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Lundi 26 juin 2006

Je sais, je sais, le silence a été long, trop long, en tous cas pour moi…. Me voilà reparti, back in business, traînant mes guêtres dans les rues grouillantes d’Alger, plume à la main, cheveux au vent, œil aux aguets, ma ville, si aimée, tant détestée…. Le jour de la fête de la musique, le 21 juin, nous nous sommes produits - nous c’est la chorale -, à la villa Nedjma, somptueuse maison mauresque comme il y en a tant sur les hauteurs d’Alger… Le jardin, ou dois-je dire le parc, se termine par un belvédère, et là, Alger, ses immeubles, sa baie, son port, s’offrait là, devant nous, au crépuscule… Alger a adopté sa mine boudeuse, celle qui fait qu’elle se drape dans le brouillard, histoire de vous rappeler que ce soir là, elle n’est pas d’humeur… Alger, caractérielle, comme ses habitants, un coup radieuse, souriante, un coup grise, triste ou énervée…. Alger, comme ses chauffeurs de taxis, parfois charmants, serviables, parfois odieux à vous donner des envies de meurtre… Moi aussi, je suis comme ma ville, parfois heureux, parfois boudeur, caractériel… Moi aussi, je me suis drapé de silence, comme la ville se drape parfois de brouillard, comme ça, sans raison, sans reconnaître, finalement, que cette histoire de radio, ça m’a quand même fichu un coup, mais comme Alger aujourd’hui, j’ai décidé de sortir de mon brouillard et à vous raconter mon Alger intime de nouveau… Vous parler du roi de la frite, cette petite bicoque au dessus de la plage de franco qui n’a pas bougé depuis le temps de mon enfance où j’allais avec mon père déguster des chips dans des cornets en carton… Les chips sont toujours aussi bonnes, les cornets sont toujours là, et par la petite fenêtre de la petite bicoque peinte en bleu électrique, je peux apercevoir les enfants de la plage de franco plonger des rochers en forme de pain de sucre, comme avant… Vous raconter Buena Vista Social Club à Alger, ou quand  Farinesse, une irlando – algérienne, fait un retour aux sources, se promène à la Casbah , rencontre un vieux musicien de chaabi qui lui montre une photo jaunie, puis ramène Damon Albran de Blur et de Gorillaz pour enregistrer 36 musiciens de chaabi en les sortant de l’oubli…. Hier soir, au TNA, ils étaient tous là, les musiciens, Damon Albran, pour une première rencontre musicale, le shangai de rigueur et le brushing pour les musiciens, pendant que les enfants jouaient au foot sur le parvis du TNA et que  les vieux prenaient le frais devant les kiosques du Square Port Said , pendant que les nouveaux arrivés dans la Capitale se trouvaient un banc pour dormir, pendant aussi que les fantômes du petit hotel effondré planaient dans la salle du TNA au son de Sebhane Ellah y a ltif… ça aussi je vous le raconterai… Irrationnelle, cette ville est irrationnelle, comme moi, comme vous tous, probablement, alors, assumons le, mais surtout, restons le…. A très bientôt, chers amis…..I’m back in business

Par Sam - Publié dans : alger-intime
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