse en matant fatma d’Ahmed Badrakhan avec Oum Kelthoum…. Elle estinfirmière, elle tombe amoureuse du frère du pacha, elle tombe enceinte, il refuse de reconnaître l’enfant, la relation se dégrade, pauvre fatma, nous sommes en 1948, Oum Kalsoum souffre des yeux, elle ne supporte pas la lumière des projecteurs et elle vient de perdre sa maman…. Direction la radio, émission culture club, pour une heure de pérorage en direct…. Ma pensée du jour : parler pour ne rien dire, c’est leur raison de vivre, penser pour ne rien dire, c’est leur raison d’écrire…. Attention, celle là, elle est de moi…….

Mercredi 7 décembre : je devais faire un test télé à la télé, pas de test télé à la télé… J’embarque Ammar Bouras au passage, peintre, photographe et plasticien, on file au bastion 23 pour le vernissage d’extra-muros, une installation signée Amina Menia, affaire à suivre…. Le soir, diner entre copains, on a même au droit, pas nous mais la table à côté, à un happy birthday avec un gateau et une fusée genre feu d’artifice qui pue le dioxyde de souffre. On a même eu le droit à un mec qui gueulait au lieu de parler pendant toute la soirée….. Ma pensée du jour : Ouh, les copains, je n’vous oublierai jamais, tidouda didoum didoudam dididoum…… celle là, elle n’est pas de moi, mais de Sheila…..

Jeudi 8 décembre : matinée kouaret, c’est bon, tout est d’équerre, déjeuner de khedma, ok, tout est réglé, puis direction un autre vernissage, Tlata de Hakim Serghoua, une installation dans une maison en construction, chemin Laperlier…. On échoue ensuite avec Leila à la kahoua du saint Georges, et on retrouve Karim pour papoter un coup, mais ça, vous vous en foutez, si si, vous vous en foutez, je l’sens…. Ma pensée du jour : Bini ou binek, kissa touila, bini ou binek, kisset Samir ou leila….. ça c’est signé Djalti….

Vendredi 9 décembre : il pleut, il fait gris, réveil la tête dans le sac, les volets sont fermés…. Sophie Davant parle des méfaits des antennes GSM sur la santé des enfants… Le pain grillé est enfin grillé, le café est enfin passé, un jus de fruit pour faire réveil vitaminé, je télécharge le dernier  Olivia Ruiz, la femme chocolat, et me voilà, devant vous, face à l’écran de mon ordinateur, comme tous les vendredi que rabbi sabhanou il fait….. Ma pensée du jour : ma plus belle histoire d’amour, c’est vous…..

Ma pensée de la semaine : finalement, tou va très bien dans ma vie, y juste un truc quand même qui me rend malade, triste, en colère, révolté, haineux, aigri : quand je pense que Magali a gagné la demi finale filles de la starac, non, ça, vraiment, c’est pas possible… Rien  à dire, je comprends pourquoi, en France, il y a le feu dans les banlieues….allez, chouyia mousika, bech nenssa lmehna…..

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 3 décembre 2005

Alors là, il est 23 h 32 je suis au micro, en direct, sur Alger chaine 3. Le studio, une salle dans fenêtre, moquette au sol, un ordinateur à ma droite, une grande table triangulaire, plusieurs micros, je suis assis dans un grand fauteuil noir à roulettes, en face de moi, une grande vitre rectrangulaire, d’où je peux voir la régie. Karim est assis, aux manettes, avec le technicien, il me fait face, Halim est là, lui aussi, le régisseur de service est là, au fond assis à son petit bureau, une lumière rouge, au dessus de la grande vitre m’indique que le micro est ouvert, la lumière s’étient, à mon signal dès que j’ai fini de parler... ce que vous écoutez est le résultat final de toute une préparation, mais moi, j’ai envie de vous emmener avec moi derrière les ondes, à la radio, dans les coulisses de mon émission, à vos casques, prêt, partez…..

Vendredi 21 h 30, avant de sortir de chez moi, petite vérifications d’usage. La feuille de route de mon émission est bien dans mon sac, en deux exemplaire, une pour moi, une pour les réalisateurs. Cette feuille de route comprend toutes chroniques et tous les morceaux musicaux de la bande son….. Je vérifie dans mon sac spécial CD que la compilation des titres musicaux de l’émission est bien là, mon CD d’instrumentaux également, et quelques CD en rab, aux cas où, c’est bon, j’ai tout je peux sortir…. Direction la voiture, je salue Mounir le asses de la houma en lui demandant de me garder une place pour la nuit, et je me dirige au boulevard des martyrs siège de la radio…. Ouverture du portail, petite vérification par les agents de sécurité, je gare la voiture, je présente mon badge à la réception, tout est OK, je salue tous les agents et j’entre dans le bâtiment, direction les studios de diffusion, situés au premier étage….Arrivée au hall central des studios, équipé de fauteuils et de table basse, je dis bonjour au régisseurs et j’entre dans la régie de diffusion du studio de la chaine 3. Bonjour au technicien, bonjour aux techniciens de service, bonjour à l’animateur de service, que j’embarque généralement vers la machine à café…. Petit café sans sucre, je m’installe dans un fauteuil à l’entrée du studio, il est 21 h 57….. La ou le journaliste de service arrive avec ses feuilles pour passer à l’antenne à l’heure du flash d’information, un bonjour, comment ça va, et hop, l’animateur et le journaliste s’engouffrent dans le studio pour en ressortir quelques minutes plus tard…. Je passe à la salle de rédaction, une grande salle vitrée avec des ordinateurs où 3 ou 4 journalistes travaillent… Je dis bonjour à chacun, je joue au mah jong quelques minutes sur l’un des ordinateurs en attendant que les réalisateurs de l’émission arrivent…..ça y est Halim puis Karim sont là, on s’embrasse, les ouechrak bien se suivent et se ressemblent, retour à la machine à café pour un petit briefing, on parle de l’émission, des thèmes de chroniques, de la bande son, mais aussi des potins du jour, de la semaine écoulée, du week-end, de la pluie et du beau temps….. Il est 22 h 45, on retourne au studio, on s’installe en régie, je sors les disques, la feuille de route, tout est bien rangé, l’animateur de service est à l’antenne et fais passer quelques disques en annonçant l’émission ….Je le taquine en lui parlant dans le casque, le régisseur nous demande les fiches signalétiques de l’émission, on les lui remet, il est 22 h 55, Karim libère les platines CD, il cale le premier morceau de l’émission, place le Cd d’instrumentaux, plage N°3, les quatre tops, il est 23 heures, le technicien lance le premier morceau…. Je cours alors au studio, je ferme bien les portes, je m’installe confortablement, prépare mes feuilles, ajuste mon casque, ajuste mon micro, Karim me dit au casque attention 30 secondes, il me fait signe, la lumière est rouge, le micro est ouvert, je respire un bon coup et je démarre….. 23 h 55 je dis au revoir, dernier morceau de l’émission, je quitte le studio en ramassant mes affaires, l’équipe de la prochaine émission est déjà là, affairée, je la vois à travers la fenêtre, l’animateur et le journaliste entrent, on se salue, je sors, c’est terminé, je suis de l’autre côté de la vitre…. Pendant le journal de minuit, je ramasse mes affaires, le réalisteur range les disques, on dit au revoir à tout le monde, direction la voiture, bye au réalisateur, on discute un peu de l’émission devant la voiture, je salue les agents de sécurité, le portail s’ouvre, direction home sweet home, pour un repos bien mérité…..Voilà, vous savez tout, tout, tout, absolument tout…. Enfin, sauf tout ce que je ne vous dit pas…. Musique !

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 3 décembre 2005

Après l’effort, le réconfort, après la montagne, la plaine, et en descendant de Chréa, on décide, ma petite bande et moi, de faire un tour à Blida, histoire primo, de faire le marché, en espérant trouver des oranges amères, de la guernina et des cèpes, sait-on jamais et secundo de voir comment se porte la ville des roses… Pas de problème, on redescend donc la montagne, même passage brutal de l’hiver des cimes au soleil de la vallée, et nous voici dans la ville des roses, direction le centre ville et son entrelas de petites ruelles pour faire notre marché…. Enlevez vos gants et votre bonnet, il fait beau à Blida, prenez votre panier et suivez-moi……

Blida est une ville étrannge, capable de vous offrir le meilleur comme le pire, on commence par le meilleur et le meilleur c’est le centre ville avec son entrelas de ruelles étroites, la célèbre place ettout, les quartiers de petites maisons aux toits de tuiles, le panaroma qu’offre le mont Chréa à chaque fois que notre regrad se porte au loin…. Arrivés au centre ville, on se gare dans un terrain vague, le cœur serré, car c’est le quartier de la rue belcourt, une parte non négligeable de ce superbe centre ville qui vient d’être démoli… Le jeune assass du parking nous explique que c’est un séoudien qui a récupéré le terrain pour faire des imeeubles…. Quand on connaît le bon gout légendaire et le raffinement des séoudiens, je n’ose pas imaginer ce que cela va devenir, il suffit de faire d’ailleurs un tour à Dely Ibrahim pour s’en rendre compte car tout l’art et le raffinement séoudien a trouvé son terrain d’expression…. On quitte cette vision d’apocalypse pour aller au marché, équipés de notre panier, pas de cèpes, pas d’orange amères pour faire de la confiture, je me rabats sur les mandarines, délicieuses, les pommes teouhna, jeunes foncées, délicieuses, la battata hloua et bien sûr, de l’eau de fleur d’oranger made in Blida…. Les commerçants, à l’accent made in Blida sont courtois, sympathiques, j’oublie d’acheter du sferdjel pour faire de la confiture…. On longe ensuite la rue Abdellah, on bifurque vers la mosquée et on rejoint la mythique place ettout, avec ses arcades, ses terrasses de café, et au coin de la place, la célèbre librairie mauguin….. Un coup d’œil par la vitrine, la librairie est pleine de gens assis, ils écoutent un petit orchestre avec un joueur de oud, ne me demandez pas son nom, je l’ai oublié, son C D est présent en vitrine… On décide de ne pas entrer, dommage j’aurais bien aimé écouter un peu et regarder quelques bouquins, mais bon, on est en démocratie et la majorité a raison….On continue à se perdre dans les ruelles, beaucoup de petites boutiques de fringues, des herborites un vendeur de poteries et d’objets en rafia, les ruelles sont pleines de monde, des gens plutôt affairés, d’autres faisant tranquillement leurs courses, on se retrouve sur le terrain vague, petit salut au petit assas, dernier regard au désastre de la rue Bellecourt, direction Alger, via Ouled Yaich,et là, c’est une autre facette de la ville qui se déploie, des immeubles, des cités, de larges avenues, encore, des immeubles, encore des cités, les unes après les autres, des quartiers sans âme, particulièrement laids, qui se succèdent le long de la route, on est bien content de quitter le lieu, direction l’autoroute, on revoit les antonov et leurs ailes de cocker, arrivée à Birmandreis, les traditionnels embouteillages du quartier de la concorde nous accueillent, Chréa, son brouillard, son air pur et sa neige sont loin et chacun y repense, comme dans un rêve…..Alors que les nouveaux quartiers de Blida se réveillent en moi, comme dans un mauvais cauchemar…….

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 3 décembre 2005

Jeudi 1er décembre, 11 heures du matin, un seul objectif : respirer, changer d’air, quitter les miasmes de la capitale pour un grand bol d’air frais. Et c’est en embarquant deux charmantes passagères dans mon carrosse que j’ai fui vers la montagne, direction Chréa, histoire de voir ce qui s’y passe et surtout, surtout, aller à la rencontre de la neige. Vous avez mis votre parka, vos bottes, vos gants et votre bonnet, eh bien, c’est parti, on y va…..

Autoroute Alger Blida, soleil radieux, on voit les montagnes  au loin, du brouillard sur les cimes, et quelques taches blanches, le grand jeu dans la voiture, c’est de decider si c’est de la neige ou tout simplement le reflet du soleil sur la montagne, dans le ciel, un avion antonov, avec ses ailes tombantes en oreille de coker, entame son atteriissage, ralentissement, barrage de gendarmerie, on entre dans Blida, la ville des roses, qu’on pourrait renommer, en voyant ses faubourg, la ville des épines, tellement les nouvelles batisses défigurent le paysage…. Les trvaux dans la ville nous oblige à nous perdre jusqu’à atteindre la fameuse route de Chrea pour entamer la longue montée dans la montagne…..Le bas de la montagne est envahi de constructions anarchiques, mais quelques kilomètres plus haut, la nature reprend ses droits et la magie commence à opérer… La vue époustouflante sur la vallée, les champs de la mitidja envahie par l’urbanisation, au fond, Alger et tout au loin, la mer, la lumière est sublime, on voit le soleil radieux mais  brusquement, en montant, on entre dans le brouillard, changement brusque de décor, il fait gris, le brouillard envahit la route, et on voit les premiers amas de neige, ça y est, on entre brutalement dans l’univers de la montagne, de l’hiver et de la neige….L’air est frais, froid, on respire, cet air pur et glacé en grelottant dans la voiture aux fenetres ouvertes, on perçoit les premiers chalets dans le brouillard, encore quelques virages en épingle, la dernière ligne droite, on entre dans Chréa, à nous les chalets en bois, les ballades dans la forêt, les batailles de boule de neige… Le village est pratiquement vide, on gare la voiture sur la place centrale enlacée par le brouillard, brrrrr, le froid est glacial… On se regarde en rigolant en nous disant que, bernés par le soleil dans la plaine, on s’est super mal équipés pour la circonstances, et on meurt littéralement de froid…. Il est 13 h 30, on meurt tous de faim, priorité absolue, manger, manger, manger, et surtout se réchauffer, direction le restau sur la grande place, Le Terminus, ouf, il est ouvert et bonne nouvelle, ils servent à manger…. Dans la salle, la cheminée est éteinte, il fait aussi froid qu’à l’extérieur, maaliche, on s’installe dans la salle à la déco kitchissime, qui n’a pas bougé depuis 20 ans, avec les nappes en velours bordeau, le paysage de lac suisse au fond de la salle, au dessus de la cheminée désespérément éteinte… Au menu, de la soupe, oui, oui, de la soupe, bien bouillante, de la viande, pas très inspirant, on opte pour une salade, de la soupe, une chtitha lhem et des omelettes aux champignons, la boisson raisin rouge amer n’est pas servie dans ce restau, meelich….Le serveur, au flegme kabylobritannique arrive avec la soupe, bouillante, il nous sert avec la louche en métal, on croirait que c’est la soupe qu’on sert aux malades à l’hopital un lendemain d’opération, mais bon, la soupe est chaude, et vu le froid de canard qui règne dans le restau, on prend tout de suite…. Le reste du repas, chaud, oui, très chaud, n’est pas très intéressant, on se gèle à l’intérieur en regardant la neige qui commence à tomber à l’extérieur…. Allez, courage, on paie, on sort, mais le froid est tel qu’on court tous vers la voiture, on allume le moteur on met le chauffage à fond et on décide de faire la ballade en forêt dans la voiture…. Oui, oui, je sais, ce n’était pas le but du jeu au départ mais vu notre équipement, pas possible de faire autrement, on démarre donc la voiture, direction la piste de ski ou des jeunes, des enfants et des moins jeunes, jouent avec des luges ou s’envoient des boules de neige, tandis que nous, bien au chaud dans la voiture, on a froid à leur place et on s’extasie devant tant de courage, il y a même une dame en talons aiguilles qui fait de la marche dans la neige, waouw…. Bref, toute cette neige, ça donne froid, on quitte le village, bien content de notre ballade, en se promettant de revenir la prochaine fois, bien équipé, avec bottes, parka, gants et bonnets…. A la revoyure Chréa…..Allez un peu de musique pour se réchauffer un peu, il fait froid, tout à coup, vous ne trouvez pas ?

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 3 décembre 2005

Moi cette semaine j’ai eu froid, moi cette semaine je me suis pris plusieurs saucée, moi cette semaine, mon compagnon a été mon parapluie, moi cette semaine j’ai bossé, ri, crié, hurlé,, moi cette semaine, j’ai vécu, et les jours se sont écoulés à la vitesse de l’éclair, bref, une semaine, ni trop passionnante, ni trop ennuyeuse, une semaine d’homobehdjus lambda…..

Samedi 26 Novembre : pendant que les autres abordent leur semaine frais et dispos après un weekend passé à fénéanté, le réveil la tête dans le sac est devenu un rituel, mais j’ai dû rapidement sortir la tête du sac pour courir au bureau me perdre dans mes mails, mes entretiens mes coups de fil au client…. Le soir venu, je me suis perdu dans les embouteillages et la pluie car j’ai eu la mauvaise idée de faire quelques courses… Ma pensée du jour : je lance un  appel aux auditeurs, qui peut me prêter son hélico pour me déplacer dans Alger ?......

Dimanche 27 novembre : après l’effort, le réconfort, matinée studieuse, un ami et accessoirement client me propose d’aller déjeuner au tonneau, un petit restau du centre ville.. J’ai le coup de foudre, le lieu est plein de charme, Kaci le serveur est aux petits soins et la chtitha bouzellouf est délicieuse…. Le soir, j’ai chanté, puis caracoyé au caracoya avec ma compagne d’infortune, Feriel… Ma pensée du jour : ce n’est pas en faisant des plans midi et soir au restau que je vais pouvoir maigrir un jour……

Lundi 28 novembre : je n’ai pas décollé du bureau de toute la journée. Rivé à mon ordinateur, bien au chaud, j’ai trimé comme un malade…. Repos mérité, le soir, allez-vous me dire… Eh bien non, Pas du tout, miss Chala, qui est venue sillonner le territoire algérien à la recherche des perles de l’artisanat algérien est de passage à Alger, excusez la triple répétition… Direction donc le restau, eh oui, encore, pour un dîner de retrouvailles, grosse rigolade… J’essaie ensuite de me voir sur Canal Algérie, raté, ma parabole ne fonctionne toujours pas…. Ma pensée du jour : je vous jure que je na fais pas exprès de passer toutes mes soirées au restau, c’est de leur faute à eux, oui, eux… Eux qui…. Ben eux… Oui eux….

Mardi 29 novembre : Déluge à Alger, déluge de boulot, déluge de rires, je prépare ma chronique sur culture club en visonnant les DVD de Djamel Debbouze, Gad El Maleh et Fellag… Déluge de stress, déluge d’embouteillages, j’arrive inextremis à la radio, je passe à l’antenne, déluge de blabla, je rejoins Yvon, un futur partenaire professionnel à l’hotel, déluge de projets, LeilaD baille aux corneilles, puis restau, eh oui, encore, cause grosse discussion professionnelle avec LeilaD, pour finir, dans mon lit, pour un déluge de dodo….Ma pensée du jour : ma love story contrariée du jour, c’est mon parapluie, qui m’a tant manqué toute la journée, eh oui, je l’ai oublié le matin en sortant de chez moi ….Bravo Samir, ontinue comme ça, tu iras loin…..

Mercredi 30 novembre : Réveil aux aurores pour rejoindre la planète Dely Ibrahim pour une matinée de réunion, fructueuse, efficace… Midi, je tombe sur une copine, on parle architecture au milieu de l’immonde béton du Val d’Hydra, ça s’appelle faire du décalé chic, petit tour à la librairie, rien d’intéressant, retour au bureau pour boulotter un coup… Je cours ensuite à la télé pour tenter d’avoir une vraie discussion avec le réalisateur de l’émission improbable que je dois présenter….Plus ça avance, moins je sens le truc, d’ailleurs ça n’avance pas du tout, et en fait de vraie discussion, je dois me contenter de quelques mots échangés à la va vite, je décide de laisser faire et de ne plus relancer, on verra plus tard… Ma pensée du jour : la télé, une fausse bonne idée, ou une bonne fausse idée….

Jeudi 1er décembre : je cours au bureau honorer mon rendez-vous, je cours récupérer Ghania et LeilaD, à nous Chréa, la neige et le brouillard, à nous l’air frais, le froid et le restaurant terminus… L’après-midi, ballade à Blida, petit tour au marché et à place ettoute…. Arrivé à Alger, je cours chez moi, pour me reposer avant la soirée, une petite sieste, qui a finalement duré jusqu’au lendemain 10 heures….. Ma pensée du jour : changez de planète, changez d’air, courez à Chréa respirer un bon coup et tomber comme une masse…..

Vendredi 2 décembre : Oups, on est déjà vendredi, je me réveille catastrophé, j’ai dormi 16 heures, oui 16 heures, vous avez bien entendu….. Mon téléphone portable a disparu, je l’ai laissé dans la voiture, ça s’appelle l’effet Chréa sur mon organisme empli de CO2…. Petit coup d’œil à la starac, c’est la demi-finale, elles sont super stressées, les petites…. Café, ordinateur, je me prépare à la préparation de l’émission…. Ma pensée du jour : j’ai trop dormi, j’ai mal au crâne, j’ai le cerveau en compote et l’inspiration est en panne…. La radio, une fausse bonne idée, ou une bonne fausse idée…..

Ma pensée de la semaine, la vie est une succession d’idées, de fausses bonnes idées, de bonnes fausses idées, de vraies ballades et de fausses randonnées, de vraies randonnées et de fausses ballades, de faux dodos et de vraies siestes, de vraies siestes et de faux dodos, bref, je raconte n’importe quoi, car la seule vérité en ce bas monde porte un nom : MUSIQUE !

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 26 novembre 2005

Ah l’art de vivre, les amis, l’art de vivre, le plaisir, le kif… L’art de vivre, pour moi, le réel kif, la plénitude totale, c’est de faire le tas. Oui, oui, faire le tas. Vous savez ce que c’est de faire le tas. Eh bien c’est tou un art – de vivre – qui consiste à s’enfermer chez soi, comme seul au monde, et trainer à ne rien faire, à révasser, à regarder le temps qui passe, mais surotut, surtout, ne rien faire. Ca vous dit de faire le tas avec moi ? Eh bien pas de problème, suivez-moi, je vous invite…..

Première règle, avant de faire le tas, se préparer : remplir le frigo, pour éviter de sortir, acheter des cigarettes, pour ceux qui fument, éteindre le téléphone ou le mettre en mode silencieux, pour ne pas être déranger, puis se déshabiller pour mettre des trucs informes et sans âge, bien confortables, bien usés… Moi, personnellement j’ai mes tenues pour faire le tas, une espèce de pantalon jogging informe et antédiluvien, avec un vieux pull ni trop chaud, ni trop froid, complètement relâché et bourré de taches de javel, de bonnes chaussettes, une paire de pantoufle sans âge, et me voilà paré, prêt à faire le tas…. Direction le canapé en face de la télé, des oreillers confortables, une couverture, toujours la même, la zappette et on y va…. Un petit débat télévisé, une série américaine, un film en DVD, j’ai l’embarras du choix…. En face de moi, étalé sur le canapé, une table basse avec du café ou du thé et une bouteille d’eau, le tout à portée de main, pour éviter de trop grands déplacements, un tas se déplace peu, c’est un principe de base… L’idée, c’est de regarder la télé, puis s’endormir lentement, se réveiller quelques minutes après, rezapper, et ainsi de suite, puis s’étirer longuement en lachant un soupir de contentement…. Après le canapé, direction l’ordinateur, un peu de net, pour changer un peu, avec de la musique, puis direction le lit, avec un bon bouquin….Les yeux se ferment doucement, je lache le bouquin, petit dodo, on se réveille quelques minutes après, direction la cuisine, petit plateau pour revenir au canapé, hop la couverture, petit grignotage, et c’est reparti pour un coup de zapping, bien allongé sous la couverture….. Petit coup d’œil par la fenêtre du balcon et de com île déserte j’aperçois, l’agitation de la rue, les voitures qui montent, les passants affairés sur le trottoir d’en face, les coups de sifflets des policiers de la circulation, toute cette agitation paraît lointaine, j’ai l’impression d’être un voyeur, suspendu dans le temps, hors du flot tumultueux de la vie, de la ville….. Encore étourdi, je retourne à mon canapé, j’arrange mes oreillers, je cherche la position optimale, je zappe pour trouver un programme intéressant, une série SF par exemple, ça y est je l’ai, je prend un magazine, je le feuillette en buvant un chocolat chaud… Mais là, c’est l’heure du bain, je remplis la baignoire, je mets de la musique, et je fais le phoque pendant une bonne demi heure en bouquinant dans ma baignoire…..   Mais prendre son bain, vous savez, c’est fatigant, ah oui, c’est crevant, je me rhabille, et hop, retour au canapé, épuisé, la zapette à la main, pour regarder un documentaire sur les papous de nouvelle guinée qui m’envoie quelques minutes plus tard dans les bras de morphée…. C’est fatigant de faire le tas, je me sens vidé de mes forces…. Lorsque je me réveille, les chambres sont plongées dans le noir, il est temps de se lever, de faire à diner, mettre tout ça sur un plateau, et retourner au canapé … Je remets le téléphone en route, je suis à peu près joignable, et le tas se transforme peu à peu en animal social, requinqué, en forme, prêt à reprendre le flot tumultueux de son existence…..

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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