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Samedi 12 novembre 2005

Ça fait drôle de reprendre une vie normale. Couché tôt, levé tôt, petit déjeuner, repas de midi, repas du soir, je me coule dans le rythme normal de l’homo économicus lambda, encore un peu étonné de pouvoir fumer une cigarette dans la rue, avaler un sandwich ou boire un café… Rien à dire, la vie finalement est faite de plaisir simples….

Samedi 5 Novembre : C’est la rentrée… je ne compte plus le nombre de sahha aidek, de bises, de lahkouba lhameldjey et de fihiyet el femilia que j’ai pu balancer…. J’ai fait rentrée restaurant chez « à la braise » ma cantine du midi, au menu salade verte, brochettes de kebda et pommes frites, le tout arrosé de hamoud blanche…. Ma pensée du jour : kahoua, restaus, fast food, bars, discothèques, cabarets, vous m’avez manqué, tellement manqué, tellement, tellement manqué, j’en ai la larme à l’œil……

Dimanche 6 novembre : Ardisson, comme Omar m’a tuer… je me suis tapé tout le monde en parle jusqu’au blind test, résultat des courses, je me suis réveillé la tête dans le sac…. Mais c’est la tête dans les étoiles que j’ai rejoint la chorale dimanche soir…. Premier restaurant post ramadhanesque, je me suis fait la totale au Normand, entrée, plat et dessert… Ma pensée du jour : les journées sont trop courtes, la vie est trop courte, les soirées sont trop courtes, les nuits sont trop courtes, pour vivre triste…..

Lundi 7 novembre : Réveil à 6 h 00, journée studieuse, boulot, boulot, boulot, boulot….. coucher 20 h 00, oui, 20 h 00, vous avez bien entendu…. Ma pensée du jour : travailler c’est trop dur…..

Mardi 8 novembre : Journée speed, que dis-je super speed…. Rendez-vous professionnel sur la planète Dely Brahim, un autre monde, une autre dimension, j’avale un sandwich, je cours au bureau, je passe d’un dossier à l’autre, je cours à la radio, je pousse mon coup de gueule sur Servan Schreiber, je recours au bureau, je bosse, je recours chez moi, je dine, je cours devant mon ordinateur, je bosse, je dors…. Ma pensée du jour : si vous voulez changer de planète, pas besoin de navette spatiale pour Mars ou venus, une voiture suffira, direction Dely Brahim…..

Mercredi 9 novembre : réveil difficile, j’ai du mal à bouger mon bras, oups, un gros abcès sous l’aisselle, mince alors, j’ai des frissons, je me sens barbouillé…. Je vais quand même bosser un coup, l’après midi, retour sur la planète dely brahim, puis direction la pointe pescade pour un petit retour au sources plein d’émotions, il pleut, il fait gris, il vente, la lumière sur la corniche de saint Eugène est saisissante de beauté, retour à Alger, je meurs à petit feu dans les embouteillages… Ma pensée du jour : je suiiiiiis malaaaaade, complètement malaaaaade…….

Jeudi 10 novembre : Mauvaise nuit, Out, je suis out, la douleur sous le bras est vraiment très forte, je me sens fiévreux, mes douleurs à l’estomac sont encore plus fortes… je me traîne au bureau, je fais mes réunions, je me traîne à l’Aurassi pour un autre rendez-vous professionnel, je me traîne chez moi, direction le lit, je suis hors services, sous antibiotiques… Ma pensée du jour : je suis encore plus malade, beaucoup plus malaaaade, et comme tout le monde, être malade, ça m’fout le cafard…..

Vendredi 11 novembre : Je vais mieux, c’est pas encore le Pérou, mais je vais mieux…. J’arrive à bouger le bras et je n’ai plus ces satanées crampes d’estomac…. Je vais pouvoir préparer mon émission, faire ma bande son, me reposer un coup, et être frais et dispo à l’antenne…. Ma pensée du jour : Comme disait ma copine Gloria, i will survive…….

Ma pensée de la semaine : finalement, la vie normale, c’est bien, très bien, c’est super bien finalement, mais à une seule condition : éviter de tomber malade….Mais l’antidote efficace à toute maladie, on le connaît bien, c’est la musiiiiiique… Ecoutez ça…..
Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 5 novembre 2005

Jeudi 3 novembre, vous n’allez pas y couper… Sahha aidkoum ! Koul ham ouentouma bkir….Comment avez-vous passé votre journée de l’aid ? Statistiquement, la population des aideurs adultes se scinde en deux groupes bien distincts : ceux qui font la tournée de la famille et des amis, et ceux qui reçoivent la famille ou les amis…. Pour des raisons que ne développerait pas, je ne fait partie ni de l’une ni de l’autre des deux catégories, donc pour moi, l’aid est une composition subtile entre déjeuner familial, visite aux copains et ballade oxygénante… Mon aid comme si vous y étiez, prenez votre assiette de gateaux, et suivez moi pour la grande ballade…..

Un vrai de vrai petit déjeuner pour commencer la journée après une vraie de vraie grasse matinée, ça s’appelle le kif matinal de l’aid… Ensuite, petit toc toc toc à ma porte, c’est ma voisine l’heddja qui m’envoie ses petits enfants pour me donner une assiette de gateaux…. Sahha aidek, ammi Samir, je dégaine le porte monnaie, je distribue les pièces aux petits enfants excités et je récupère mon assiette de gateaux, coool….. Je passe ensuite la matinée à bouquiner au son des bip bip de SMS qui n’arrêtent pas de tomber, aidek moubarek, aidkoum moubarek, sahha aidek, le grand jeu est de reconnaître qui a envoyé le message car nombre d’entre eux ne sont pas signés…. Coup de fil à la famille, mère, frère, sœurs, sahha aidek, sahha aidek, puis coups de fils aux amis, oncles, cousins, selon une subtile hiérarchie, il y a ceux qu’on appelle le jour même, d’autres le lendemain, d’autres qu’on appellerait pas car eux doivent nous appeler, non mais…..Et puis voilà, c’est l’heure du déjeuner, je vais chez la maman, déjeuner en petit comité, taaam de rigueur, délicieux, je repars avec une assiette de gateaux, en embarquant la petite pendant que mon frère part avec ma mère en corvée de tournée dans la famille, eh eh, c’est lui l’aîné, mauvais plan….L’après–midi, direction les copains, Monsieur et Madame Omar, distribution de cadeaux, puis on embarque la petite et les enfants pour une ballade en forêt….Les enfants sont surexcités, ils courent dans tous les sens, ils font des bouqtes de fleurs, cyclamen et boutons d’or, on débarque dans une aire de jeu, tout y passe, toboggan, cages pour grimper, ça court, ça rit, sous le regard vigilant des parents…. La forêt est presque vide, une dame fait son joggings et des jeunes se balladent avec leur cage de mouqnin en fumant des cigarettes….. On arrive dans un théâtre en plein air, les enfants miment une pièce de théâtre et les parents jouent aux spectateurs, un gamin se casse la figure, il pleurent, deux gamins en viennent au main, scénario habituel on les calme en leur faisant manger une banane, et la ballade reprend direction la gazelle, enfermée dans un enclos, la pauvre est devenue obèse, vous avez déjà vu une gazelle obèse, eh bien c’est pathétique parce qu’elle grossit comme un buveur de bière, le ventre est énorme et les jambes restent maigres… la pauvre gazelle à l’ouie si sensible, habituée au silence du désert a du devenir folle car on entend en permanence le bruit de fond de l’autoroute…. Les gamins s’en fichent, eux de tout ça, ils essaient de lui donner à mager en lui balançant des touffes d’herbe, mais la pauvre gazelle neurasthénique et obèse s’en fiche un peu et leur jette un regard blasé….Allez, la nuit tombe, il est l’heure de partir, tout le beau monde embarque, avec les bouquets patiemment ramassé, retour à la maison pour manger un grand couscous avec la concentration de tantes de Miliana, de Blida, de kabylie et même de l’hih…. Alors, ça vous branche mon aid à moi ? eh bien pas de problème, si ça vous branche, l’année prochaine, je vous embarque avec moi….. Non, non, ne m’remerciez pas, c’est normal….

 

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 5 novembre 2005

Mercredi 2 Novembre, 20 h 00, je pensais y échapper, j’ai tout fait pour, mais finalement j’ai dû m’y résoudre. Comme les millions de compatriotes, j’ai du me taper la corvée des courses pour l’aid…. Les houayedj pour ma nièce, les gâteaux pour la famille, les cadeaux pour les gamins, il a quand même fallu que je m’y colle. J’embarque donc ma fameuse nièce pour ma virée au cœur du consumérisme préaid….. Vous avez fait le plein de drahem, c’est bon, alors c’est parti……

Direction la rue Ben M’hidi, il est 21 heures, la foule est dense. Je fais un petit arrêt juste avant l’esplanade de la grande poste pour saluer mes amis bouquinistes de rue qui vendent maintenant leurs bouquins clandestinement, étant donné qu’ils n’ont plus le droit de le faire, décision intelligente de la mairie d’Alger Centre, encore une, me direz-vous….. J’en prifte pour acheter un vieil exemplaire du Grand Meaulnes, un exemplaire bien jauni, avec cet odeur inimitable de vieux bouquin que j’adore…. Mais la petite s’impatiente, alors pour me faire pardonner, je lui achète un poisson qu’on met autour du coup et qui clignote joliment quand on le presse… Elle est ravie du deal, direction le marchand de sbabet, c’est noir de monde, pas une seule paire de chaussure pour enfants, si ce n’est des bottes de trappeur idéales pour le grand nord canadien, ça va pas le faire…. On se dirige vers le nouveau supermarché dont tout le monde parle, jolies vitrines, je parlemente avec les agents de sécurité pour pouvoir garder ma sacoche, c’est bon, on rentre, c’est super chouette, un vrai supermarché kimelhih…. Les rayons sont super agencés, le seul hic c’est qu’il n’y  a pas grand-chose côté fringues, et le peu qu’on peut trouver est proposé à des prix délirants, allez demi-tour…. Juste à côté, on tombe sur le magasin de la chaussure qui respire, il est littéralement pris d’assaut, difficile de respirer, on abandonne…. Le bilan à ce stade est assez maigre, car mis à part le poisson lumineux qui clignote et un tapis de souris, toujours pas de houayedj el aid…. On change de stratégie, direction la rue Didouche Mourad où j’ai pu constater que de nombreuses boutiques se sont reconverties aux houeyedj el aid pour enfants, bon choix, on finit par trouver notre bonheur, de jolies baskets bleues en daim, un pantalon patt d’eph en jean avec un papillon brodé dessus, et un haut un peu hindouisant qui va très bien à la petite, qui décidément sait très bien ce qu’elle veut, ouf, mission accomplie….. La chanc est avec nous, on tombe sur un magasin de jouets et après une heure de négociations, palabres, essais erreurs en tout genre, on finit par ressortir avec des puzzles, un chien en peluche et une tomobile qui marche évec les piles…. Vous allez penser que j’en ai fini, eh bien non, direction une patisserie, une demi-heure de queue pour acheter les fameux gâteaux de l’aid, ça y est, mission accomplie, on peut rentrer, mais sur le chemin, la petite me rappelle que je lui avais promis une glace avant de rentrer, il est 23 heures, la foule est encore plus dense, la rue encombrée de véhicules fiasant du pare choc contre pare choc, très bien, pas de souci, je tiens toujours mes promesses…. On se retrouve donc dans l’un des nouveaux cafés à la mode, on s’installe confortablement sur la mezzanine bourrée de jeunes, le serveur arrive, la petite commande sa glace avec de la chantillly et un ananas, je continue quant à moi ma cuite au thé, et nous voilà parti pouer un tête à tête, tonton petite nièce, la pauvre petite n’en peux plus, toute personne qui passe à côté d’elle lui pince la joue en faisant un gros mouah, c’est pas à moi qu’on ferait ça, la vie est injuste….Après quelques petites cuillères la petite me dit qu’elle n’en veut plus, l’heure de la délivrance est proche, on ressort, je ramène la petite à sa maman et moi, je cours à la maison, fier du devoir accompli…. Finalement, les courses de ramdan la nuit, c’est vachement sympa, quand je pense que tout ça va s’arrêter demain, quelle tristesse !!!!.... Bon Ok, d’accord, je plaisante….. allez musique……

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 5 novembre 2005

Lundi 31 octobre, veille du premier novembre, alors que Ramadan se termine, j’ai enfin pris le rythme des soirées à l’extérieur. Mieux vaut tard que jamais, me direz-vous, mais là, je suis parti en mission commandée d’espionnage choralesque. Que je vous explique : je fais moi-même partie d’une chorale à Alger et là, on m’apprend qu’une autre chorale, bine connue, la chorale Ennaghem se produisait à la salle Ibn Khaldoun. Comme vous le savez, l’information est le nerf de la guerre, alors je me suis infiltré chez l’ennemi pour voir ce qui s’y passait…. Vous avez mis votre costume de 007, pris un air incognito, alors suivez moi……

Il est 21 heures, centre ville d’Alger, salle Ibn Khaldoun. Pas mal de monde, une foule éclectique, beaucoup de jeunes, au look sympa, des familles aussi, probablement venues voir un membre de leur famille, un petit thé pour se réchauffer le gosier, le personnel de la salle est toujours aussi sympa et agréable…. Ça sonne, il est l’heure d’entrer dans la salle, on s’installe confortablement avec mon assistante espionne Feriel, juste en face de la scène, les groupes de jeunes entrent, foule bigarrée, je reconnais quelques personnes, bonsoir, bonsoir, quelques serrements de mains, quelques bisous, on nous distribue le programme des chants, de l’andalou, du chaabi, des tubes des beatles, Edith Piaf , oups, choix erroné, erreur de programmation, ils ont choisi par mégarde l’hymne de la radio de l’OAS (le tristement célèbre non, rien de rien, non, je ne regrette rien), ça fait désordre la veille d’un 1er novembre, mais mehlineche, qui se souvient de cela aujourd’hui…..

Sur la scène, un décor orientalisant genre patio d’une maison de la casbah, puis la salle est dans le noir, les choristes avancent avec des petites loupiottes bleues, oula, ils sont bien plus nombreux que nous, on compte quarante choristes, c’est énorme…. Les filles devant, les garçons derrière, tous de noir vêtus, les musiciens devant , et le maestro, le chef de chorale, un monsieur dune cinquantaine d’années à l’air sévère…. Une speakrine bien blonde nous souhaite la bienvenue, et le spectacle commence par un kassaman, en hommage au premier novembre, chanté à l’unisson, les voix sont puissantes, c’est très mélodieux, joli à voir, tout ça s’annonce bien et l’espion que je suis est bien forcé de se rendre à l’évidence : c’est du bon boulot, on a du souci à se faire nous les quelques clampins de ma chorale, va falloir faire du recrutement intensif…. Les chansons s’enchaînent, les solistes se succèdent, un jeune homme à la voix puissante, puis une jeune fille au visage de poupée et à la voix d’ange, puis une dame plus âgée à la voix de soprano époustouflante. Le dernier soliste se plante un peu sur ya rayah, trop de stress probablement, pas grave, il a une super belle voix…..Les chansons orientales, andalouses et chaabi, dont une superbe reprise de yel ouerka sont réussies, les reprises des beatles par contre ne sont pas terribles, un peu plates, pas très intéressantes… le public applaudit, tape des mains pour accompagner les choristes, certains interpellent leurs copains, le reste de la salle se marre, certains spectateurs dansent, c’est sympa, bon enfant, et les voix, encore une fois, sont époustouflantes. Petit entracte, encore un thé, deux thés, trois thés et c’est reparti pour la seconde partie, toute aussi réussie… Pour le final, on nous fait la totale, loupiottes, jeux de lumière, karkabou, le public est en transe, les petits enfants dansent en bas de la scène, rien à dire, ma chorale a du souci à se faire…. Fin du spectacle, on ressort ravi, un bien joli moment, direction les rues d’Alger pour une petite ballade au milieu de la foule et pour finir de se shooter au thé dans un des cafés du coin…..Dimanche, à la chorale, je ferai un rapport au général en chef et je remobiliserai les troupes….. En attendant la grande bataille, musiiiiiiique…..

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 5 novembre 2005

Mardi 1er novembre, un copain à qui j’ai confié que je ne savais pas très bien jouer aux dominos, me téléphone pour me proposer de faire une soirée jeux dans un des restaus de la capitale transformé en salle de jeux. J’accepte bien volontiers et nous voilà partis pour rejoindre le fameux restau transformé en salle de kemrage ramadanesque…. Vous voulez tenter vore chance et peut être gagner la cagnotte ? Pas de problème, suivez-moi……

Mardi 1er novembre, il est 21 h 30 on arrive dans le fameux restaurant transformé en salle de jeu. Les tables ont été rapprochées, tout en long et les clients, je ne vois qu’une seule femme dans le lot, sont sagement assis, les uns à côté des autres, comme à la cantine. Au fond de la salle, un monsieur est assis comme dans un bureau et il tient un grand sac dans les mains..... ça y est j’ai compris, on va jouer au loto à la criée, vous connaissez ce jeu ?... Pour cinquante dinars, vous achetez un carton avec des numéros dessus, vous pouvez d’ailleurs, pour multiplier vos chances, en acheter plusieurs…. Une fois bien installé, avec vos cartons en face de vous, et votre hmissa sèche, le jeu peut commencer…. Le principe est simple, le meneur de jeu, tire un jeton, il crie un numéro, et si vous l’avez sur votre carton, vous posez une hmissa dessus et ainsi de suite… s’il vous reste seulement un numéro sur l’un de vos cartons, vous criez, au pion ou au sac, pour prévenir tout le monde, et si le dernier numéro tombe, vous criez gagne et vous ramassez la cagnotte, ce soir là, de 3 500 dinars environ pour chaque tourna…. Allez, c’est bon, nous voilà installé, en face de deux vieux monsieurs, dont l’un porte un joli béret à carreaux, et l’autre qui m’explique qu’il joue pour oublier les perturbations de la journée, un jeune homme assis à côté de moi me dit qu’ à Béjaia, on joue à la fin de ramdane pour une voiture, et que le gagnant repart avec la clé de la voiture et la carte grise…..ça y est ça commence, concentration…. Le crieur passe les numéros, c’est bon, j’en ai un, je mets la hmissa, il dit ensuite, numéro, 20, comme le bon vin, tout le monde rigole, puis plus tard, 33, et il rajoute bien fraîche , et tout le monde crie, bientôt, moi je pose mes hmissa consciencieusement en sirotant mon thé…. Mon copain crie « Au Pion », il ne lui reste qu’un numéro, Ok, on continue, on continue, un autre crie « au pion », le N° 11 passe, le crieur commente et dit « ki kreh lemhiz », mais là, l’autre gars dit gagne, mon copain est déçu, dommage….. Une grande rumeur, les gens sont déçus, le gagnant sourit, on lui tape sur l’épaule, et c’est reparti…. Un jeune homme fait le tour des joueurs pour ramasser la mise de 50 dinars par cartons, et un autre prend les commandes de thé et de gazouz…. C’est reparti pour un tour, 17, 69, 32, 18, un coup de hmissa par ci, un coup de hmissa par là, un vieux monsieur assis en face, probablement un peu sourd, n’arrête pas de dire « chel, ouech koult » et les gens lui répètent le numéro, un peu excédés… le crieur, autoritaire dit « assoukout menfadhlikoum » et il reprend sa longue litanie…. Impossible de gagner, j’ai failli avoir le pion une fois, mais on m’a encore devancé, pas grave, je continue, bercé par la litanie répétitive des numéros, le bruit des hmissa sur la table égrenés comme des chapelets, un carton, une tourna, allez encore un carton, une tourna, et ça, jusqu’à minuit trente, heure à laquelle le crieur nous dit « dernier tour, laahkouba lelhemeldjey », dernière frénésie, je croise les doigts, je crois en la chance du débutant, manque de pot c’est le vieux monsieur sourd qui crie « au pion » et qui fait quelques secondes plus tard « gagne »…. Les joueurs sont déçus, le brouhaha est fort, mon voisin de Béjaia me dit, j’ai jamais gagné ce ramdane là, j’ai pas eu de chance, mais voilà, on nous pousse à la porte, je ressors, content, étonné de l’heure qui a passé si vite et je me suis endormi ce soir là au son du crieur et des numéros, de kerhin lemhiz et de lahkouba llelhemeldjey….. allez musique…….

 

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 5 novembre 2005

Quatrième et dernière semaine de ramdan…. The end is near, comme le dit la chanson…. Mercredi ou jeudi ? Jeudi ou Mercredi ? La grande question a taraudé nos esprits toute la semaine…. Alger vit la nuit, rues noires de monde, embouteillages, magasins bourrés à craquer, l’ambiance est festive, la nuit va si bien à la ville et à ses habitants. On imagine alors que ça pourrait être comme ça toute l’année, quel kif… On en deviendrait presque nostalgique, de ramdan……

Samedi 29 octobre : Je me sens aussi crevé qu’un star académicien le lendemain d’un prime, et les entretiens et réunions de la journées finiront bien par m’achever. Effectivement, le coir venu, je m’endors devant Ardisson et Baffie, un Ardisson de plus en plus gentil, vous ne trouvez pas ? … Ma pensée du jour : Ardisson est atteint du syndrome de l’après ftour, méchant la journée, gentil après la chorba…….

Dimanche 30 octobre : Mes journées commencent tard et se terminent tôt. Un petit débat improbable autour du créationisme et de l’évolutionisme à l’antenne de la chaîne 3 avec l’une des chroniqueuses de Culture Club, ça vous met en condition pour la soirée…. Dimanche égale chorale pour moi, puis, they et kelb ellouze dans un café du centre ville. Belle ambiance, café bondé, on se marche dessus, les magasins sont pris d’assaut… Ma pensée du jour : créationisme, évolutionisme, au fond, on s’en tape de tout ça…..

Lundi 31 octobre : Mercredi ou jeudi ? Pont ou pas pont ? Les paris sont lancés et les conversations vont bon train, il y a les mercredistes et les jeudistes. La réconciliation est venue de l’association des astronomes algériens qui, du bout de leur télescope, annoncent le jeudi, le débat est clos. Le soir, veille du premier novembre, agréable spectacle à la salle Ibn Khaldoun, j’ai fait espionnage industriel et écouté la Chorale El Nagham, sympa comme tout… Ma pensée du jour : alger illuminée, pleine de monde, vue sur la baie d’Alger avec les lumières bleues du quai, le son des coups de canons, moment de pure beauté……

Mardi 1er novembre : grasse matinée, jour férié, je fénéante toute la journée, lecture, télé, lecture, télé, un petit coup d’internet, je ne mets pas le nez dehors... Le soir, j’ai été kamré et j’ai joué au Loto à la criée toute la soirée….. J’ai perdu 400 dinars… Ma pensée du jour : il me manquait le 11, ki krah lemehza……et le 33, bien fraiche……pour avoir la gagne.

Mercredi 2 novembre : nous sommes à J-1, une obcession faire les courses : acheter les gateaux, aller au marché, se taper la supérette, aller à la banque retirer de l’argent, dernier repas ramadanesque, je dévore ma dernière chorba, et j’achève de ravager quelques boureks, puis direction les magasins avec la petite pour faire les dernières courses pour l’aid, un air de fête flotte dans les rues….. Ma pensée du jour : J-1, J-1, J-1, J-1, J-1,J-1…..

Jeudi 3 novembre : sahhaaaa aidkoum…. Mmmmm, le petit déjeuner, œufs au plat, jus d’orange pressé, je me fais la totale…. Je sors, mmmmm…. Une cigarette, dans la rue, en plein jour…..Déjeuner familial….. Mmmm en pleine journée, un bon taaam, avec du bon lhemm….. L’après-midi, ballade collective en forêt avec les gamins endimanchés et beaux comme des coeurs, on fait des bouquets, glissade sur les toboggans, on donne à manger à la petite gazelle…..le soir, encore un petit coup de taaam, chez les amis…. Ma pensée du jour : sahha aidek, saha aidek, saha aidek, saha aidek,……

 

Vendredi 4 novembre : retour à la vie normale…. Le brrrrrrr matinal de la cafetière, la nomination de Pierre à la starac, et les SMS qui pleuvent sur mon portable. Journée studieuse pour moi, préparation de l’émission… et du déjeuner !!!!... Ma pensée du jour : petit coup de nostalgie, Ramdan finalement c’était pas si mal…..

Ma pensée de la semaine : adieu boureks, et chorbas, adieu hemm lehlou et Kelb ellouz, adieu kheymas et ballets kabyles, ma condition de tube digestif se termine, lehkouba lleham eldjeyy…. Sahha aidkoum !!!!

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 29 octobre 2005

Mercredi 26 octobre, la semaine prochaine, peut être, si la lune est au rendez-vous, ce sera l’aid. Alors, pour moi, comme pour vous probablement, c’est l’heure de faire mon bilan ramadanesque. Bilan digestif, culturel, spirituel, affectif et professionnel. Je me suis donc assis à mon burau, j’ai pris une feuille blanche, un stylo et je suis parti sur un inventaire personnel des acquis de mon mois ramadanesque…..

 

Commençons par le bilan digestif : j’ai ingurgité 30 litres de chorba, plus de 70 boureks, trios kilos de hem lehlou, 10 kilos de viande en tout genre, j’ai oublié le goût du poisson, car mis à part quelques grammes de thon dans un monde de viande, rien à se mettre sous la dent…. Ajoutons à cela 30 litres de thé, cinquante litres de gazouz et de jus de fruits et 15 kilos de baqlaouas, de zlabiya et de dziriet en tout genre…..Mais surtout, mis bout à bout, j’ai passé sur trente jours, plus de 10 jours à réfléchir aux questions digestives…

Rendez –vous compte et surtout faites le compte, 10 jours par an perdus dans des considérations purement digestives, ça donne froid dans le dos…..

Bilan spirituel : alors là, les amis, force est de reconnaître pour moi que la page est restée désespérément blanche…. Trop de stress, trop faim, trop soif, trop en manque de nicotine et de caféine, non, rien de rien à ce niveau là, laakouba lelham eldjey…..Ah mais si mais si, quelques chants lithurgiques à la chorale, ça compte quand même…..

Bilan forme, comme on dit dans les magazines : encore des kilos de trop, encore l’excès de dziriet et de gazouzettes, couché tard, fatigue matinale, je me traîne, soit par excès de fatigue, soit par overdose de nourriture…. Rythme inversé, concentration difficile, plus de marche quotidienne, oubliée la salle de sport, c’est le grand désastre…

On passe au bilan professionnel : rien à dire, j’ai participé activement à la dégringolade de productivité constatée dans le pays… J’ai quand même assuré le minimum syndical, tenu une chronique trihebdomadaire à la radio, assuré mon émission du vendredi, reçu des clients, assuré des entretiens et des réunions et même signé de nouveaux contrats…. Non, finalement, ce n’est pas si désastreux que ça…. Enfin, si quand même…..

Bilan culturel : j’ai joué au bédouin dans les kheyma, je me suis tapé un morceau de concert raté, un ballet kabyle qui restera dans les annales du kitch, j’ai assez peu lu, j’ai regardé la starac et stargate SG1, la honte, j’ai adoré la nouba rasd de Beihdja Rahal, bref, mauvais bilan, mais, il faut que je le reconnaisse, pour cause de fénéantisme caractérisé…..

Bilan amical et affectif : excellent… Dîner familial chaque soir, au milieu des siens, ça fait du bien, bagarres et engueulades comprises, soirées entre copains à refaire le monde, génial, rien à dire, de ce point de vue là, le bilan est excellent….

Alors récapitulons : ramdan, pour moi, on ne fout pas grand-chose, le cerveau fonctionne au ralenti, on bouffe comme des chancres, on fait de la régression familiale et affective, la spiritualité est au 36 ième dessous pour cause de vie quotidienne, ma conclusion est simple : vivement l’aid et rendez-vous l’année prochaine !

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 29 octobre 2005

Ah les soirées ramadanesques…. Merveilleuses soirées où concerts, expos, ballades et conférences permettent, après la nourriture des fonctions digestives, d’emplir son cerveau et son cœur de nourritures culturelles et spirituelles. Je vous le rappelle, je suis quelqu’un de motivé, à la limite du têtu, j’ai donc décidé moi aussi d’avoir ma part d’activités nocturnes. Direction donc le monuma, riadh el feth, houbel pour assister à un concert de rock où je pourrais découvrir de nouveaux groupes de la scène algéroise…. Let’s rock baby, suivez moi….

Jeudi 27 octobre, 20 h 30, j’ai le corps lourd, je suis à la limite de la somnolence, mais je dois y aller, faire la tournée des popotes pour récupérer les copains. Les rues sont bondées, on roule pare choc contre pare choc à Alger, il est 21 h 15 lorsque je récupère tout le monde… Direction Riad El Feth, je passe par une série de raccourci et là, mes amis, là, l’horreur absolue est au rendez-vous, je me prends un énormissime bouchon, on a l’impression que toute l’Algérie s’est donnée le mot pour aller au monument jeudi soir… L’un de mes acolytes m’explique que c’est la foire de la production nationale qui attire autant de monde, les voitures se garent partout sur tous les trottoirs et déversent leurs occupants, familles, enfants, hommes, femmes, groupes de jeunes, pendant que des jeunes gens font des grands signes pour orienter les véhicules en indiquant aux automobilistes où se garer…. Klaxons, odeurs d’échappement, c’est la cacophonie, on fait du stand by, il est 21 h 45, nous avons avancé de 5 mètres…

Certains automobilistes, probablement excédés, balancent leur voiture n’importe où et rejoignent la marée humaine partie s’engouffrer dans le centre commercial… Il est 22 h 15, j’arrive à faire demi-tour, tout le monde est un peu nerveux dans la voiture, mais on abandonne, la mort dans l’âme, pas question de concert, pas de nouvelle scène rock, tant pis pour nous, et pas de foire de la production nationale…. Un ami nous propose de découvrir le café chaabi de bab el oued, aller boire un  thé en écoutant du chaabi, c’atait pas prévu dans le scope mais pourquoi pas, ça peut nous détendre après cette heure passée à faire du surplace…. Allez c’est reparti, toutes les routes sont encombrées, premier essai passer par la moutonnière, impossible, c’est bien bouché, on fait demi-tour, on décide de passer par le haut et redescendre par la citadelle et marengo…. Bonne idée, c’est plus fluide, on arrive à Bab El Oued, c’est reparti pour l’embouteillage, il est 23 h 00…. 23 h 20, on arrive sur l’esplanade de padovani, noire de monde, on entend l’orchestre de chaabi mais la foule est impressionnante, tout est bondé, la foule bloque carrément la route, les terrasses sont pleines de monde, des mecs, que des mecs, pas une femme à l’horizon, enfin si je puis dire car le seul horizon quis’offre à nous c’est une foule compacte et des pare chocs de voiture…. Impossible donc de se garer, impossible de descendre, impossible d’entrer dans le café, impossible de s’attabler, impossible de boire un thé, on abandonne….Il est minuit, je suis épuisé, les copains aussi, je propose d’aller vers le centre ville pour se faire satané thé, pas de souci, on passe l’embouteillage de bab el Oued et bien inspiré, j’évite le boulevard front de mer pour passer par la pêcherie, magnifique, ça circule, sur notre droite l’immense paquebot qui amène le groupe de touristes français venus visiter Alger, un évènement national vu que tous les journaux en ont parlé, on arrive à la grande poste, ouf, c’est fluide, l’avenue pasteur, on tourne après le tunnel et là….. Blocage intégral, impossible de circuler, un policier s’époumone sur son sifflet, les terrasses sont pleines, un copain sort de la voiture, il a largement le temps d’acheter des bouteilles d’eau pendant qu’on fait du sur place, il est minuit trente…… Excédé, à bout de nerf, on décide tout simplement de rentrer, gentiment, à la maison….. Mais là encore, pour raccompagner tout le monde, il aura fallu, un embouteillage, deux embouteillages, trois embouteillages…. Il est 1 heure 30 du matin, Motivé, tu parles, soirées ramadanesques, tu parles, je suis fatigué, déprimé, exténué, déshydraté, dégoûté, mais je vous jure, j’ai essayé…. Je me jette alors dans mon lit et je revis mon rêve d’Ecosse, la petite bruine, les lichens, juste moi, seul, avec au fond du lac, le monstre du Loch Ness………Aaaaahhhhh…….

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 29 octobre 2005

Cette semaine j’ai décidé de surmonter mes a priori, de me secouer un peu, et de participer à la liesse générale en assistant moi aussi aux rendez-vous culturels que nous offre la capitale en ces nits étoilées de Ramadan el Kerim, c’est comme ça qu’on dit. Un ami m’a dit qu’à la Kheyma du concessionnaire automobile, celle dont je vous ai déjà parlé, un concert de gnawas était organisé tous les mardis et qu’il avait passé une fabuleuse soirée…. Motivé, décidé, impliqué, j’ai traîné deux copines dans mon aventure, prêt à entrer dans une transe féérique aux sons des karkabous…..Ayya tebhouni…..

Mardi 25 octobre , 20 h 30, nous voici arrivés devant l’improbable kheyma plantée à l’intérieur du show room… A l’entrée du local, eux aussi plantés, deux palmiers gonflables et lumineux… C’est blindé de monde, un bon quart d’heure pour garer la voiture, et ensuite, une longue file d’attente devant les palmiers gonflables…. Heureusement que le maître des lieux a décidé de montrer sa frimousse, il me reconnaît et me laisse entrer dans la kheyma…. C’est plein à craquer, le maître des lieux nous propose de nous asseoir par terre, pas de souci, on s’éxécute et on se pose en face de la scène sensée accueillir les musiciens…. La serveuse prend la commande, trois thés et une karha ma, les musiciens sont gentiment assis et entament un truc au violon qui ressemble à de la musique celtique, qui n’a pas grand-chose à voir avec les gnawas…. Ils se lèvent tous au bout de quelques minutes, et nous on s’occupe en observant le défilé des clients aux toilettes, les portes des toilettes étant situés de part et d’autre de la scène, et comme le thé est un puissant diurétique, je vous laisse imaginer le va et viens…..Les musiciens reviennent, ils ont passé la tenue de circonstance, gandoura, chemises africaines, chech, c’est parti, ils dansent au sons des karkabous, le chanteur entame une jolie mélopée, mais pour être honneête, on sent que c’est du gnawa touristique, du genre, on est une bande de jeunes et on va trois fois par an à Timimoun parce qu’on adore l’authenticité et le désert…. Bref, pas terrible, on se regarde, on hoche la tête, on attend la fin du premier round musical qui heureusement ne dure que quelques minutes, idéal pour se tirer discrètement…. Pendant que les musiciens jouaient, des danseurs ont envahi la pseudo piste de danse, et un petit jeune très souple simule la transe en roulant des yeux, pendant qu’une jeune fille bien en chair danse comme fadhila dziria au rythme des karkabous….On va pour se lever, mais là, arrivent deux jeunes filles en tenue kabyle orange 100% polyester avec deux minuscules cruches sur la tête, on se rassoit, fascinés par la promesse du spectacle à venir…. Et là, on n’est pas déçu, c’est comme à la télé, les danseuses entament une espèce de danse kabyle sur une pseudo musique kabyle, c’est kitch à souhait, elles tournent en rond et font des gestes synchronisés, je me revois à l’âge de 7 ans en face de la télé à subir les ballets immondes de Bordj El Bahri…. Les copines et moi on explose de rire, fascinés par le spectacle…  ça y est elles ont fini, on va pour se lever, mais là, arrivent deux jeunes gens en tenue traditionnelle kurde, à la limite du hdidouene, avec une espèce de kippa rouge sur la tête et un pantalon bouffon, pardon, bouffant, noir…..Et nous scotchés, on se rassoit prêts à prendre en pleine figue la suite du ballet…. Et là, chers amis, il faut le voir pour le croire, les mecs font de longs mouvements amples pendant que les jeunes filles tournoient, ils se mettent ensuite à genoux en face des danseuses qui leur tendent la fameuse cruche plantée sur leur tête pour boire un coup, c’est le moment fort de la chorégraphie….. Le public applaudit, nous aussi, je crie un bravo, les deux jeunes danseuses me disent merci, toutes à leur triomphe, mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, on ressort, secoués de spasmes de rire, je félicite le maître des lieux pour l’originalité du ballet et le merveilleux moment que nous venons de passer….. Et, cette nuit là, entre deux fous rires, j’ai fait un joli rêve : je me voyais boire dans la petite cruche émaillée qui sautillait en faisant zwit er ruit aux sons des karkabous et des violons celtiques……eh ah zwit, eh ah ruit…. Ayya mouqmiyyi chittouh nel mousika…..

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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Samedi 29 octobre 2005

Troisième semaine de ramdan…. Ça y est, on approche à grand pas de la fin…. La quille, c’est pour très bientôt…. Cette semaine, j’ai fait comme tout le monde, j’ai réussi à sortir, à participer aux festivités ramadanesques, ma productivité est dans la moyenne nationale, à savoir proche de zéro, et mes nerfs sont en communion avec mes compatriotes… Ils sont à vif….Pour le reste, mon taux de glycémie en est à sa pointe annuelle, vu ma consommation quasi industrielle de kalbellouze et de zlabiya….

Samedi 22 octobre : vous connaissez la chanson, réveil difficile, journée difficile, j’ai l’impression que la population algéroise a été multipliée par deux durant ramdane…. Les rues sont noires de monde, les embouteillages et la mauvaise humeur sont décuplés…. Le soir, impossible de circuler, ni à pied, ni en voiture…. Ma pensée du jour : encore un chiffre truqué mes amis, nous ne sommes pas 30 millions d’habitants en Algérie, mais 300 millions, moi j’vous le dit…..

Dimanche 23 octobre : ils se sont tous donnés le mot, ils ont décidé de faire ça uniquement pour m’embêter…. Mes clients ont tous décidé de débarquer en Algérie fi ramdane… Mon obsession : où les nourrir, où les sortir, j’en ai marre je ne suis pas un tour opérator, alors j’ai décidé de les laisser croupir dans leur hôtel… Ma pensée du jour : je deviens parano, c’est normal, on est en pleine troisième semaine de ramdan, à ce rythme, je passe l’aid à Joinville…..

Lundi 24 octobre : entre deux crises de mauvaise humeur, j’essaie de travailler….Entre deux embouteillages, j’essaie de travailler…. Entre deux engueulades, j’essaie de travailler… je lis dans les journaux : pendant le ramadhan , la productivité des algériens dégringole…. Je ne vois pas de quoi ils parlent…. Ma pensée du jour : je me rappelle des jours heureux où je déjeunais à midi et où je dînais à 20 heures… y a hessra c’était dans une autre vie, ça…..

Mardi 25 octobre : Allez, oups, bon débarras… Direction l’aéroport d’Alger pour jeter mon client comme un vulgaire paquet de lessive… Je me sens libre comme Kounta Kinté dans Racines…. Ftour familial expédié en moins de deux, je cours chez Fériel, mon réconfort ramadanesque… Ma pensée du jour : ramdan sans Fériel, c’est comme une chorba sans Bourek…..

Mercredi 26 octobre : je suis encore mort de rire…. Les fous rires m’assaillent toute la journée…. Je repense à ma soirée d’hier…. Je suis retourné à la kheyma du concessionnaire pour voir un concert de ganwas…. Ma pensée du jour….  Rires… excusez moi, je n’arrive pas à … rire…. Excusez moi….

Jeudi 27 octobre : encore un rapport à écrire dans la langue de sheakspeare…. Je me demande comment on dit chorba en anglais…. Red porridge… ? Red soup with frik ? Cette question existentielle m’occupe jusqu’à l’heure du ftour où j’ai bien entendu englouti my red porridge with frik… J’ai passé ma soirée coincé dans un embouteillage, à écouter le dernier album d’Anis, la chance… Ma pensée du jour : même Anis se fout de moi, tu parles d’une chance, ça s’appelle soued essaad……

Vendredi 28 octobre : Ah la grasse matinée…. Pas de Dallas ni de star ac ce matin, mon démodulateur doit être rechargé, j’en suis réduit à me taper Euronews en boucle…. Je lis un article sur le ramadan à alger paru sur Jeune Afrique, je pense que la journaliste s’est trompée de destination, elle a du prendre un vol pour Londres et croire qu’elle était à Alger…. Ma pensée du jour : c’est ma dernière émission sur ramdan, la semaine prochaine, retour à une vie normale… OUF !!!!!

Ma pensée de la semaine : j’en suis réduit à vous faire un aveu, un vrai de vrai aveu, une confession que j’espère vous prendrez à sa juste valeur… Eh bien voilà, après mûre réflexion, j’arrive à conclusion ferme et définitive suivante : ramdane, c’est vraiment pas mon truc…. Saha aidkoum……

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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