week-end aux Aftis - repos intégral - Acte 2

Publié le par Sam

20 h 00 : Ah les Aftis, loin de tout, son eau pure,le merveilleux hotel, comme une perle au fond d’une coquille d’huitre, vide, sans vacanciers, hotel fermé, et nous, enfermés dans cet hotel, le premier soir, une délicieuse odeur s’est répandue dans la salle principale, c’est Raymond, le Rais, qui prépare une soupe de poisson, avec du poisson de roche, pêché il y a juste une heure, on entre dans la cuisine, avec ses imposants piano, Raymond touille sa soupe dans une énorme marmite en fer blanc, cuisson à feu doux, mmmmmm, cette odeur…. Après la baignade, apéro sur le terrasse, le rosé est frais, on se réunit tous, la mer est là, à nos pied, les montagnes se dessinent dans le ciel et le disque rouge du soleil apparaît, en face de nous, le silence est total, une brise légère, quelques moustiques qu’on élimine à coup de pschiiit, l’odeur de la soupe de poisson, on se partage les tâches, certains font la tables, d’autre la salade de tomates, les autres coupent le bettikh, Raymond réchauffe la soupe, on fait le va et viens entre la cuisine et la terrasse, ça y est c’est prêt, la soupe est délicieuse, une assiette, deux assiettes, trois assiettes, je n’en peux plus, le rosé picote mes papilles, une douce chaleur m’envahit, je commence à bailler, mais là, une envie soudaine me prend, me baigner en pleine nuit…. On décide tous y aller, direction la plage, je manque de me casser la gueule dix fois, on se défroque et là, je m’enfonce, je m’enfonce, dans l’eau noire, délicieusement glacée, je frissonne, je nage pour me réchauffer, le pied intégral, vite sortir, se frictionner avec la serviette, ça y est le sommeil est là, il m’ouvre ses bras, une douche, une dernière cigarette dans le silence de la terrasse, juste le grondement de l’eau, Feriel lit Fred Vargas, pendant que moi, je sombre doucement dans l’oubli de mon sommeil…..

10 h 00 : Feriel dort encore, moi je me réveille au radar, le temps d’enfiler un short et une chemise, lunettes noires, et c’est au radar que je descend l’escalier de bois direction la cuisine, le thermos de café salvateur, merci Raymond, parti pêcher, quelques biscottes, un peu de zebda, je m’étire sur la terrasse, la mer en face, des barques, le bruit au loin des nageurs sur la plages, les cris d’enfants, quelques coups de sifflet, Alger est loin, j’ai du mal à lire le journal, le cerveau trop embué pour comprendre quelque chose…. Farid arrive, je lui sert du café, puis c’est Fériel,la tête dans le sac qui apparaît, suivie de Caroline et Christophe, frais comme des gardon… Dilemme du jour, nager ou aller faire les courses ? On tranche , direction Jijel, le marché pour faire les courses…. La liste est prête,on reprend la route vers Cavallo, les dégâts de Monsieur le Wali sont encore plus visible de ce côté ci de la corniche, avec les remblais qui tombent vers la mer et qui asphyxient la flore des falaises, flore qui jusqu’à présent les protégeait de l’érosion… On arrive à Jijel, jolie petite ville, avec sa corniche et son port, ses petites ruelles du centre ville et son marché…On passe de hanout en hanout, fruits, légumes, viande, café, tire-bouchon – allez trouver un tire bouchon à Jijel – la malle de note voiture se remplit en un clin d’œil, ouf, finies les courses, direction le port de pêche de Jijel pour admirer le sardinier de Rachid, Aftis 1, fièrement stationné sur le quai, ave son petit canot, juste à côté, waow !

13 h 00 : déjeuner frugal, viande grillée et salade, Christophe avale le reste de la soupe de poisson, l’après-midi se termine entre sieste et plage, la vie est belle, no stress….  Difficile de décrocher, je finis par me connecter sur internet et consulter mes mails, je réponds au téléphone, entre deux tchebbiketes… Douche, apéro, ce soir la mer est grise, luisantes, comme le dos d’une sardine, une mer d’huile et au dîner c’est la ratatouille de Feriel qui remporte tous les suffrages…Je m’endors avec la prose de Yann Andrea, le jeune homme qui accompagna Marguerite Duras jusqu’à sa mort, une Duras exclusive, possessive, qui lui serinait cette phrase terrible : « sans moi, vous n’êtes rien… », Lui, Duras, et entre eux deux, une terrible maîtresse, l’écriture, je m’endors au bruit des vagues….

11 h 00, le lendemain, c’est fatiguant de ne rien faire, long petit déjeuner, les autres sont partis en mer, faire une traîne, Yan Andrea est toujours là, avec moi, empêtré dans sa curieuse relation, déjeuner de restes de la veille, les pêcheurs vont faire la sieste tandis que moi, je décide de lézarder sur la plage avec mon IPOD, Grand Corps Malade, Clotaire K, le rappeur libanais, je pense à Beyrouth, Dani et Daho chantent comme un boomerang, les enfants se baignent autour de moi, de jeunes mecs font bomber leur torse, « je sens des boum et des bang agiter mon cœur blessé, l’amour comme un boomerang me revient des jours passés…. », je somnole, sur mon île musicale, sous mon parasol, avec mes boum et mes bang…. La mer est agitée, furieuse, je me perds dans les vagues, « me revient des jours passés… », encore une vague et boum et bang, la voix cassée de Dani….

20 h 00 : apéro sur la terrasse, notre rituel, il a plus sur les aftis, un orage incroyable, avec le disque orange du soleil couchant, la mer en creux, métallique, les nuages, un cours de météorologie me dit Fériel, spécialiste de la question… Après le dîner, un scrabble, je manque de m’étouffer de rire, Christophe jouant au Scrabble un moment d’anthologie….

02 h 00 :une dernière cigarette avant de dormir, la plage, sur ma droite est vide, comme des fantômes les parasols, échoués comme des lances, les kayak, demain, il faudra repartir….

11 h 00 : Caroline et Christophe nous réveillent pour nous dire au revoir, ils reprennent la route sur Alger, on se réveille doucement, un dernier bain pour la route, il est 15 h 00, on quitte le petit écrin, la petite plage, les vaches guelmoises avec leurs petites cornes, les itinérantes que l’on croise partout, sur la route, sur la plage, dans les jardins, la corniche est bondée, on manque de faire demi-tour, c’est Fériel qui prend le volant pour un voyage sans halte, en musique, presque en silence, il est 22h 00, on arrive à Alger, chaude, bruyante, poisseuse…….

Publié dans alger-intime

Commenter cet article

Tazibet 10/07/2008 16:28

Ca donne purement envie de passer du temps avec vous sur Alger toutes ces petites nouvelles...meerci beaucoup!! ;)

zakia 10/01/2008 19:27

Bonjour!!je voulais juste vous dire que vous avez une superbe manière d'écrire !!ça donne envie de faire la chose!!il faut essayer d'écrire un livre je pense que ça va marcher pour vous !!bonne chance

Meriem B. 14/12/2007 10:25

Pourquoi ? Pourquoi le dernier post est d'oût 2006 ? Pourquoi rien en 2007 ???On sent si bien Alger et l'Algérie au traver sde tes écrits...

Ourida Yaker 13/12/2007 17:02

Bonjour Samir,je vais envoyer l'adresse de ton blog à notre fichier..C'est un roman ( j'espère que tu y penses..)je vais essayer de remonter le moral des troupes après les attentats d'avant hier..dur dur même quand on est de l'autre côté de la mer..bon vent et il faut continuer à nous conter ton alger Intime.amicalementouridaPlaNet DZ

labella raspoutchine 31/10/2007 16:07

mais que ce passe t-il? ta chronique s'arrette le 6 août 2006, je tombe par les plus grand des hasards sur un vieux blog et paf! plus rien! raccontes-nous des secrets sur ce qui se passe actuellement, promis , juré je ne le répéterai pas!!!!!la bombe sexuelle: la belle raspoutchine