Dimanche 6 août 2006

20 h 00 : Ah les Aftis, loin de tout, son eau pure,le merveilleux hotel, comme une perle au fond d’une coquille d’huitre, vide, sans vacanciers, hotel fermé, et nous, enfermés dans cet hotel, le premier soir, une délicieuse odeur s’est répandue dans la salle principale, c’est Raymond, le Rais, qui prépare une soupe de poisson, avec du poisson de roche, pêché il y a juste une heure, on entre dans la cuisine, avec ses imposants piano, Raymond touille sa soupe dans une énorme marmite en fer blanc, cuisson à feu doux, mmmmmm, cette odeur…. Après la baignade, apéro sur le terrasse, le rosé est frais, on se réunit tous, la mer est là, à nos pied, les montagnes se dessinent dans le ciel et le disque rouge du soleil apparaît, en face de nous, le silence est total, une brise légère, quelques moustiques qu’on élimine à coup de pschiiit, l’odeur de la soupe de poisson, on se partage les tâches, certains font la tables, d’autre la salade de tomates, les autres coupent le bettikh, Raymond réchauffe la soupe, on fait le va et viens entre la cuisine et la terrasse, ça y est c’est prêt, la soupe est délicieuse, une assiette, deux assiettes, trois assiettes, je n’en peux plus, le rosé picote mes papilles, une douce chaleur m’envahit, je commence à bailler, mais là, une envie soudaine me prend, me baigner en pleine nuit…. On décide tous y aller, direction la plage, je manque de me casser la gueule dix fois, on se défroque et là, je m’enfonce, je m’enfonce, dans l’eau noire, délicieusement glacée, je frissonne, je nage pour me réchauffer, le pied intégral, vite sortir, se frictionner avec la serviette, ça y est le sommeil est là, il m’ouvre ses bras, une douche, une dernière cigarette dans le silence de la terrasse, juste le grondement de l’eau, Feriel lit Fred Vargas, pendant que moi, je sombre doucement dans l’oubli de mon sommeil…..

10 h 00 : Feriel dort encore, moi je me réveille au radar, le temps d’enfiler un short et une chemise, lunettes noires, et c’est au radar que je descend l’escalier de bois direction la cuisine, le thermos de café salvateur, merci Raymond, parti pêcher, quelques biscottes, un peu de zebda, je m’étire sur la terrasse, la mer en face, des barques, le bruit au loin des nageurs sur la plages, les cris d’enfants, quelques coups de sifflet, Alger est loin, j’ai du mal à lire le journal, le cerveau trop embué pour comprendre quelque chose…. Farid arrive, je lui sert du café, puis c’est Fériel,la tête dans le sac qui apparaît, suivie de Caroline et Christophe, frais comme des gardon… Dilemme du jour, nager ou aller faire les courses ? On tranche , direction Jijel, le marché pour faire les courses…. La liste est prête,on reprend la route vers Cavallo, les dégâts de Monsieur le Wali sont encore plus visible de ce côté ci de la corniche, avec les remblais qui tombent vers la mer et qui asphyxient la flore des falaises, flore qui jusqu’à présent les protégeait de l’érosion… On arrive à Jijel, jolie petite ville, avec sa corniche et son port, ses petites ruelles du centre ville et son marché…On passe de hanout en hanout, fruits, légumes, viande, café, tire-bouchon – allez trouver un tire bouchon à Jijel – la malle de note voiture se remplit en un clin d’œil, ouf, finies les courses, direction le port de pêche de Jijel pour admirer le sardinier de Rachid, Aftis 1, fièrement stationné sur le quai, ave son petit canot, juste à côté, waow !

13 h 00 : déjeuner frugal, viande grillée et salade, Christophe avale le reste de la soupe de poisson, l’après-midi se termine entre sieste et plage, la vie est belle, no stress….  Difficile de décrocher, je finis par me connecter sur internet et consulter mes mails, je réponds au téléphone, entre deux tchebbiketes… Douche, apéro, ce soir la mer est grise, luisantes, comme le dos d’une sardine, une mer d’huile et au dîner c’est la ratatouille de Feriel qui remporte tous les suffrages…Je m’endors avec la prose de Yann Andrea, le jeune homme qui accompagna Marguerite Duras jusqu’à sa mort, une Duras exclusive, possessive, qui lui serinait cette phrase terrible : « sans moi, vous n’êtes rien… », Lui, Duras, et entre eux deux, une terrible maîtresse, l’écriture, je m’endors au bruit des vagues….

11 h 00, le lendemain, c’est fatiguant de ne rien faire, long petit déjeuner, les autres sont partis en mer, faire une traîne, Yan Andrea est toujours là, avec moi, empêtré dans sa curieuse relation, déjeuner de restes de la veille, les pêcheurs vont faire la sieste tandis que moi, je décide de lézarder sur la plage avec mon IPOD, Grand Corps Malade, Clotaire K, le rappeur libanais, je pense à Beyrouth, Dani et Daho chantent comme un boomerang, les enfants se baignent autour de moi, de jeunes mecs font bomber leur torse, « je sens des boum et des bang agiter mon cœur blessé, l’amour comme un boomerang me revient des jours passés…. », je somnole, sur mon île musicale, sous mon parasol, avec mes boum et mes bang…. La mer est agitée, furieuse, je me perds dans les vagues, « me revient des jours passés… », encore une vague et boum et bang, la voix cassée de Dani….

20 h 00 : apéro sur la terrasse, notre rituel, il a plus sur les aftis, un orage incroyable, avec le disque orange du soleil couchant, la mer en creux, métallique, les nuages, un cours de météorologie me dit Fériel, spécialiste de la question… Après le dîner, un scrabble, je manque de m’étouffer de rire, Christophe jouant au Scrabble un moment d’anthologie….

02 h 00 :une dernière cigarette avant de dormir, la plage, sur ma droite est vide, comme des fantômes les parasols, échoués comme des lances, les kayak, demain, il faudra repartir….

11 h 00 : Caroline et Christophe nous réveillent pour nous dire au revoir, ils reprennent la route sur Alger, on se réveille doucement, un dernier bain pour la route, il est 15 h 00, on quitte le petit écrin, la petite plage, les vaches guelmoises avec leurs petites cornes, les itinérantes que l’on croise partout, sur la route, sur la plage, dans les jardins, la corniche est bondée, on manque de faire demi-tour, c’est Fériel qui prend le volant pour un voyage sans halte, en musique, presque en silence, il est 22h 00, on arrive à Alger, chaude, bruyante, poisseuse…….

par Sam publié dans : alger-intime
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Dimanche 6 août 2006

Ah les vacances, comme dirait la grande poétesse Madonna « Holidays, i twill be so nice… », eh bien pour moi, pas de vacances, because boulot, mais quelques petites escapades, ici et là, histoire de profiter un minimum de la période estivale… Et c’est ainsi que, sur l’invitation de mon amie Fériel, nous voilà partis à pour quelques jours loin d’Alger, de sa chaleur et de ses embouteillages, direction les Aftis, petit village en bord de mer, à 36 km de Jijel, sur la fameuse corniche Jijelienne….

9h 30 : arrivée chez Fériel, on charge la voiture, tout y passe, fringues, draps, oreillers, bouffe, c’est parti, c’est moi qui prend le volant, direction Tizi Ouzou, petit arrêt essence + pipi + kahoua, on trace vers Azeffoun, jolie route de montagne, jonchée de détritus et d’hideuses habitations en béton du genre cube + 4 étages (1 pour 2 enfants) et garages au rez de chaussée, d’autres avec des toits en tuiles légèrement arrondis, un peu à la temple boudhiste, couleur grise ou marron de rigueur bien sûr….

13 h 00 : arrivée à Azeffoun, l’heure pour nous de déjeuner, Fériel me propose d’aller à l’hôtel La Marine, un batiment blanc et bleu cubique sans grand intérêt, et à l’entrée, le réceptionniste nous propose de tester le restaurant «  La Grotte », situé au sous-sol de l’hôtel…. On y va donc, à la grotte et là, c’est le choc : le propriétaire a reconstitué avec du ciment couleur caca d’oie, une véritable grotte, qui ressemble un peu au ventre des créatures du film Alien, genre placenta de monstre en gestation… Il y a même de fausses stalactites, quant à la déco, chaque recoin de la grotte est exploité pour mettre une poterie kabyle, un panier en osier, une ampoule pour diffuser de la lumière indirecte, c’est incroyable… Mais le plus incroyable c’est lorsque le serveur nous explique que pour faire ce restaurant, le propriétaire s’est inspiré d’un voyage… Au Mexique ! Je passerai rapidement sur la bouffe, inintéressante au possible mais la déco est tellement fascinante que j’aurai été prêt à avaler des araignées vivantes sans sourciller….

14 h 00 : on reprend la route, magnifique route de bord de mer, toujours les détritus, Saket, joli petit port encore préservé, Boulimat, foutu, le dos de dynosaure qui signale notre arrivée à Bejaia, se dresse au fond, somptueux, pendant que sur le flanc de la montagne on brûle les déchets de la décharge dans ce paysage de rêve… Arrivée à Bejaia, on contemple avec horreur les bâtiments de la nouvelle ville, béton marron, immeubles sans âmes, routes défoncées, heureusement que là haut, le vieux centre ville et ses petites ruelles en pente, ses escaliers, est toujours là, on quitte Bejaia, la longue ligne droite nous mène à Tichy, regard mi fasciné, mi horrifié à cette résidence de vacances aux immeubles multicolores à l’entrée de Tichy… Ah Tichy, station balnéaire populaire, air de fête perpétuel, on s’arrête à un café, et pendant que des familles avalent des brochettes goulument, des jeunes femmes en déshabillé et en pyjama, tombées de leur lit, prennent leur petit déjeuner, l’air las, travailleuses de la nuit dans les cabarets environnants…. Les boutiques exhibent des maillots de toutes les formes et de toutes les couleurs posés sur des bustes en plastiques et rivalisent avec les bouées de toutes les tailles et de toutes les formes, merci la Chine….

16 h 00 : direction les grottes merveilleuses, on passe Aokas, petit arrêt chez le marchand de vin pour faire le plein de chrab, Souk Eltnine puis arrêt à Melbou pour faire quelques courses avant de rejoindre la corniche, époustouflante de beauté, malgré le massacre en bonne et due forme qu’a fait l’actuel Wali de Jijel pour élargir une route qu’on ne peut élargir, mais ça, c’est une autre histoire… Les falaises, les petits passages dans la roches, la route qui serpente, les magnifiques criques, le paradis est proche, tout proche,encore faut-il être patient car un camion bloque la route, la longue attente, les négociations, les belek, les vas-y, les sétifiens en goguette qui sortent de leur voiture pour parlementer, les petits gamins qui vendent appareils photos et coquillages, made in China, les petites entrées de grottes avec leur enseigne « musée des grottes merveilleuse », le pont qui surplombe l’oued, l’oued qui se jette dans la mer, magnifique, j’adore….Ziama Mansouriah, joli petit village, son port, sa jetée et son petit pain de sucre, Taza et enfin, nous y sommes, les aftis, sa petite plage de sable rouge, la cantonnière en face, toujours debout, face à l’anse des aftiss, et assoupi, au fond, accroché au rocher, l’hôtel de Rachid, ses petites terrasses sur l’eau, hotel fermé, qui le temps de quelques jours, sera ouvert juste pour nous, quel luxe !

17 h 30 : Salah, le préposé aux cuisine, clone de Georges Moustaki, est à la porte de l’hôtel, il lit Kundera assis sur une chaise, Farid et Lamine nous accueillent, on descend l’escalier de pierre, on traverse le jardin, avec en face, la mer à perte de vue, on grimpe l’escalier en rondins de bois, la passerelle qui mène aux studio, le notre est au fond, avec sa jolie terrasse qui surplombe la plage, on est arrivés…. J’enfile un maillot, Caroline et Christophe sont déjà arrivés, ils barbotent dans l’eau, ils nous font de grands signes, je descend les escaliers en pierre, une techebbika, mmmmm, ça y est c’est ma première baignade,l’eau est chaude à la surface, fraiche au fond, des petits poissons sillonnent le sable fin, le bonheur existe, et il va durer quatre jours….

par Sam publié dans : alger-intime
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